XXXVI PIERRE LOUVET
icy toute la satisfaction qu'il en pourroit attendre, je le prieray d'en excuser la briesveté du temps, qui ne m'a pas permis de polir & adoucir la rudesse de mes paroles ; qu'il prenne ce qui ne luy couste aucune peine.
Louvet présenta son livre aux Jurats le 5 mars 1659. Il fut alors chargé de l'inventaire des archives qu'il termina fin juillet de la même année. Pour ce travail, il reçut 300 livres en même temps qu'une gratification pour son Histoire d'Aquitaine l. Il était de retour à Toulouse en 1660 et s'occupa, comme on l'a vu plus haut, du classement et de l'inventaire des « Petits Archifs 2 ». Cette même année il fit paraître le Discours historique sur Van jubilaire, dédié à Hardouin de Péréfixe, évêque de Rodez 3. Louvet débute ainsi, exposant le plan de son travail.
Puis qu'il a pieu à Dieu, après une longue suite de misères, de donner à ses Peuples la Paix, si longtemps désirée, & que cette Paix est une œuvre de Dieu, comme dit Lactance, ou plustot une année de Jubilé, en laquelle l'homme doit rentrer en ses possessions et un chacun doit retourner en sa famille ; j'aurois besoin d'emprunter les sept trompettes dont parle Josué qui estoient destinées pour annoncer le Jubilé de l'ancienne Loy, & que les Prestres estoient obligez de porter, lorsqu'ils marchoient devant l'Arche d'Alliance : Mais comme elle a esté déjà publiée avec tant d'acclamations & de sentimens de joye, Je me contenteray de faire voir les avantages que la France a eu en cette dernière Paix, par dessus celle de l'an 1559.
1. Délibération des Jurats des 5 et 10 mars, 31 juillet 1659. Cet inventaire existe encore ; il porte pour titre : Résultat des titres induicts et rangés dans les Archives de VHostel de Ville de Bourdeaux, Van 16J9, par M. Louvet, de Beauvais, et Léonard Lamoure, clerc et secrétaire de la ville. (Cf. Berthelé, Notice.)
2. On lit dans le procès-verbal de la séance du Conseil des seize, du 7 juin 1660 : « Le sieur Lubet a fait un travail remarquable et utile pour la ville, ayant rangé les petits Archifs de cette maison, fait un inventaire de tous les titres, papiers et actes importans qui estoient tout pêle-mêle en confusion et iceux mis en ordre commode pour trouver par matières les actes nécessaires. Ce travail est beaucoup considérable, où il a vaqué pendant trois mois ou environ. A présent le sieur Lubet demande qu'il plaise à l'assemblée de lui donner la récompense qu'elle jugera convenable. » (Rapport du sieur Daste.)
« Attendu que le travail fait par ledit sieur Lubet auxdits petits Archifs est grandement utile et commode pour la ville, il luy est accordé de récompense la somme de 200 livres. » (Conseils de Ville, XXVIII, 70. — Roschach, Listes municipales.) — On écrivait indifféremment Lovet ou Louvet ; on prononçait toujours Louvet. Dans les archives de Sisteron, on trouve aussi Lonnet. (Cf. Bancal et Berthelé.)