‹ Histoire du BeaujolaisChapitre 34 sur 216 · SA VIE ET SES TRAVAUX XXXVII · texte numérisé non relu

SA VIE ET SES TRAVAUX XXXVII

Suivent l'historique du traité des Pyrénées et des considérations rétrospectives sur les affaires de la France. Louvet continue l'histoire des événements ; arrivé aux guerres de François Ier et de Charles-Quint, il nous donne ce singulier aperçu sur la nécessité, l'utilité de la guerre :

Car comme en un corps mal habitué la saignée luy est souvent profitable, de mesme il est quelquefois bon parmi un grand peuple d'en épuiser la lie & Dieu jette quelquefois sa faux dans le champ du monde qui est trop gras pour en moissonner quelques milliers de trop ou par la peste ou par la guerre. C'est à qoy avoit bien pris garde l'Empereur Charles V lequel étant à Paris dans la démarche qu'il faisoit pour aller châtier ses sujets de Gand, comme François Ier luy eut demandé s'ils n'auroient jamais la paix ensemble luy répondit, mon Frère vous & moy, commandons à des peuples si brusques et si inquiets que si nous ne les exerçons au dehors, ils nous feront la guerre au dedans, & par ces petits démêlés que nous avons ensemble nous purgeons & jettons dehors la mauvaise humeur qui croupit dans nos entrailles.

Dans cet opuscule, tout d'actualité, Louvet fait un parallèle entre le traité de Cateau-Cambrésis et la paix des Pyrénées. S'il n'ose blâmer directement les signataires de l'accord de 1559, il se répand, par contre, en louanges excessives sur les plénipotentiaires de Louis XIV et vante avec enthousiasme les avantages de l'alliance entre la France et l'Espagne. La seconde partie de ce petit livret : Relation de ce qui s'est passé en la publication de la paix à Toulouse, nous reporte aux fêtes officielles qui eurent lieu à ce moment. Nous y trouvons la description des costumes des capitouls, des officiers et des archers de la ville, des magistrats, ainsi que la nomenclature des corps de métiers qui prirent part à la cérémonie.

Louvet séjourna-t-il quelque temps encore à Toulouse ? on l'ignore; mais, deux ans après, il était retourné à Montpellier, où il rédigea l'inventaire des archives de cette ville. Je ne saurais mieux faire que de citer textuellement M. Berthelé qui a étudié spécialement, et sur place, cette partie de l'œuvre de Louvet. En toute connaissance de cause, il a pu juger de la valeur de ce travail, et son appréciation est précieuse pour le bon renom de notre personnage. « Ce fut le 22 avril 1662, à la suite de mesures prises pour assurer la conservation des compoix, que le Conseil de ville de Montpellier chargea Pierre Lou-

Hist. du Beaujolais, I. G

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