XXXVIII PIERRE LOUVET
vet de l'inventaire du fonds des Grandes Archives. On traita avec lui à raison de cinquante livres par mois et il se mit à l'œuvre sans retard. Le 30 juin, comme on évaluait que quatre ou cinq mois au moins seraient encore nécessaires pour arriver à l'achèvement du travail, on vota un crédit de 300 livres. Un second crédit de 200 livres vint s'y ajouter le 1 1 septembre, et l'on se trouva ainsi en état de faire face « au payement des vacations et journées du dict sr Louvet » durant une période de dix mois. Le 19 mai, la commission chargée de vérifier le travail proposa le vote en faveur de Louvet d'un nouveau crédit de 700 livres, ce qui eût constitué, avec les 500 déjà perçues par lui, un total de 1200 livres. En même temps, on lui demandait d'ajouter une table à son inventaire.
(( Louvet fit la table réclamée et le 2 juillet on lui alloua... 300 livres seulement. L'inventaire du « Grand Chartrier » arrivait ainsi à ne coûter à la ville de Montpellier que la somme relativement peu élevée de 800 livres. Louvet y avait travaillé une année entière, « despuis les trois heures du matin jusques à six heures du soir, avec grande assiduité, fidellité et sincérité ».
« L' « Inventaire des vieux papiers, anciens actes, documens et privilèges des Grandes Archives delà ville de Montpelier », rangé selon l'ordre alphabétique des armoires, cassettes et tiroirs, par M. Pierre Louvet, docteur en médecine, l'an 1662, finissant 1663, par ordre du Conseil des Vingt-Quatre de la dite ville » remplit un registre in-folio de 404 feuillets, d'une écriture menue et régulière...
« Nous avons déjà pu constater que le style de Louvet est médiocre ; son inventaire des Archives de Montpellier en témoignera encore plus que ses livres. Mais il témoignera également de la curiosité très vive de son esprit. Louvet n'y a pas seulement fait œuvre de greffier et de feudiste, comme la plupart des archivistes ses contemporains ; il a fait aussi et surtout œuvre d'érudit. Au désir de servir les intérêts de la municipalité qui l'employait et de rendre les chartes qu'il analysait susceptibles d'une utilité pratique, il a joint la préoccupation constante de dégager la valeur historique des documents et de consigner au passage ce qu'ils apportent d'informations caractéristiques sur le passé. C'est là ce qui constitue l'originalité de son travail, ce qui en fait un des plus intéressants spécimens d'inventaires d'archives rédigés anté-