XL PIERRE LOUVET
ainsi que son auteur ", obtint un succès considérable. Le père Coeffeteau avait d'abord publié une traduction de Y Abrégé de Florus, comprenant seulement l'histoire de la république, qui avait reçu un accueil très favorable. Il le compléta par l'histoire des empereurs depuis Auguste jusqu'à Constantin qui eut, en quelques années, plus de cinquante éditions. Le père Coeffeteau passait pour l'un des plus célèbres écrivains de son temps ; Vaugelas le cite comme un modèle de beau langage. Son style ampoulé et maniéré explique l'engouement dont il fut l'objet, alors que l'hôtel de Rambouillet donnait le ton et la mode en littérature. Le livre qui nous occupe est en somme une œuvre médiocre, manquant de critique et de méthode. Il eut toutefois le mérite d'être le premier ouvrage d'ensemble sur l'histoire romaine, ce qui contribua en grande partie à le mettre en faveur.
La continuation de Louvet commence donc à Constantin, embrasse les événements de l'empire d'Occident et de l'empire d'Allemagne, et se termine à Léopold Ier, empereur d'Allemagne, élu par la diète convoquée à Francfort le 18 juillet 1658. Les règnes de Frédéric II et Frédéric III (1619-1657) occupent presque la moitié du dernier volume. Louvet s'étend longuement sur la guerre de Trente ans dont Frédéric II fut l'instigateur. Son livre, pour ce qui regarde la première moitié du xvne siècle, est plus qu'un abrégé. On constate avec regret que les défauts dominants de l'auteur se montrent plus accentués dans l' Histoire Romaine. Les faits manquent d'exposition et ne se relient pas entre eux, tout est brouillé et confus. Si l'ouvrage du sr de Saint- Lazare « est ennuyeux à lire et dur à la débite », celui du bon Louvet demande une grande indulgence et beaucoup de bonne volonté au lecteur pour en venir à bout.
fait cet Autheur anonyme, afin que s'il luy prend envie de vouloir scindiquer, ce que j'avance il le puisse faire en toute liberté, & pour laquelle je luy scauray tousjours bon gré. )) (Louvet, Hist. Romaine, Préface au lecteur.)
1. La vie et les œuvres de Coeffeteau ont été récemment l'objet d'une étude de M. Ch. Urbain : Nicolas Coeffeteau, dominicain, cvêqne de Marseille, un des fondateurs de la prose française (1 574-162 f), par Ch. Urbain, ancien élève de l'école pratique des Hautes-Études, docteur ès-lettres. Lyon, Emm. Vitte, 1894, in-8 de 415 pp., portrait.
La suite de Louvet est restée inconnue à M. Urbain, qui cite pourtant dans la nombreuse nomenclature des éditions de YHistoire Romaine, celle d'André Olyer, Lyon, 1665, 4 vol. in-8. Les tomes III et IV de cette édition contiennent l'ouvrage de Louvet.