‹ Histoire du BeaujolaisChapitre 78 sur 216 · ANNE-MARIE-LOUISE D'ORLÉANS · texte numérisé non relu

ANNE-MARIE-LOUISE D'ORLÉANS

par la grâce de Dieu souveraine des Dombes, princesse de

La Roche-sur- Yon, dauphine d'Auvergne, duchesse de

Montpensier, de Saint-Fargeau et de Châtellerault,

marquise de Méziéres, comtesse de Mortain

et d'Eu, vicomtesse d'Auge et de

Domfront, baronne de Beaujolais,

première pair de France, etc.

Mademoiselle,

Ce n'est pas faire un présent à votre Altesse Royale que de lui présenter cet ouvrage, il lui appartient trop pour oser se montrer au jour sous un autre appui que le vôtre et il serait mal soutenu si, ayant ci se produire dans le monde, il y cherchait un moindre asile. En lui offrant /'Histoire du Beaujolais, je lui offre un fruit de son domaine et lui paye un tribut de ses propres biens. Ce que j'y ai mis du mien nia longtemps fait appréhender de T exposer à la princesse du monde la plus éclairée, et la témérité de mon entre-

prise ne m'est pas si bien cachée que je ne me la reproche souvent en secret. Mais les vives lumières de votre esprit qui faisaient mon appréhension ont fait ma résolution et ma hardiesse; elles ne sont pas de celles qui ne font qu'éblouir et découvrir les taches, ce sont des brillants qui purifient en éclairant et qui fortifient les faibles. Flatté de T espérance de quelqu'une de ces influences favorables, foi osé chercher votre protection; je sais, Mademoiselle, que si votre Altesse Royale méfait l'honneur $ agréer ce petit travail, un de ses regards le mettra au-dessus de toute la censure, et il ne se trouvera personne qui entreprenne de condamner ce qu'elle aura voulu favoriser de son approbation. Un ouvrage n'est jamais mieux appuyé que quand vous le soutenez, vos raisons sont extraordinairement fortes, et vos paroles donnent tant de nouvelles grâces à vos raisons quune chose devient incontestable quand vous employévotre éloquence pour en découvrir les beautés ou pour en cacher les défauts. Ce privilège singulier vient de la splendeur de votre esprit qui jette des lumières si éclatantes et si vives que les yeux de toute l'Europe ne les sauraient soutenir. Mais il vient aussi de cette générosité, que le sang, qui a passé par les veines de tant de rois pour venir jusqu'à vous, a rendu inséparable de votre personne ; cette vertu vous est devenue si naturelle que, pour suivre l'excellence de toutes ses maximes, votre Altesse Royale n'a besoin que de se laisser aller au penchant de cette noble inclination qui l'anime. Plusieurs sont obligés de se vaincre pour faire quelquefois de bonnes actions, mais Elle a besoin, au contraire, de se surmonter incessamment avant que de n'en point faire à toute heure, et, au lieu que très souvent les actes généreux ne sortent des princes de la terre que

comme une rosée qui tombe goutte à goutte, on les voit couler sans interruption de votre cœur, comme une rivière qui tient à sa source et cette source demeure inépuisable. L'attrait de cette bonté qui est le crayon de celle de Dieu, et se tient exposée aux yeux de toute la France ma ôté la vue de ma faiblesse. En vous offrant cette production de mes études, je ne doute pas qu'il ne s'y trouve des défauts, afin de vous laisser la gloire de les pardonner, mais il n'y en aura jamais dans la vénération et dans la parfaite fidélité avec laquelle je suis,

Mademoiselle,

de votre Altesse Royale,

le très humble, très obéissant et très fidèle serviteur,

Pierre Louvet.

Les notes précédées des lettres B, C, D, G, J, L, T, V, sont soit des variantes, soit des notes marginales provenant des manuscrits signalés dans l'introduction.

B, ms. de la Bibliothèque nationale.

C, ms. de M. le vicomte de Charpin-Feugerolles.

D, ms. de feu M. le comte Douglas.

G, ms. de M. Léon Galle.

J, ms. des RR. PP. Jésuites de Lyon.

L, ms. de la bibliothèque de la ville de Lyon.

T, ms. de M. H. de Terrebasse.

V, ms. de la bibliothèque de la ville de Lyon, fonds Coste.

OU IL EST TRAITÉ DE L'ORIGINE DU PAYS ET DE SES SEIGNEURS, TANT DE LA MAISON ET DU NOM DE BEAUJEU QUE DE BOURBON .

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