‹ Histoire du blason et science des armoiresChapitre 18 sur 39 · FIGURES ARTIFICIELLES · texte numérisé non relu

FIGURES ARTIFICIELLES

La crosse est une marque de juridiction eedésiastique.

Les évê^pjies porteut la mire sur leurs armoiries à destro, et la erOMe à 8«Ae8trai« tournée en dehors;

Les abbés et les abbesses portent leur o^osse tournée en dedans, parce que leur juridiction n'est que dans le cloître.

La vie profane fournit à l'art héraldique les sceptres, les couronnes, les diamants, les pierres précieuses, les bâtons, les vêtements, les ustensiles domestiques, etc.

Les bâtons pommelés et fleurdelisés se placent en norolyre, dans la position des rais dHine roue; et on les nomme rais tVcscarboucle quand une pierre précieuse charge le point centrai de départ.

Les vêtements peuvent être firangés , houppés , dou^' blés, rcbruscés, brodrs. II y a la manche mal (aillée, manche d'habit de forme bizarre, le bonnet albanais et le chapeau cmtique, en pyramide et à bords rëtrou&sés; le chaperon ou capuchon; les hmmettes, bottines éperonnées qui se voient quelquefois au nombre de trois, et placées en rais de manière que chaque pied converge vers une extrémité de Técu ; la cornière est une seule anse d*un vase.

La guerre fournit pour le moyen âge les bannières , guidons, pennons, les épées, les badelaires, ou épées courtes, larges et recourbées; les dards, les lances, les haches de tète, le schausses-trapes, les hallebardes, les arcs, les flèches, etc.; et pour les temps modmies, les canons, les obus, les bou-

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lets, les bombes, les fusils, les drapeaux, etc., etc.

La bmUeroUe est le bout du fourreau d^une Jbadelaire, et Votelle le bout d'un fer de pique.

Là flèche sur la corde est encochée, et si Témail de ses pennons dilfère de celui de son bord, elle est empennée; énwussée, lorsque le fer n'a pas de pointe et parait coupé.

Les moletteg d'éperm sont fréquentes dans les armoiries; elles représentent celles des anciens chevaliers; Tusage en est venu de ce que les rois faisaient mettre des éperons aux gentilshommes et écuyers qu'ils armaient chevaliers ; les molettes sont percées à leur centre, alin de ne pas être confondues avec les étoiles»

Les fermaux sont des boucles de baudriers; les vires sont des anneaux à cercles concentriques*

La chasse fournit les cars, les hucheis^ espèce de cor de chasse, et les couples de chiens, bâton à double attache. Les cors et huchets sont mguichés de tel ou tel émaO à leur embouchure, et virolés de tel ou tel autre aux cercles (jui les entourent. Ils sont liés quand un cordon les retient.

La navigation ofihre des vaisseaux équipés ou habUlés, quand ils ont des agrès; arrêtés, quand ils n'ont ni voiles, ni mats; les voiles sont enflées ou en poupe. Le bois des ancres s'appelle Ira6e, la tige slangtiSf les cables gimènes.

On emprunte à rarchitecture les châteaux maçonnés de tel ou td émail, les iauts dm^'onnées ou ^onmiécs d'un certain nombre de tourelles, les tours

FJGURBS AATIFIUELLËS. 15S

crénelées. Les châteaux sont ajourés quand les fenétrès bout émaillées cfiin autre émail que celui du bàUment; giiUés, quand les |>ortes et fenêtres parais* sent être closes. Les tours peuvent être earréeSj couvertes, girmœitées. Les herses aussi figurent sur les écus. Le bris est le fer destiné à soutenir les portes. Un bâtiment qui change d'émail pour son toit est essoré. La muraille en pointe formée de carreaux et de montants est pigwmnée. Le pan de muraille joint â une tour est un fsoaiiUrmur.

Les arts et métiers fournissent les instruuients de musique et de travail ; les nmes d'horloge sont crénelées et jfmX qu'une croisée au lieu de raydns.

La roue dite Sainle-Catherine est garnie de pointes.

La pince dont on se sert pour comprimer le nez des chevaux difficiles â ferrer e^t une broie ou moraille.

On voit aussi sur des écus des Mes, masse pour paver; des cloches, des tambours, des selles, des

échelles, des niarnilLes, des grelots, etc. Une cloche changeant d'émail pour son battant est baUùHée, Un roe est la tour au jeu d'échecs; on le dessine en furine d'Y, mais avec les branches recouibées; les clefs sont fréquemment employées dans la composition des armoiries.

La clef est Thiéroglyphe de la sûreté; elle désigne aussi la soumission, puisqu'aux prises des villes et places fortes les gouverneurs et officiers municipauj^ en apportent au vainqueur.

FIGURES CHIMÉRiaUES

§ LXV. Les créations des Poètes et des Peintres.

Les figura chimériques sont des créations de

riniagiiialion.

La hmjde, dans Tart héraldique, a la tète et la poitrine d^une jeune fille et le rate du corps semblable à celui iliin aigle vu de front et les ailes étendues : suivant la fable, les harpies avaient un corps de vautour, le visage d^ne vieille femme, des maioelles pendantes, des mains armées de griffes. Les vices ont été personnifiés en poésie, en pdnture et en sculpture, par les harptes.

Le centaure conserve ses formes mythologiques bien connues, moitié homme et moitié cheval.

Vhydre est une espèce de dragon qui parait, dans récu, de profil avec sept tètesî, la plus basse pendante à un seul filament.

FIGURES CHIIIÈRIOUES. 187

Les poêles ont feint que i'hydre avait s€|>t têtes, et qu'à mesure qu'on en eoupait une il en croisBait une autre; ils disent que la défaite de ce monstre fut le plus glorieux des travaux d'Hercule, parce qull le vainquit avee beaucoup de peine; les nobles peuvent Ta voir introduit dans leurs armes après s'être distingués par des actions d'éclat, malgré iiien des obstades.

Le griffon y animal fabuleux, est moitié aigle, moitié lion ; il est Fhiéroglyphe de la vitesse jointe à la force; les anciens' croyaient qull veillait à la

garde des Irébors.

Le dragon, de prolii, a des pattes de griffon sur lesquelles il se repose; sa langue ressemble à un dard. Il a des ;iiles (jui imitent celles des chauvessouris, et le reste du corps est terminé en queue de poisson.

Les poètes attribuent aux dragons la garde des dioses précieuses et d^ trésors; ils disent que c'était un dragon qui avait la garde du jardin dios Hespërîdes; un autre dragon gardait la Toison d'Or; ce qui signiiie métaphoriquement que ce jardin et cette toison étaient confiés à des hommes vaiHants et vigilaiils.

La sirène est un monstre marin, moitié fille, moitié poisson; elle tient de la main dextre un

miroir à manche, et de la main senestre un peigne.

Les sirènes étaient, selon la fable, trois filles du fleuve Achéloûs et de la muse Caliiope; on les

nommait Parthénope, Ligée et Leucosie; le iionibte

ISS SCIBNCB HftRALDKHJB.

et le nom de ces trois mm signifient la triple volupté des sens: Tamoar, la musique et le vin.

On voit peu de sirènes dans les armoiries; elles servent quelquefois de tenants aux écus.

La Méhtsme est une sirène posée dans une euve; c'est le blason de la noble maison de Lusignan. La belle Mélusine était condamnée à être moitié serpent tous (es samedis, et fée les autres jours, à moins qu^un chevalier ne consentit à Tépouser en renonçant a la voir le samedi. Raimondin, comte de Forez, ayant trouvé Mélusine dans un bols, en fit sa femme ; elle eut plusieurs enfeints, entre autres un fils qui avait un œil rouge et un œil bleu. Mélusine bâtit le château de Lusignan. Mais enfin Rafmondin s'étant mis en tète de voir sa femme un samedi lorsqu'elle était demi-^erpenl, elle s*enyola par une fenêtre, et elle demeurera fée jusqu^au jour du jugement dernier. Lorsque le mancHr de Lusignan change de maître, ou qu'il doit mourir quelqu'un de la famille seigneuriale, Mélusine parait trois jours sur les tours du château et pousse de grands cris. Tels étaient la Psyché du moyen âge , et ce château de Lusignan que Charies - Quint admira et dont Brantéme déplora la ruine.

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