TROISIÈME PARTIE
ORDRES FRANÇAIS DË CUËVALËRLE
Mn mfifili di SiiBt-Jiti i» ièmûm.
L'ordre de Saint -Jean de Jérusalem fat fondé Tan 1104, aoua le régne de Baudouin frère et successeur de Godefréi de Bouillon. Des guerriers qui s^étaîent distingués pendant la croisade établirent près du temple de Salomon à Jérusalem un hospice pour les pèlerins, les malades et les blessés, et se dévouèrent à les soigner; tel est le pieux principe de cette hospitalière association. On y joignit par la suite le devoir de cotnbattre les infidèles, cl J Ordre devint ainsi à la fois charitable et militaire.
Le bienheureux Gérard lui donna des statuts y et eut pour successeur, vers Tan 1118, Raimond du Puv.
La ruine du royaume de Jérusalem, après la funeste bataille de Tibériade ejL hi prise de la ville
sainte par Saladin (1187), entraîna la retraite des Hospitaliers. Ils se retirèrent à Margat, puis à Acre, qu'ils défendirent vaillamment en 1390; et ils sui^
%9ê ORMES FRANÇArS OE CHEVALERIE.
virent Jeau de Lusignan, qui leur donna dans son royaume de Chypre Limisso, où ils demeurèrent
jusqu'en 1510. La même année, ils prirent Khodeî» le jour de 1 As^mption de la sainte Viei^, sous la conduite de leur grand-maître Foulques de Villarei, Français de nation ; l'année suivante, ils défendirent cette ville contre une armée de Sarrasins « avec le secours d'Amé IV, comte de Savoie. On dit que c'est de loi que ses suecessenrs ont pour devise quatre lettres: F, E, R, T, qui sigûiiient : Fortiludo ^'us Rhodum (muiu Les UospîUliers prirent de là le nom de eheimfierê de Rhodes.
Le sultan Maiioiiiet II, le vainqueur de Constantinople, assi^ea vainement cette île en 1480. EUe soutint courageusement un siège dë trois mois , et rintrépidité du grand-raaitre Pierre d'Aubusson força les Turcs à une honteuse retraite.
Soliman II s*en rendit maître eh après une héroïque réslstaiice, et Tillustre grand-maitre Philippe de Villiers de TIsle-Adam, qui n'avait été vaincu que par la trahison d*un chevalier espagnol, TAmiral, se retira dans Tile de Candie, avec ses braves frères» et y passa Tbiver. De là il alla en Sicile, et trois mois après , à Rome, vers le pape Adrien VI, qui donna à l'Ordre la ville de Viterbe pour résidence.
Six ans plus tard« en iS30, les clievaliers s'établirent dans IMe de Malte, dont ils ont pris le nom. L'empereur Chnrles V la leur donna pour mettre son royaume de Sicile à Tabri des attaques des musul-
ORDRES FRANÇAIS DB CHEVALERIE. S&l
mans. En lii65 , Soliman vint attaquer Màlte avec
des forces immenses; mais la ville, vaillamment défendue par le grand-maître Parisot de la Valette, résista à tous les efforts des Turcs.
Les chevaliers sont restés en possession de l'île jusqu'à la fin du siècle dernier, où Bona{)arte s'en est emparé. L^Ordre alors fut dissous « au moins pour les langues de Provence, d'Auvergne et de France; mais il a été reconstitué depuis et a son siège dans la ca- |Mtale du monde chrétien, dans la ville où réside le
vicaire de Jésns-(]hrist , à Rome.
Le chancelier de T Hôpital faisait remarquer à la reine Catherine de Médias que Tordre de Saint-Jean de Jérusalem était éminemment Français et devait toute sa gloire à des Français. Fondé par un Français , il doit Rhodes à Foulques de VlUaret , Français ; les trois fameux sièges quil eut à soutenir le furent sous le magistère de trois Français : d'Aubusson, qui défendit Rhodes; risle-Adam, qui n'en sortit qu'après des prodiges de valeur et Textermination de cent quatre-vingt-dix mille Turcs; et Parisot de In Valette, Théroïque combattant qui lit lever le siège de Malte en iK65.
La croix de l'Ordre est d'or, à hnit pointes émaillées de blanc; on la porte attachée par un ruban mdré à la boutonnière de Thabit.
Les chevaliers profès portent encore sur le côté gauche de Thabit une croix de toile blanche.
Les grands-croix portent dur la poitrine une grande croix blanche, figurée sur une étoffe de soie qui est