CHAPITRE IV
COMPOSITION DES ARMOIftlEd
§ XXXDL — Importaoee de FÉcu.
Dans une armoirie, la partie la plus importante c^est récu , puisque c^est lui i[ui, par 1^ figures quil contient, nous indique quel est son possesseur. Dans récu il y a trois choses à considà^; 1° le champ , 9<» les émaux» S<> les figures.
§ XL. — Du Cliduip de TÉcu.
Le champ n'est autre chose que Técu lui-même,
c'est-à-dîre le fond sur lequel on doit ])Iacer les figures. Les lois d'armes ne prescrivent aucune forme à l*écu en général; toutefois Fusage et la coutume ont attribué certaines formes à certaines destinations. L'écu des filles est toujours en losange; j'ai figuré
M 8CIENCB H&RALDIQUE.
ici Pécu d'Anoe, duchesse de Bi^etagne^ qui é(K>usa Charles VIII, puis Louis XIL
Les eiievaliers bannerets, cestr^-dire ceux qui avaient le droit de porter line hannièret portaient rëcu carré comme le champ de Téca.
Les Allemands, dont le blason était en général
très-riche et très-compliqué, portaient presque toujours récu en cartouche, dont le xlessin variait à rinfini.
COHFOnnON DBS AUIOIRIBS. 99
L'écu deâ Italiens est souveiil ovaloïde.
Celui des Espagnols est seulement arrondi par le bas.
L'éco royal anglais est trèfr-souvent rond depuis
Édouartl ÏII, qui institua Tordre de la Jarretière; cette forme convient très -bien aux armoiries anglaises, tant i cause du dessin des pièces qui les
couvrent, que de la jarretière elle-même, qui doit leb entourer.
M SCIENCE H^BAUmS,
Enfin , la forme la plus fréquente de Pécu français, au plus beau t^mps de Tart féodal, se distingue, entre toutes, par sa grAoe et sa oommodité.
§ XLL — DiviflioDB de TÉcu.
Autrefois, et cela provenait de ce quil devait représenter le bouclier des gens de guerre, on le faisait couché avec le casque; échaneré à dexire, comme servant de point d'arrêt à la lance ; échaneré à dexire et à smestre, comme reposant sur les deux bras.
Le blason a pourvu, par des noms techniques, à la désignation non-seulement des différentes por* . tions du champ et de ses divisions, mais encore des figures dont on le chaire ou dont on rentoure*
Un écu est dit simple ou composé.
Il est simple, quand son émail n'est pas divisé.
Il est composé, quand Fémail est divisé , ou quand la face de l'écu contient plusieurs émaux. Je dirai plus loin ce qu'on entend par émaux ( couleurs
COIIl*OSniON DE3 ABSKHBIES. M
- Lét^u composé est:
Écu park^ quand il est partagé par un trait perpendiciiliire du haut en bas.
Éeu em^, quand il est divisé en deux portions
par un trait horizontal^
Écu tranehéy quand il est partagé par une diagonale de droite à gauche, deuxième quartier*
Écu îmUé, ayant une diagonale de gauche à droite, troisième quartier.
96 SCIt;NCË UERÂLDlûl'fi.
La réunion « la combinaison de om traits perpendiculaires , horizontaux et en diagonale, forment toutes les divisions voulues 4e Téeu. Ainsi il est éeaarîdé, quand il est ft la fois parti et eoifptf.
L^éeartelé peut être d^un grand nombre pair de quartiers ; Yécartdé est dit en sautoir quand il est formé par les diagonales du UUUé et du tranché.
On comprend facilement qu'un écu parti d'une ou plusieurs espèces de perpendiculaires peut être coupé d'une ou plusieurs horizontales, et devenir parli à tant de quartiers. Il y a là une progression géométrique. Ainsi une perpendiculaire coupée de deux horizontales donne six. quar-
tiers; trois perpendiculaires coupées d'une hori'>>
GOMPOSmON D8S ARSiDIRIES. 9^
zontale, donneot huit quartiers; quatre perpendi-
colaires, coupées d'une horizontale, dix quartiers;
trois perpendiculaires, coupées de deux horizontales, douze quartiers ; trois perpendiculaires , coupées de
trois horizontales, seize quartiers; quatre perpeii-
M SCIENCE HÉRALDiitUE.
diculaim, coupées de trois borisontales, vingt quar-
tiers; sept perpendiculaires, coupées de trois horixontales, trente-deux quartiers*
§ XLll, — Des diverasB Modifications de rfau.
D^où vient ce mode de fendre, de couper ainsi récu? sans doute de ce que Técu armoriai est un représentant de Técu de guerre, du l)ouclier, et qu'on a voulu esquisser sur lui le souvenir des balafres de ce bouclier. Les écus sillonnés par un grand nombre de traits appartiennent aux armoiries des plus grands guerriers. On pourrait dire que parti signifie un coup d'épée donné du haut en bas sur le bouclier; coupé, un coup d'cpée appliqué horizontalement ; tranché, un autre coup dirigé diagonalementt mais en ayant main et de droite à gauche. A propos de ces lignes, à propos aussi des émaux, des couleurs, des figures, des devises, etc.» dont je vous parlerai plus loin « je ne puis m^empècher de citer de nouveau ces vers extraits de Fode pindarique du vieux poëte Sainte-Marthe, sur This-