‹ Histoire du blason et science des armoiriesChapitre 39 sur 48 · PARTI · texte numérisé non relu

PARTI

BONAPARTE , parti d'azur, chargé de six étoiles d'or à six pointes, deux, deux et deux, et de gueules au lion d'or léopardé, au chef d'or chargé d’un aigle naissant éployé de sable.

Les archives de la couronne d'Aragon renferment plusieurs actes qui remontent jusqu’au xin* siècle et relatifs à des membres de la

famille Bonpar. Ce nom, d’erigine provençale ou languedocienne, en subissant, comme tant d’autres de la même époque, l’altération majorcaine , serait devenu Bonapart.

En 1411, Hugo Bonapart, natif de Mallorca, passa dans l'ile de Corse en qualité de régent ou gouverneur pour le roi Martin d'Aragon, et c'est à lui qu’on ferait remonter l’origine des Bonaparte, ou, comme on a dit plus tard, Buonaparte; ainsi Bonapart est le nom roman, Bonaparte l'italien ancien, et Buonaparte l'italien moderne; on sait que les membres de la famille de Napoléon signaient indifféremment Bonaparte ou Buonaparte.

Qui sait l'importance que ces légers indices, découverts quelques années plus tôt, auraient pu acquérir s'ils avaient servi à démontrer à Napoléon, qui tenait tant à être Français, que sa famille étant originaire de France P

L'histoire sera toujours intéressée à lever le voile qui couvre cette race prédestinée où Napoléon n'est pas, certes, un accident fortuit, un fait isolé. En cherchant bien, on trouverait sûrement dans les générations antérieures de cette famille des hommes ou des femmes dignes d’une telle ascendance; et ici les blasons, les insignes dont l’égalité a fait justice, mais dont l'historien doit toujours tenir compte comme de monuments très-significatifs, pourraient bien jeter quelque lumière sur la destinée guerrière ou ambitieuse des anciens Bonaparte.

En effet, jamais écu fût-il plus fier et plus symbolique que celui de ces chevaliers majorcains. Le lion dans l’attitude du combat, ce ciel parsemé d'étoiles d’où cherche à se dégager l’aigle prophétique , n’est-ce pas comme l’hiéroglyphe mystérieux d’une destinée peu commune ? Napoléon, qui aimait la poésie des étoiles avec une sorte de superstition et qui donnait l'aigle pour blason à la France, avait-il donc connaissance de son écu majorcain, et n'ayant pu remonter jusqu'à la source présumée des Bonpar provençaux, gardait-il le silence sur ses aieux espagnols? C’est le sort des grands hommes, après leur mort, de voir les nations se disputer leurs berceaux et leurs tombes.

PassanT, TE, 8e dit des animaux qui semblent marcher.

DE PUIBUSQUES , en Languedoc, de gueules, au lévrier pAssanT d'argent, accolé de sable.

PATTÉ, éE, 8e dit du sautoir, de la croix et autres pièces dont les branches s’élargissent à leurs extrémités.

HUGUES DE PAYENS, fondateur et premier grand-maître de l'ordre du Temple (4128), d'argent, à la croix PATTÉE et alésée de gueules.

La fondation de l’ordre du Temple remonte à l’année 1119. Geoffroi de Saint-Aymon et Hugues de Payens, assistés de neuf gentilshommes,

obtinrent du patriarche Guarimond et de Baudouin II, roi de Jérusalem, la permission de former un établissement ayant pour but d’agir de concert avec les Hospitaliers contre les infidèles , de protéger les pèlerins et de garder le temple de Sion. Baudouin 11 leur donna une maison dans l’enclos du temple, ce qui les fit nommer Templiers. Cet ordre illustre, dont saint Bernard avait dressé les statuts, qui pendant longtemps avait continué la croisade presque à lui seul, fut supprimé sous le règne de Philippe le Bel ; ou, pour mieux dire, on l'extermina d’un seul coup. 1l est vrai que, depuis qu'on avait perdu les dernières possessions d'outre-mer (1291), les Templiers n’étaient plus formidables qu'aux chrétiens. Ces hommes farouches, habitués aux guerres sans quartier des assassins de Syrie, en avaient, disait-on , adopté les mœurs et les croyances. Tout porte à croire cependant que les infamies dont on les accusa étaient le crime de quelques-uns et non de tous. La procédure fut atroce. Les juges arrachèrent des aveux par la torture, et brülèrent comme relaps ceux qui osèrent ensuite les rétracter. Le grand-maître Jacques de Molay, brûlé à Paris avec plus de soixante chevaliers, protesta jusqu’au bout de son innocence, et ajourna le roi et le pape à comparaitre devant Dieu avant une année. La prédiction s’accomplit.

PEAUTRÉE, queue du dauphin ou autre poisson d'un émail autre que celui du corps.

DE VIENNOIS DE VESAN, en Dauphiné, d'or, au dauphin d'azur allumé, torré et PRAUTRÉ de gueules.

Percé, ée. Les fers des chevaliers, moyeux des roues, molettes d'éperon, quintefeuilles, raies d'escarboucles, rustres et bris d'huis sont toujours percés, ce qui ne s'exprime point en blasonnant : s'il se trouve dans les armoiries d’autres pièces ouvertes en rond, on dit qu’elles sont percées.

DE HUCHET DE CINTREY, du Breuil, diocèse de Saint-Malo en Bretagne , d'azur, à six billettes PERCÉES d'argent.

Pérr, 18, se dit d’un meuble d’une très-petite proportion qui se trouve au centre de l’écu ; on ne le nomme qu'après les pièces qui se trouvent sur le champ.

On emploie plus ordinairement ce mot pour désigner un petit bâton posé en bande ou en barre; il sert de brisure, et se met pareillement au centre de l’écu.

On dit aussi en abime. ( V. Abime.)

PERCHÉ, SE, se dit des oiseaux posés sur les branches DES : sur les fleurs et bâtons.

DE LEAUMONT DE PUIGAILLARD, à Toulouse, d'azur, au faucon d'argent PERCHÉ sur un béton de méme, posé en fasce.

Jean de Leaumont de Puigaillard , baron de Brou et de Morée, capitaine de cinquante hommes d’armes, conseiller d’État, gouverneur d’Angers, ayant un jour rassemblé neuf mille hommes pour une expédition sur La Rochelle, le fameux capitaine Lanoue le prévint et l’attaqua. Le combat fut des plus vifs de part et d’autre. « Mon cher Puigaillard, vous êtes blessé, » lui dit un de ses parents. « Mais je ne suis pas mort, » répondit-il; et il continua de combattre avec la même ardeur; il ne se retira que lorsqu'il vit que ses efforts pour rallier et ranimer ses troupes étaient absolument inutiles.

Ce Jean de Leaumont de Puigaillard fut chevalier des ordres du Roi, à la troisième promotion, faite le 31 décembre 1580.

PHÉON, fer de dard antique.

WALSH , d'argent, au chevron de gueules, accompagné de trois PHÉONS de sable ; couronne de comte, sommée d'un casque orné de ses lambrequins, et ce casque surmonté d’une couronne de marquis; supports: deux cygnes; cimier : un cygne percé d'une flèche; cri de guerre : Transfitus, sed non mortuus ; devise : Pro Deo, honore et patrid.

Cette belle devise est dignement soutenue encore de nos jours par M. le vicomte Walsh, un de nos plus aimables et de nos plus spirituels écri-

vains, et l’un des cœurs les plus francs et les plus luyaux de ce temps-ci.

PIGNONNÉ, ÉE, se dit d'un château, d’une maison, d’un mur, dont le haut se termine en degrés de forme pyramidale.

DE GLATIGNY, d'or, au mur PIGNONNÉ d'azur.

Pre, écu d’un seul émail sans pièces ni meubles.

PoMMETÉ, ÉE, raie d'escarboucles, croix, etc., ayant à leurs extrémités de petits boutons arrondis.

GERY DE VEILLAU, en Nivernais, d'azur, au ray d'escarboucles POMMETÉ d'or.

Porc. La femelle se nomme truie. Ils paraissent passants dans l’écu; leur émail est le sable; le porc n'a point de défenses comme le sanglier.

. DE PORCELETS , en Provence, d’or à une TRUIE de sable.

Cette maison remonte aux premières croisades. Nostradamus, dans son Histoire de Provence, nous raconte une légende fort amusante relative à l’origine du nom et des armes des Porcelets. Il rapporte très-sérieusement qu’une jeune châtelaine, au sortir de l’église, où un prêtre venait de l’unir à un beau et brave chevalier, repoussa avec dédain une mendiante qui sollicitait sa charité. La pauvre femme, si rudement traitée de vagabonde et d’impudique par l'orgucilleuse mariée, leva les yeux au ciel et Jui répliqua à haute voix : « Je prie Dieu, Madame, pour la défense de mon honneur, qu’il vous donne autant d'enfants que cette truie qui passe là a de petits. » On assure qu’un an après la dame eut neuf enfants mâles, qui était le nombre des petits de la truie; qu’ils vévurent tous et furent de grands guerriers : en considération de ce prodige, on les nomma Porcelets, et ils prirent pour armes une truie de sable en champ d'or.

Cette tradition, comme la plupart des légendes du moyen âge, se retrouve, sauf quelques variantes, dans d’autres contrées. Les chroniqueurs de Hollande font mention que la comtesse Marguerite, qui vivait au x1° siècle, femme arrogante et hautaine, ayant fait chasser par ses pages, à coups de houssine, une vieille bohémienne qui lui demandait l’aumône ; la sorcière s’écria : « D’ici à quelques mois, belie comtesse, puisses-tu mettre au monde autant d'enfants qu’il y a de jours dans. l’année. » La comtesse était enceinte ; elle accoucha de trois cent soixantecinq enfants. On montre encore en Hollande la cuve où furent baptisés, dit-on, ces avortons; et sur les vitraux de la grande salle de l'hôtel de ville à Amsterdam, cette scène est représentée en couleurs vives et éclatantes. Ambroise Paré, chirurgien de Charles 1X, a consigné trèssérieusement dans son grand ouvrage, comme un cas rare dans la science, ce fait enfanté par l'imagination naïve et superstitieuse de nos aïeux.

Posé, &Ee, château, tour, lion, clef, etc., sur un rocher, une. montagne ou une terrasse.

On le dit aussi de meubles placés dans l'écu dans le sens de pièces honorables.

DE BÈZE, en Nivernais, de gueules, à la fasce d'or, chargée de trois roses d'azur, et accompagnée en pointe d'une clef d'argent POSÉE en pal. à

Théodore de Bèze doit un nom historique au colloque de Poissy et aux vers de Ronsard. « Il fit partie de cette grande compagnie qui mit la main à la plume sous le roi Henri II, dit Pasquier dans ses Recherches de la France; Lève, Pelletier et lui composèrent l'avant-garde de cette belle guerre que l’on entreprit lors contre l’ignorance ; ils furent les avantcoureurs de Ronsard et des autres poëtes. »

PoTENCéE, croix ou pièce dont chaque extrémité représente une double potence.

LA MAISON DE CHAMPAGNE portait d'azur, à une bande d'ar-

gent accompagnée de deux doubles cotices, POTENCÉES et CONTRE- POTENCÉES d'or de treize pièces.

QuINTEFEUILLE, scutarium quinquefolium, fleur à cinq fleurons arrondis ayant chacun une pointe dont le centre est percé en rond, de manière que l’on voit le champ de l'écu à travers.

DE VERGY, de gueules, à trois QUINTEFEUILLES d'or posées deux et un.

Ramé, ée, se dit du bois du cerf lorsqu'il est d’un autre émail que l’animal.

LE VENEUR DE BOISJARS, en Bretagne, d'argent , au cerf de gueules RAMË d'or.

RamPANT, TE, 8e dit du chien, du lévrier, du porc et du sanglier.

Des termes spéciaux expriment cette position pour les autres animaux.

AUDERIC DE LASTOURS , d'argent, à l'arbre de sinople; à senestre, un chien de sable RAMPANT , les paites de devant appuyées sur le fût de l'arbre; au chef d'azur, chargé de trois étoiles d’or.

RanGés, ées, 8e dit de plusieurs animaux ou de plusieurs pièces mis sur la même ligne.

DE COUBLANT, en Anjou, d'azur, à deux aigles RANGÉES d'argent.

RAVISSANT, TE, se dit du loup, de la louve, qui paraissent rampant(s. |

DE MONTLUC, Écartelé d'azur, au loup RAvISSANT d'or, et d'or au tourteau de gueules.

Jean de Montluc, seigneur de Baligny, maréchal de France, vint

avec 500 chevaux et 800 fantassins, levés à ses dépens, trouver Henri IV, lorsqu'il ne savait comment s'opposer au grand-commandeur de Castille et à Mayenne, qui accouraient pour faire lever le siége de Laon. Henri IV prit Baligny en affection, et voulut lui faire épouser la sœur de M®° de Beaulurt, lorsqu'il allait élever cette dernière jusqu’au trône. Ce fut M. de Praslin, depuis maréchal de France, qui empècha Henri 1V d’accomplir cette déplorable résolution, en lui donnant une preuve matérielle d’infidélité en faveur de Bellegarde. Baligny fut prince de Cambrai, après s'être rendu maitre de cette ville, en suivant le parti du duc d'Alençon.

Ce frère de Henri 11] avait été si mal'raité par la petite vérole, que son nez était partagé en deux. Aussi, après la tentative perfide et infructueuse qu’il ft, en 1583, pour s'emparer, sur ses alliés les Flamands, de la viile d'Anvers, tentative qui est connue sous le nom de Folie d'Anvers, on fit sur lui cette épigramme, que récitait Baligny :

Flamans, ne soiés estonnés,

Si à François voiés deux nés, Car, par droit, raison et usage, Fault deux nés à double visage.

Le jour où Henri 1V donnait le collier de l'Ordre au maréchal de Baligny, le roi honorait de la même grâce M. de la Vieuville, riche financier, mais rien que cela. Le nouveau chevalier prononça, suivant la coutume, ces paroles: « Domine, non sum dignus. — Je le sais bien, je le sais bien , dit le roi; mais mon neveu n’en a prié. »

RETRAIT, TE, Se dit des bandes, pals et fasces qui, de lun de leurs côtés seulement, ne touchent point les bords de l'écu.

D'ESTAING, d'azur, à trois fleurs de lis d'or, au chef R&TRAIT de méme.

REMPLI, 1E, Croix, chevron, bandes et autres pièces honorables dont le fond est d’un autre émail.

On le dit aussi de la quintefeuille, de Ja rustre et autres meubles percés, dont le trou est bouché d’un émail qui empêche de voir le champ de l'écu à travers.

MONTFORT DE TAILLANT , en Franche-Comté, d'argent, à trois rustres de sable REMPLIES d'or.

RENCONTRE , occursus, tête de cerf, de buffle, de bélier, etc., qui paraît dans l’écu de front, c'est-à-dire montrant les deux yeux.

FONTAINE DESMONTÉES, en Orléanais, d’or, au RENCONTRE de cerf de sable.

Roc D'ÉcHIQUIER, meuble d'armoirie qui représente un petit pal alésé, dont la partie supérieure est ancrée et l’inférieure chargée d’une traverse.

Les Espagnols nomment rocs les tours des échecs; et on prétend que c'est de là qu'est venu le terme de roc D'Écui- QUIER.

DE VESINS, en Rouergue, de gueules, à trois ROCS D'ÉCHI- QUIER d’or. |

Vesins, gentilhomme du Quercy, était depuis longtemps brouillé avec un de ses voisins , nommé Regnier, calviniste, dont il avait juré plus d’une fois la mort. Tous les deux se trouvaient à Paris à l’époque de la Saint-Barthélemi (1572). Regnier tremblait que Vesins, profitant de la circonstance, ne satisfit, aux dépens de sa vie, la haine invétérée qu'il lui portait. Comme il était dans ces alarmes, on enfonça la porte de sa chambre, et Vesins entre l’épée à la main, accompagné de deux soldats : «Suis- moi, » dit-il à Regnier d’un ton dur et brusque. Celui-ci, consterné, passe entre les deux satellites, croyant aller à la mort. Vesins le fait monter à cheval, sort de la ville en hâte: sans s’arrêter, sans dire un seul mot, il le mena jusqu’en Quercy, dans son château. « Vous voilà en sûreté, lui dit-il; j’aurais pu profiter de l’occasion pour me venger, mais entre braves gens on doit partager le péril; c’est pour cela que je vous ai sauvé. Quand vous voudrez, vous me trouverez prêt à vider notre querelle comme il convient à des gentilshommes.» Regnier ne lui répondit que par des protestations de reconnaissance et en lui demandant son amitié. « Je vous laisse la liberté de m’aimer ou de me hair, lui dit Vesins , et je ne vous ai amené ici que pour vous mettre en état de faire ce choix.» Sans attendre de réponse, il donne un coup d’éperon, part et disparaît.

Rose, meuble qui représente une rose de jardin; elle parait épanouie avec un bouton au centre, quatre feuilles et cinq plus éloignées, avec cinq pointes qui imitent les épines entre les feuilles extérieures.

Les roses sont le plus souvent sans tiges; leur émail particulier est de gueules; il y en a cependant de divers émaux.

Roses figées et feuillées sont celles qui ont des tiges et des feuilles.

La rose est l'emblème du printemps, de la beauté, de l'amour et de la jeunesse. |

La rose jouait un grand rôle au moyen âge. Plusieurs seigneuries

étaient tenues en flef à la simple redevance annuelle d’une couronne de roses. C'était aussi sous l’ancienne législation la dot des jeunes filles.

Telles étaient les prescriptions des coutumes de Normandie, de Touraine et d'Auvergne. Le bien restait à l'ainé des garçons ; les cadets cherchaient fortune ; les filles n’apportaient à leur mari que leur cœur et une verte couronne, ou, comme on l’appelait, un chapel de fleurs. L'usage de porter des tresses de fleurs fraichement écloses était trèsrépandu au moyen âge.On prenait dans la nature ce que l'art d'imitation ne devait reproduire que plus tard. Cette coutume semble remonter aux temps primitifs. Les Gaulois , pour montrer l’assurance avec laquelle ils marchaient au combat et le mépris qu’ils avaient de la mort, ne portaient pour tout casque , dans un jour de bataille, qu’une couronne de fleurs ; et de cet usage naquit probablement chez leurs descendants celui de porter un semblable ornement aux jours de fête et de réjouissance.

De toutes les fleurs qui pouvaient servir à cette parure, la rose fut celle qui, par la beauté de sa forme et de sa couleur, et par la suavité de son parfum, obtint la préférence. Il n'y avait point de cérémonie d'éclat, point de noces, point de festins où l’on ne portât un chapel de roses. Le roman de Perce-Forest, dans la description d’une fète, n'oublie pas de dire que chascun et chascune avoit un chapel de roses sur son chief. Lorsque le connétable servait à table le roi de France, il portait à la main une verge blanche et sur la tête une tresse de roses.

Souvent, dans les festins , les convives, à la manière des anciens, se couronnaient de roses, et ornaient de fleurs les flacons et les verres.

Quant à la préférence donnée à la rose pour former les chapels de noces , il ne faut pas trop y voir de symbole, mais une preuve du bon goût qu'ont eu les dames dans tous les temps. Le vêtement de la jeune épousée étant blanc, en signe de sa pureté virginale, on rehaussa cette uniforme blancheur par une eouronne d’une couleur vive et agréable; et dans le choix de la fleur qui devait briller sur le front virginal , la rose pouvait-elle être oubliée? On représenta la chasteté d’un jeune homme par un chapel de branches vertes. Quand Monstrelet décrit la cérémonie où le fils du duc de Bourgogne fut onduyé et tenu sur les fonts baptismaux par le neveu de l’empereur d’Allemagne, il ne manque pas de remarquer que le parrain était nu-téle lui et ses gens, malgré le froid, et avoit chascun un chapel vert sur son chief, en signifiant qu’il estoit chaste.

Tous ces chapels, du reste , étaient d’un usage si général, qu’à Paris ce fut une profession particulière de les confectionner et de les vendre. Les marchands qui faisaient ce commerce s’appelaient chapeliers, nom que prirent ensuite les fabricants ei les vendeurs de chapeaux de feutre. Dans les statuts de 1736, les marchandes de fleurs artificielles sont encore qualifiées de chapelières en fleurs.

Le maître rosier de la cour du .parlement et les marchands de chapels étaient tenus, à Paris, de présenter tous les ans, chacun, au voyer de la ville, trois chapeaux de fleurs la veille des Rois, et vers l’Ascension, un panier de roses pour sa provision d’eau de roses. L’estime et l'emploi que nos pères faisaient de la rose explique un fait qui d’abord

parait bizarre; ce sont les redevances de boisseaux de roses qu’on trouve mentionnées si souvent parmi les droits seigneuriaux. Les gens riches consommaient beaucoup d’eau de roses pour leurs ragoûts, leurs sauces et leurs desserts ; aussi, à raison du besoin qu’ils en avaient , ils exigeaient de leurs vassaux une grande quantité de ces fleurs.

Quelquefois la redevance devait étre acquittée en roses blanches.

Les armoiries les plus célèbres où l’on voit figurer la rose sont celles des maisons d’York et de Lancastre , en Angleterre. Presque toute la noblesse anglaise succomba dans cette guerre fameuse nommée la guerre des Deux Roses, parce que les deux maisons qui se disputaient la couronne portaient chacune une rose dans leurs armoiries , la maison d’York une rose blanche , et celle de Lancastre une rose rouge.

SABLE, Couleur noire, émail qui se représente en gravure par des lignes horizontales et perpendiculaires croisées les unes sur les autres.

D'AGUERRE,, d'argent, à trois corbeaux de SABLE.

La famille d’Aguerre, originaire de Guyenne, s’est établie en Champagne depuis plusieurs siècles. Elle a donné à nos armées un grand nombre d'officiers d’un mérite distingué. Ün d'eux servait, en 1637, sur la flotte que Louis XIII envoya, sous les ordres du comte d’Harcourt et de l'archevêque de Bordeaux, pour reprendre les îles de Lérins, dont les Espagnols s'étaient emparés trois ans auparavant. L'ile Sainte-Marguerite , la plus considérable des deux , était défendue par cinq forts réguliers et par des lignes de communication; elle renfermait une garnison considérable et une excellente artillerie. Le comte d'Harcourt assembla le conseil de guerre pour discuter le plan d’attaque et les chances de l’entreprise ; il ouvrit la séance en disant : « Messieurs, le roi nous commande de nous emparer des iles de Lérins ; pour réussir, il nous faut diriger nos premiers efforts contre Sainte - Marguerite; croyez-vous pouvoir y descendre avec vos gens ? » D'Aguerre se leva et lui répondit : « Permettez-moi, mon général, de vous demander si le soleil entre dans l’île. » Le comte fit en souriant un signe afirmatif. « Eh bien, ajouta d’Aguerre, si le soleil y pénètre, mon régiment saura bien y descendre. » Ce brave officier ne tarda pas à tenir sa parole; les deux îles furent reprises en quelques semaines.

C’est en parlant de cette glorieuse expédition que Richelieu a dit dans son testament politique : Deux mille cinq cents François descendirent en plein jour en une isle gardée par autant d'Espagnols et d'Italiens.

SAILLANT, TE, Se dit du cerf, de la licorne, du bouc, de la chèvre, du chevreuil, qui paraissent debout ou rampants.

DE CERVON, en Bretagne, d'azur, au cerf SAILLANT d’or, ramé d'argent.

SAUTOIR, pièce honorable en forme de croix de Saint-André. Derrière l’écu des maréchaux de France, il y avait deux bâtons fleurdelisés passés en sauTorr. Le connétable portait au bas de son écusson deux épées en SAUTOIR.

DE LA GUICHE, de sinople, au SAUTOR d'or.

Philibert de la Guiche, seigneur de Chaumont, chevalier de l’ordre du Roi, gouverneur du Bourbonnais, Lyonnais, Forez, Beaujolais, avait tellement su gagner l'affection de Henri III, que ce prince dit un jour : « Si j’étois La Guiche, si La Guiche étoit roi, je serois sûr d’être aussi aimé de lui qu’il l’est de mci. » Ce prince lui donna la charge de grandmaitre de l’artillerie et le fit chevalier de l’ordre du Saint-Esprit à la première promotion de cet ordre, le 31 décembre de la même année. M. de La Guiche, pendant qu’il exerçait cette charge, donnait toujours ce qui lui revenait de ses droits sur les villes assiégées ! à la veuve ou à la fille de l'officier qui avait été tué dans le siége.

Ce grand-maître de l'artillerie mourut en l’année 1607.

SeMÉ, ÉE, écu ou pièce honorable chargée de nombre de fleurs de lis, ou de trèfles, roses, étoiles , billettes et autres meubles.

JEAN DE BRIENNE, roi de Jérusalem, empereur de Constantinople en 4231, pendant la minorité de Baudouin de Courtenay, écartelé aux premier et quatrième d'azur, au lion d'or; l’écu semé de billettes de méme, qui est Brienne, aux deux et trois de Champagne, et sur le tout de Jérusalem.

SiNoPLE, couleur verte qui se représente en gravure par des lignes diagonales à droite.

Le siNopLe est un émail qui signifie amour, jeunesse, beauté, abondance, liberté, jouissance, exemption.

DE SCHOMBERG, d'argent, au lion coupé de gueules et de SINOPLE.

La veille de la bataille d’Ivry, qui fut livrée le 14 mars 1590 , le colonel de Schomberg, qui commandait les reitres, avait été contraint, par la mutinerie des soldats, de demander l’argent qui leur était dû.

(4) Quand une ville était assiégée, qu’elle laissait tirer le canon, et qu’elle était ensuite obligée de se rendre, toutes les cloches de ses églises et autres cloches, tous les ustensiles de guerre en cuivre et en airain appartenaient au grand-maitre de l’artillerie, et les habitants étaient obligés de les racheter à prix d'argent.

Dans le premier moment , Henri IV lui répondit avec aigreur : « Comment , colonel ! est-06 le fait d’un homme d’honneur de demander de l’argent quand il faut prendre les armes pour combattre ? » Le colonel se retira confus sass rien répliquer. Le lendemain , lorsque Henri eut rangé les troupes en bataille, il se souvint de ce qui s’était passé la veille ; et, poussé d’un remords qui ne peut naître que dans une âme généreuse, il alla trouver le colonel et lui dit hautement : « Colonel, nous voici dans l’occasion; il se peut faire que j’y demeurerai; il n’est pas juste que j’emporte l’honneur d’un brave gentilhomme comme vous ; je déclare donc que je vous reconnais pour homme de bien et incapable d’une lâcheté. » Cela dit, il l’embrassa cordialement. Le colonel était touché jusqu'aux larmes. « Ah! Sire, répondit-il, en me rendant l’honneur vous m'ôtez la vie; j’en serais indigne, si je ne la donnais aujourd’hui pour votre service. » Le brave Allemand signala en effet sa valeur, et fut tué auprès du roi.

Souxé, ég, se dit d’un château ou d’une tour terminée par un ou plusieurs donjons.

On le dit encore des ornements extérieurs de l'écu, soit couronne, mitre, crosse, chapeau de prélat, croissant, etc.

DE CAASBEEK, en Flandre, d'argent, à la croix de gueules sommêr d’un croissant de même.

L'origine de ces armes est assez curieuse pour être rapportée. On la trouve dans une vieille chronique flamande, où est insérée une lettre adressée à son père, marchand de Bruges, par son fils, jeune homme qui avait pris la croix lors de cette expédition, qui ne vit jamais les rivages de la Palestine, but de sa destination première, mais fonda l’empire latin à Constantinople (1202).

« Mon père,

« Je vous écris du pays lointain, nommé la Grèce, et de la ville qui a nom Constantinople ; et je puis enfin vous dire pourquoi j’ai quitté notre bonne Flandre sans prendre congé de vous. Vous avez sans doute souvenance d’un seigneur comte de Caasgbeek, qui maintes fois vint en notre boutique acheter des draps et des étoffes. Or vous devez vous rappeler aussi que ce seigneur avait une fille bien belle , laquelle, pour le malheur de ma vie, j'aimais éperdument. Un jour que j'allais de votre part au manoir dudit seigneur, il avint qu’il était absent pour guerroyer contre un baron son ennemi, et que sa femme reçut de moi votre message. À la vue des lieux où demeurait la dame de mes pensées, mon cœur défaillit, et je tombai sans mouvement sur le banc du parloir. La châtelaine de Caasbeek, émue de pitié, commanda à ses hommes de me porter doucement dans un lit, où lesprit me revint. Pour lors elle me demanda avec instance la cause de cette faiblesse qui m'était arrivée, et je lui avouai tout avec confusion et larmes.

« Pauvre petit, me dit-elle, tu n’es ni noble ni chevalier; c’est pourquoi tu ne peux Obtenir pour femme la fille d'un seigneur comte. Va, cours par le monde, et quand, à force d’aventures et d’exploits, tu auras conquis un écu armorié et de bonnes terres, reviens, et je présenterai ta requête à ma filie et à monseigneur mon époux. »

« Je la crus, mon père ; je sortis de votre maison sans vous avertir, et je quittai la ville de Bruges.

« Or c'était dans le temps que s’éleva ce saint homme, nommé Foulques de Neuilly, qui se mit à annoncer la parole de Dieu par la France et les pays circonvoisins, notre Seigneur opérant par lui grand nombre de miracles ; si bien que sa renommée s’en répandit partout, et vint jusqu’à Ja connaissance de notre très-saint père le pape, qui envoya-en France vers ce pieux personnage pour lui enjoindre de prêcher la croisade contre les violateurs du saint tombeau, et d'autant que les indulgences octroyées par le saint-père étaient grandes, plusieurs se sentirent poussés de dévotion à prendre la croix, et entre autres notre grand souverain, le noble comte de Flandre , qui rassembla des soldats et m’admit sous sa bannière. 11 me témoigna dès l’abord beaucoup de bienveillance , parce qu’il vous connaissait comme un des notables commerçants de sa bonne ville de Bruges. Je le suivis en la cité de Soissons, en France, où se tint un grand parlement de barons et seigneurs croisés, dont la résolution fut qu'ils dépécheraient à Venise des députés auxquels ils donneraient plein pouvoir de traiter en leur nom pour le passage des troupes outre-mer. J’y fus envoyé par monseigneur le comte Baudouin avec Conon de Béthune, son député, parce que j'étais fort entendu au sujet des finances et de la navigation. La faconde du seigneur de Villehardouin, maréchal de Champagne, poussa le doge de Venise, Henri Dandolo , et toute sa république, à venger les injures de notre Rédempteur, en fournissant, moyennant argent convenu, des vaisseaux et autres commodités pour le passage, et aussi en armant eux-mêmes pour la guerre sainte des troupes et des chevaliers. Maïs quand les pèlerins furent arrivés en la ville de Venise, voilà qu'il survint un grand embarras. n 1

Ici l’auteur de Ja lettre entre dans quelques détails historiques que tout le monde connait ; il raconte comment les croisés furent obligés, pour achever de payer leur passage, de faire le siége de Zara, en Dalmatie, au profit de la république de Venise, et comment, se détournant ensuite du chemin de Jérusalem, à la sollicitude du prince Alexis, ils prirent de vive force Constantinople, pour y rétablir sur le trône Isaac l'Ange, son père, qui mourut bientôt. L'auteur continue en ces termes :

« Notre gracieux comte voulut bien s’apercevoir que j'avais été légèrement blessé dans l’assaut, et pour récompenser, disait-il, mon courage, il me rapprocha de sa noble personne en qualité de clerc-secrétaire et d’argentier. Cependant le jeune Alexis ne voulut ou ne put remplir ses engagements envers les croisés, qui attendaient sous les murs

de Constantinople l'effet de ses promesses. Les efforts qu'il fit alors pour les satisfaire lui coûtèrent le trône et la vie. Un seigneur de sa cour l’assassina , et se déclara l'ennemi des Latins. Ceux-ci revinrent contre la ville, défendue par un grand nombre de soldats. Je combattis toujours sous les yeux du seigneur comte ; et comme je montais pour la dernière fois à l’assaut , je roulai à ses pieds frappé d’une lourde pierre qui lui était destinée. Déjà il s'était aperçu que j'avais reçu en divers endroits, en lui faisant un rempart de mon corps, plusieurs flèches visiblement dirigées contre lui. Monseigneur me fit porter évanoui dans sa tente, et ordonna à ses gens de panser mes blessures. Pendant ce temps la ville fut prise, et il vint un moment se reposer sous son pavillon. J'ÿ étais étendu couvert de sang, et paraissant sur le point d’expirer. « Bon courage, mon jeune ami, me dit-il, tu m’as sauvé la vie, il faut que je t'en récompense : je te fais noble. » Puis, trempant le doigt dans le sang qui coulait de mes blessures, il en traça une croix et un croissant sur mon bouclier. « Voilà tes armes, ajouta-t-il en courant se mettre à la tête des troupes qui entraient dans la ville;.à bientôt l’ordre de la chevalerie. » En effet, notre seigneur le comte de Flandre, ayant été élu empereur de Constantinople et couronné dans la grande église de Sainte- Sophie, m'y reçut chevalier avec ceux qui s'étaient le plus distingués dans le combat et qui ne faisaient pas encore partie de cette noble confrérie. |

« On a distribué aux croisés les biens des vaincus, et l'empereur m'a concédé, à titre de comté relevant de sa couronne, autant de terre que je pourrais en parcourir en chevauchant quatre heures durant.

« Si la comtesse de Caasbeek n’a pas oublié la parole qu’elle m’a donnée, elle accueillera ma requête et la présentera à monseigneur son mari. C’est pourquoi je vous prie, mon père, d’aller lui porter le double des lettres d’anoblissement que vous trouverez ci-jointes , et de lui prouver que j'ai maintenant un écu armorié, un beau comté, et le titre de comte. Mon déair serait d'aller moi-même déposer tout cela aux pieds de mademoiselle sa fille; mais je suis obligé de suivre monseigneur contre les Bulgares.

« Je suis, etc. »

Sur le manuscrit se trouvent peintes les armoiries, revêtues de la signature du héraut de Flandre et empire d’Orient, avec la date du cinquième dimanche après Pâques de l’an du Seigneur 1204.

Le seigneur de Caasbeek accueillit très-bilen la demande du jeune comte et lui donna sa fille unique en mariage. Le nouvel époux prit le num féodal de Caasbeek, et conserva les armes qu'il avait si valeureusement gagnées au prix de son sang. Après la chute de l'empire latin, leurs descendants revinrent en Flandre; ils s’y perpétuèrent jusqu’à la fin du siècle dernier, où mourut le dernier mâle de la famille des Caasbeek. Comme chef de la famille, il avait pour armes exactement celles qui se trouvaient retracées sur la feuille de parchemin.

SURMONTÉ, ÉE, se dit d’une fasce, d'un chevron, d'un pal abaissé, ou d’une autre pièce au-dessous de sa position ordinaire, lorsqu'ils se trouvent accompagnés en chef de quelque meuble.

DE ROSTAING , en Forez, d'azur, à une roue d’or SURMONTÉE d’une fasce de méme.

Tristan de Rostaiug, cspitaine de cinquante bommes d'armes, chovalier des ordres du Roi, étant assiégé dans Melun en 1588, les assaillants lui firent dire que s’il tardait à Leur livrer la ville, ils le feraient mourir cruellement. « Je suis trop vieux, répondit-il, pour commencer à trembler; et je serais trop honoré de pouvoir sacrifier Le peu de jours que j'ai à vivre à ma patrie et à mon roi. » Les assaillants furent obligés de se retirer. Tristan de Rostaing mourut trois ans après, le 7 mars 1591.

Tané, à fronte locatus, se dit du casque qui termine l'écu en sa partie supérieure, soit qu’il se trouve de front ou de profil. |

Un casque TARé de front est une marque d'ancienne noblesse.

Ce terme, selon le P. Menestrier, vient des grilles des casques, qui étaient représentés anciennement à la manière des tarots, des cartes à jouer.

TiErCÉ, tripartitus, se dit de l’écu divisé en trois par deux lignes parallèles, en fasces, en bandes ou en pals.

DE LAUZUN , TiERCÉ en bandes d’or, de gueules et d'azur.

TourTEaAU, meuble d'armoiries, rond et plat, de couleur; ce qui le distingue du besant, qui est de métal.

Ce terme vient du latin torta, qui a signifié anciennement un gâteau ou pain que l'on faisait pour les sacrifices.

DE COURTENAY , d’or, à trois TOURTEAUX de gueules.

TRANGLES, fasciæ restrictæ impares, fasces rétrécies au nombre de cinq le plus souvent, et de sept quelquefois. Six ou huit fasces rétrécies se nomment burèles.

Les TRANGLES sont toujours en nombre impair; les burèles, en nombre pair.

DICTIONNAIRE HÉRALDIQUE. Ut 889

DE CHOURSES DE MALICORNE , en Poitou, d'argent, à cinq TRANGLES de gueules.

Jean de Chourses, comte de Malicorne, chevalier de l’ordre du Roi, gouverneur du Poitou, était fort attaché à Henri II], qui l’honorait de son amitié. Les rebelles de Poitiers se saisirent de ss personne, le trainèrent dans les rues de cette ville, en portant à chaque pas leurs hallebardes à sa gorge, pour l’intimider et l’obliger à manquer de fidélité au roi. « Je n’ai jamais commis de lâcheté ; le serment que vous voulez que je fasse en serait une , leur répondit-il ; vous pouvez m'ôter la vie, mais vous ne m’ôterez jamais l'honneur.» lls le jetèrent dans les fossés de la ville, qui étaient pleins d'herbes bourbesses, d’où il s’échappa heureusement sans danger.

TRESCHEUR , <cuft limbus, tresse qui a quelque ressemblance avec l'orle; elle est distante du bord de l'écu d’une partie des sept de sa largeur, et n’a que te quart de cette septième partie.

LES ARMES DU ROYAUME D'Écosse étaient : d’or, au lion de gueules enclos dans un double TRESCHEUR ou essonier fleuronné et contre-fleuronné de gueules.

« Or, dit un vieux chroniqueur, permist l’illustre et magnanime empcreur Charlemaigne à Achains, roy d'Écosse, d’enfermer ledit lion ce ses armes, pour perpétuer à la postérité la mémoire de l'alliance offen-

sive et défensive qu’ils contractèrent ensemble vers tous aultres princes et potentats environ l’an 809. »

Var, pellis coloris variæ, fourrure faite de quatre tires, ou rangées de pièces d'argent en forme de cloches renversées sur un champ d'azur: il y a quatre pièces aux première et troisième tires, trois et deux demies aux deuxième et quatrième.

Chaque tire ou rangée se trouve avoir deux parties en hauteur, des huit de la hauteur de l’écu.

Menu-vaiR est une fourrure de var de six tires ; aux un, trois, cinq, il y a six pièces ; aux deux, quatre , six, il y en a cinq et demie ; chaque tire a une partie un quart des huit de la hauteur de l'écu.

ConTREe-vair est une fourrure de vai dont les pointes du

premier rang sont appointées avec celles du second ; de même les pointes du troisième rang avec celles du quatrième; de sorte que les bases du deuxième rang posent sur celles du troisième, en ligne directe du coupé de l'écu.

D'ESCARS PERRUSE, en Limousin, de gueules, au pal de VAIR.

Jean d'Escars, comte de la Vauguyon, prince de Carency, chevalier de l’ordre du Roi, capitaine de cinquante hommes d’armes, maréchal et grand sénéchal du Bourbonnais, se trouva au dernier siége de Chartres, que prit en 1591 Henri IV, et qui est célèbre par la joyeuse réponse du monarque au maire de la ville, qui lui en présentait les clefs et l’assurait qu'il lui était soumis en vertu du droit civil. « Ajoutez : et du droit canon , » dit gaiement Île bon prince. A ce siége, d’Escars, bien que très-âgé et criblé de blessures, se présenta à la tranchée avec une intrépidité héroïque, et semblait chercher l’occasion de 8e faire tuer, « voulant , dit Brantôme, finir ses jours au champ d'honneur. »

Véru, se dit d’un écu rempli d’une grande losange dont les angles touchent les bords; la losange devient le champ, et les quatre triangles des cantons d'un autre émail sont le vêru; parce qu’il y a un chape en haut et un chaussé en bas.

DE LA PALETTE, en Dauphiné, d’or, vÊTU de gueules, un trèfle de cingle au centre de l’écu.

VivRé, ée, se dit du pal, de la fasce, de la bande et de quelques autres pièces à sinuosités angulaires, qui forment des angles saillants et rentrants.

DE MONTREVEL , d'or, à la bande vivrée d'azur.

Brave comme un paladin, tout bouillant d’une valeur qui s'était d’abord signalée dans un duel, et qui plus tard , mieux employée, lui fit conquérir chacun de ses grades par une action d’éclat, le maréchal de Montrevel mourut de frayeur en dinant (1° octobre 1716), parce qu'une salière vint à se renverser sur lui : étrange exemple des inconséquences d’un esprit dont l'ignorance faisait la faiblesse. Cet homme qui avait tant de fois affronté la mort au passage du Rhin, à Senef, à Namur, à Fleurus, ne put braver le vain présage qu'on attribue à une salière renversée ! La flèvre le prit à l'instant même, et il succomba.

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