‹ Histoire du blason et science des armoiriesChapitre 38 sur 48 · MEMBRÉ, ÉE · texte numérisé non relu

MEMBRÉ, ÉE

DUBOIS D'ESPINAY, de Pirou, en Normandie, d'or, à l'aigle de sable MEkMBRÉE de gueules.

Il se rattache à l’histoire de cette famille une légende fort curieuse.

Au pied de l’ancien château de Pirou, sur la côte de la Basse-Normandie, dans le Cotentin, vis-à-vis les iles de Jersey et de Guernesey, on comptait jadis dix-huit à vingt niches de pierres, où l'on avait soin tous les ans de mettre des nids faits de paille ou de foin pour les otes sauvages, qui ne manquaient pas aux premiers jours de mars de venir Ja nuit faire plusieurs rondes tout alentour, pour voir au clair de la lune et des étoiles si ces nids étaient tout prêts. Les jours suivants, ces oiseaux viennent prendre possession de ces nids, qu'ils trouvent les plus moelleux et les plus commodes; et ce n’est pas sans quelque combat entre eux, à coups d'ongles et de bec, où il se répand du sang; ce qui se fait avec tant de bruit, qu'on ne s'entend presque point dans les appartements du château nf dans les masures des environs. Lorsque tous ces nids sont pris, on en met d’autres sur les parallèles des murailles; ils ne demeurent pas longtemps vides. Comme ces murailles sont extrêmement hautes, les oies qui y couvent ont accoutumé, dès que leurs petits sont éclos, d’avertir en criant qu’on vienne les descendre dans le fossé. Si on tarde à le faire, les mères y descendent d’elles-mêmes, étendent leurs ailes et reçoivent leurs petits à la descente, de crainie qu'ils ne se blessent. Chaque oie a son mäle auprès d’elle ; et ce qu'il y a de remarquable, c’est qu’encore que ce soient de vraies oies sauvages, aucun de ces oiseaux ne parait dans les campagnes voisines, pendant que l’on en voit des milliers qui flottent sur le lac de Pirou.

Quand ils sont hors du château, on n’en saurait approcher de six cents pas sans qu'ils s’envolent ; mais quand ils sont dans le château, ils cessent d'être sauvages et viennent prendre du pain et de l’avoine à la main comme s'ils avaient de la considération pour ceux qui leur ont fourni des nids. Quelque bruit qu’on fasse dans les cours, quand même on tirerait des coups de fusil, ils ne s’effarouchent point, et couvent depuis le commencement de mars jusqu’au mois de mai. Lorsque les petits sont assez forts pour les suivre, ils les dérobent la nuit et se retirent par des faux-fuyants dans les lacs voisins, pour ne revenir que l’année suivante. Les prophètes du pays augurent bien de la fertilité de l’année toutes les fois que ces oies sauvages viennent à Pirou en grand nombre.

La légende porte encore que, quand il naïssait un garçon dans la maison de Pirou, les mâles de ces oies, revêtus de plumes grises, prenaient le dessus (haut) du pavé dans les cours du château; mais que, quand c'était une fille, les femelles, en plumes plus blanches que neige, prenaient la droite sur les mâles. Que si cette fille devait étre religieuse, on remarquait une de ces oies entre les autres qui ne nichait point; mais elle demeurait solitaire dans un coin, mangeant peu et soupirant dans son cœur ; on ne sait pourquoi.

Mer, mare. La mer, dans les armoiries, se représente par des traits ou lignes courbes, qui figurent les ondes; elle

remplit le tiers de la hauteur de l'écu vers le bas, c'est-à-dire qu'elle a deux parties, deux tiers.

DON CHRISTOPHE COLOMB, amiral, vice-roi et gouverneur des îles.

Colomb venait de découvrir un nouveau monde après mille dangers ; à son retour en Espagne, il fut accueilli avec enthousiasme, conduit en triomphe par tout Barcelone ; il fut présenté au roi et à la reine, qui lui avaient écrit avec cette suscription: A Don CHRistToPHE CoLomB, NOTRE AMIRAL SUR LA MER OCÉANE, VICE-ROI ET GOUVERNEUR DES ILES QUI ONT ÉTÉ DÉCOUVERTES DANS LES INDES.

Le roi et la reine l’attendaient en dehors du palais, revétus des habits royaux , sous un dais magnifique, le prince d’Espagne à leur côté, et au milieu de la plus brillante cour qu’on eût vue depuis longtemps dans ces royaumes. Dès qu’il aperçut Leurs Altesses, il courut se prosterner à leurs pieds et leur baïser la main ; mais Ferdinand lui fit signe aussitôt de se relever, et lui commanda de s'asseoir sur une chaise qui lui avait été préparée; après quoi il reçut ordre de raconter à haute voix ce qui lui était arrivé de plus remarquable. 1] obéit, et parla avec tant de réserve et un air si noble, qu’il charma toute l’assemblée, et que ceux même qui commençaient à le regarder avec des yeux jaloux ne purent lui refuser leur estime ni se dispenser de lui en donner des marques publiques. Tout le monde se mit ensuite à genoux à l’exemple du roi et de la reine, et le Te Deum chanté par la musique de la chapelle termina l’audience.

Les jours suivants, le roi ne parut point dans la ville qu’il n’eût le prince son fils à sa droite et Colomb à sa gauche. A l'exemple du souverain, tous les grands d’Espagne s’étudièrent à l’envi à combler d’honneurs l'amiral vice-roi ; et le cardinal Mendoce , l’ayant invité à manger, lui donna la première place, le fit servir à plats couverts, et fit essayer tous les mets qu’on lui presenta ; ce que presque tous les grands imitèrent dans la suite. Ses deux frères, Barthélemi et Diégo, quoiqu'ils ne fussent pas alors dans le royaume, eurent aussi part aux libéralités du roi. Le titre de don leur fut accordé; et toute la famille obtint des armoiries magnifiques. Elles sont : au premier de Castille, au deuxième de Léon, au troisième une mer d’azur semée d'îles d'argent ; la moitié de la circonférence environnée de la terre ferme, des graius d’or répandus partout, les terres et les îles couvertes d'arbres toujours verts; au quatrième d'azur, à quatre ancres d’or ; et en dessous, les armes des anciens Colomb de Plaisance; et pour cimier, un glube surmonté d’une croix avec cette devise :

Por Castilla, y por Leon, Nuevo mundo hallô Colon.

Colomb a découvert un nouveau monde pour les couronnes de Castille et de Léon.

MERLETTE , petit oiseau représenté de profil n'ayant ni bec ni pattes. |

Comme nous l'avons vu, elles représentent les voyages d’outremer et sont une image des blessures des chevaliers. |

ADAM DE L'ISLE , de gueules, à la fasce d'argent, accompagnée de sept MERLETTES de méme quatre en chef, trois en pointe.

Adam III, seigneur de l'Isle, prit part à la troisième croisade et s’y distingua par sa bravoure et ses exploits.

MiRaILLé, ÉE , se dit des ailes des papillons tachetées de divers émaux. (On n’en voit pas d'exemple dans les armoiries des croisés ; son introduction dans le blason est bien postérieure aux grandes expéditions d'outre-mer.)

MonsTRUEUX , lion ou autre animal représenté avec une face humaine. (Il en est de même en ce point; ce n’est pas à l'époque de la formation d'un art où domine presque toujours la plus grande simplicité, qu'on voit apparaître un tel raffinement d'imagination.)

MONTANT, croissant représenté les pointes en haut et adossé à un ou plusieurs autres croissants.

Moxé, ÉE, se dit d’un lion, de l'aigle ou autre animal qui n'a ni langues, ni dents, ni griffes, ni ongles.

GANAY DESCHAMPS, en Bourgogne, d'argent, au lion MORNÉ de sable.

MOL&TTES D'ÉPERON, calcaris orbiculus stimulus armatus, meuble de l’écu en forme d'étoiles à six raies avec une ouverture ronde au centre.

DE TAILLEFER, losangé d’or et de gueules, qui est d’Angouléme ancien; au centre un écu de gueules; au dextrochère de carnation, paré d'argent, mouvant de l'angle dextre supérieur , tenant une épée de fer en bande, garnie d’or, taillant une barre de fer de sable, accompagnée de deux MOLETTES D'ÉPERON d’or à huit raies, une en chef, l’autre en pointe, qui est de Taillefer. Couronne comtale antique et fermée sur l’écu ; cimier : un dextrochère de carnation, mouvant d'un nuage, d'argent, paré de méme , et tenant une badelaire d'or; devise : Not quot, sed ubi,

Cette famille peut faire remonter sa généalogie à la conquète de l'Angleterre par Guillaume le Bâtard. À cette fameuse bataille de Hastings , où fut décidé le sort de la race saxonne, Taillefer, qui en ce jour mérita son nom, comme le dit le vieux poëme de Rou, chantait un belliqueux refrain pour exciter ses compagnons, et s’élançait au milieu des rangs ennemis, où il fit de larges trouées.

Moucueré, éE, se dit de toutes les pièces chargées de mouchetures d'hermine.

DE FLAVACOURT, en Picardie, d'argent, papelonné de gueules, MOUCHETÉ de trèfles versés de méme.

MouvanT, TE, Se dit d’une pièce qui saillit de l’un des flancs ou de l’un des angles de l’écu.

DE TERMES, d'azur, à trois flammes d'argent MOUYANTES de la pointe.

La maison de Termes remonte aux croisades. Olivier de Termes prit part en 1248 à l'expédition d'Égypte commandée par saint Louis. Cette famille a produit plusieurs personnages distingués, entre autres le maréchal de Termes.

NaïssaNT, TE, Se dit du lion, du cerf, de l'aigle, de la bisse ou autre animal qui ne paraît qu'à moitié ; le reste du corps étant comme caché sous l'écu, duquel il semble naître.

ASSEGNIES DE TOURNAY, d'Oisy en Artois, d'or, à trois lions NAISSANTS de gueules.

NaTuReL, se dit des animaux, fruits, fleurs, représentés comme ils sont naturellement.

BAAS DE SIVORD , en Béarn, d'argent, à deux bisses au NATUREL affronlées.

NépuLé , se dit des pièces faites en forme de nuées.

MAILLÉ DE BRÉZÉ, en Anjou, NÉBULÉ, fascé d'argent et de gueules,

Beau-frère du cardinal de Richelieu, ancien capitaine des gardes de Marie de Médicis, gouverneur d’Anjou et de Saumur, maréchal de

France, vice-roi de Catalogne, Brézé occupe une belle place dans l'histoire de son temps. Sa fille épousa le grand Condé.

Homme désintéressé, mauvais courtisan , le maréchal de Brézé, sil eût voulu se faire la créature de Richelieu, aurait pu augmenter encore sa richesse et sa puissance. Mais on chantait sa philosophie, témoin ce vieux couplet :

Buvons à l'illustre Bréré,

Qui s’est si bien déssbusé

De cette chimère importune De la fortune.

ll écrivait bien, était galant, civil et vrai gentilhomme en tout. Ménage, Chapelain, Boileau, Molière, lui écrivaient et s’honoraient de ses spirituelles réponses.

Brété travaillait beaucoup et avait fait graver sur la porte de son cabinet: Nulli nisi vocati. Un jour, des avocats pénétrèrent jusqu’au maréchal, malgré cette consigne. Il se fâcha et demanda aux avocats qui les avait faits si hardis que d'’oser méconnaitre ses ordres. « Et n’avez-vous pas lu ce qui est écrit sur ma porte? ajouta-t-il. — Oui, Monseigneur, dit l’un d’eux ; fl y a Nulli nisi vocati: Personne, excepté des avocats. » Le maréchal se prit à rire.

Noué, É8, se dit des pièces de longueur entourées d’un lien, de la queue fourchue d’un lion lorsqu'elle a un ou plusieurs nœuds, et de la bisse dont le corps a plusieurs circonvolutions entrelacées l’une dans l’autre.

DE BOURNONVILLE, de sable, au lion d'argent, couronné, lampassé et armé d'or, la queue fourchée, NOUÉR el passée en sautoir.

NouRRI, AU PIED NOURRI, 8e dit du pied des plantes qui ne montrent point de racines et des fleurs de lis sans queue.

DE WAWRANS, en Artois, d'or, à trois fleurs de lis de gueules, AU PIED NOURRI.

Owsré, &e. On donne cette épithète aux édifices globés et autres corps à plusieurs facettes, dont les côtés opposés au jour sont d’un émail différent pour marquer l'ombre. On l’applique aussi aux traits qui, dans les flots des rivières et de la mer,

marquent les ombres par divers émaux qui les remplissent.

CHAPELLE DE JUMILHAC, en Périgord, d'azur, à une chapelle d'or oMBRÈE de sinople.

OMBRE DE SOLEIL, image du soleil sans yeux ni bouche.

BOUTECHOUX DE BATTERAUS, en Franche-Comté, coupé d'argent et d'azur, trois losanges de gueules sur argent, une OMBRE DE SOLEIL d'Or sur azur.

Onné, ée, se dit des pals, fasces, croix, chevrons, etc., tortillés pour imiter les ondes.

: DE ROGER DE LA HUSSAC, d'or, à trois pals ONDÉS d'azur.

OnGLé, &e, se dit des animaux au pied fourchu, dont la corne est d’un autre émail.

DE BEAUMONT DU BREUIL VARENNE, en Bretagne, d'azur, au cerf d'argent, ramé d'or, ONGLÉ de méme.

OR, aurum, couleur jaune , le premier des deux métaux.

Cet émail est représenté en gravure par un grand nombre de petits points.

L'or signifie richesse, force , foi, pureté, constance.

DE CHATILLON, de gueules, à trois pals de vair, au chef d'OR.

Cette maison, qui date des croisades, a fourni des guerriers célèbres par leur valeur et par leur dévouement. Gaucher de Châtillon combattit en héros pour défendre saint Louis, lors de la funeste retraite qui suivit la bataille de Massoure, jusqu’à ce qu’il succomba, accablé par le nombre. Le maréchal de Châtillon ne se signala pas moins sous le règne de Louis XIV. Les Espagnols attaquaient les lignes des Français au siége d'Arras. Le maréchal de Châtillon, qui se trouve au fort de la mélée , apprend que son fils vient d’être tué: « Qu'il est heureux, ditil, d’être mort dans une si belle occasion pour le service du roi! » Et il continue de donner ses ordres avec la plus grande tranquillité.

OnLE, lembus apertus, filière qui n'a que la moitié de la largeur de la bordure, laquelle, moitié supprimée, est l’espace ou le vide entre cette pièce et le bord de l’écu.

EN oRLE, se dit des meubles de l’écu posés dans le sens de l'oRLE, et aussi de ceux qui accompagnent les pièces honorables, lorsqu'elles se trouvent dans le même sens.

Ce terme vient, selon Ménage, de orlum , qu'il dérive de ora,

bord ou lisière. Nous avons conservé le mot ourlet, qui nous en donne une assez juste idée.

BEAUVOIR DE CHATELLUX, près Avallon en Bourgogne, d'azur, à la bande d’or, accompagnée de sept billettes de méme, quatre en chef, deux, deux, trois en pointe EN oRLE.

Claude de Beauvoir, seigneur de Chatellux et de Bordeaux , Vicomte d’Avallon , maréchal de France, soutint avec valeur le siége de Crevant contre le connétable d'Écosse en 1493, et s’acquit, et à sa postérité, le droit d'entrer au chœur de l’église cathédrale d'Auxerre ,» d'y prendre séance en qualité de premier chanoine honoraire , l'épée au côté , revêtu d’un surplis, l’aumusse sur le bras, dans la première stalle, tenant un faucon sur le poing ; il lui acquit aussi le droit de se trouver aux 25semblées du chapitre, par privilége que les doyens et chanoines de cette église lui accordèrent , et à ses descendants mâles, en considération des services qu’il leur avait rendus en leur remettant la ville de . Crevant, qui leur appartenait.

OTELLE, amygdala, meuble de l’écu qui ressemble à une amande pelée par son contour et son émail qui est d'argent. On en voit ordinairement quatre ensemble adossées.

DE COMMINGES, de gueules, à quatre oTELLEs d'argent adossées en sautoir.

« Deux hommes, dit Saint-Simon, d’une grosseur énorme, de beaucoup d'esprit, d'assez de lettres, d'honneur et de valeur, tous deux fort du grand monde, moururent en ce temps (1711), et laissèrent quelque vide dans la bonne compagnie. Comminges fut l'un, La Fare (V. allumé) l’autre. Comminges était fils et neveu paternel de Guitaud et de Comminges , tous deux gouverneurs de Saumur, tous deux capitaines des gardes de la reinc-mère, tous deux chevaliers de l'Ordre en 1661, tous deux très-affidés du gouvernement , tous deux employés aux exécutions de confiance les plus délicates. Guitaud mourut subitement au Louvre à 82 ans, en 1663, sans avoir été marié. Comminges, son neveu, son survivancier , et père de celui dont il s’agit ici, fut un homme important dans toute sa vie. Il fut envoyé en 1646 vers M. le prince, en Flandre, chargé d'arrêter et de conduire à Sedan le fameux conseiller Broussel ; l’année suivante, d’arrêter les officiers suspects du régiment de la reine, et la même année de faire passer par les armes, 1er et 8 juin, Chambert et d’autres officiers de Bordeaux. Lui et son oncle arrétèrent au Palais-Royal les princes de Condé et de Conti, et le duc de Longueville (18 janvier 1650). Il arrêta aussi Du Dognon, connu, depuis qu’il se fit faire maréchal de France pour rendre Brouage, sous le nom de maréchal Foucault. Comminges prit, l’année 1650, en avril, Saumur, sur Du Mont, qui s’en était saisi pour M. le prince, et commanda en 1652 et

97e __ DICTIONNAIRE HÉRALDIQUE.

1653 en Italie, en l’absence du comte d’Harcourt en Catalogne. 11 alla depuis ambasscdeur en Portugal et en Angleterre, et mourut en mars 1670, à 57 ans.

« Ils portaient en pléin le nom et les armes des Comminges, et prétendaient être descendus des comtes de ce nom. Ils n’en ont pourtant jamais pu, en aucun temps, prouver aucune filiation ni jonction, eton ne sait quels ils étaient avant 1440. Comminges, son fils, ne 8ervit guère que volontaire et toujours aide-de-camp du roi, qui, malgré son peu d’assiduité, ne le voyait jamais sans lui parler et le traiter avec distinction et familiarité à cause de la reine-mère. Les courtisans, pendant Îles campagnes du roi, appelèrent par plaisanterie les bombes et les morticrs du plus gros calibre des Comminges, et si bien, que ce nom leur est demeuré dans l'artillerie. Comminges trouvait cette plaisanterie trèsmauvaise et ne s’y accoutuma jamais. Il était fort grand et de trèsbonne mine. »

PAtssanT, TE, se dit des vaches, brebis, elc., qui ont la tête baissée et semblent paître.

BERBISY D'HÉROUVILLE , en Normandie , d'azur, â la brebis d'argent PAISSANT sur une terrasse de sinople.

PAL, pièce honorable posée perpendiculairement.

Le par représente un pieu posé debout, et est une marque de juridiction.

Plusieurs auteurs font venir le terme par du latin palus, un pieu, un poteau.

Ducange le dérive de pallea, qui a signifié un tapis ou une pièce d'étofle de soie, et il dit qu'autrefois on normmait PALES les tapisseries qui couvraient les murailles; qu'elles étaient d’étoffes d’or et de soie cousues alternativement, un lé d’étoffe d'or, un lé d'étoffe de soie. Il ajoute qu'on disait encore PALER pour tapisser, et que de là on doit tirer l’origine du mot PAL et PALÉ. En effet, on voit encore dans quelques musées de vieilles tapisseries d’étoffes d’or et de soie par bandes perpendiculaires, qui imitent le PALé des armoiries. ‘

HARLAY DE BEAUMONT, d'argent, à deux PpALS de sable.

Achille de Harlay, premier président du parlement, est célèbre par son inviolable attachement à la royauté et au monarque. Lorsque le duc de Guise, par la fameuse journée des barricades , eut forcé Henri li]

à quitter Paris, il se rendit auprès de M. de Harlay pour essayer de le gagner à son parti; mais il en fut accueilli par ces mots foudroyants : « C’est grand’pitié quand le valet chasse le maître ; au reste, mon âme est à Dieu, mon cœur est à mon roi, et mon corps est entre les mains des méchants : qu’on en fasse ce qu’on voudra. » Ce fut aussi sur ce magistrat que tombèrent les premières fureurs des factieux. Croyant qu'après l’avoir enlevé au parlement il leur serait. plus facile de rendre cette compagnie favorable à leurs vues, ils vinrent le chercher au palais même , dans les fonctions de sa charge. Plusieurs noms étaient accolés au sien sur la liste de proscription : on aïlait prononcer celui du président de Thou : « Il est inutile, interrompit celui-ci, d’en lire davantage ; 1] n’y a personne ici qui ne soit prêt à suivre son chef! » et il se releva pour suivre le premier président dans sa prison; tous les autres membres du parlement l’imitèrent, et allèrent sur les pas d'Achille de Harlay se constituer prisonniers à la Bastille.

PALÉ, se dit d'un écu divisé en six pals égaux par cinq lignes perpendiculaires, dont trois d’un émail, trois d'un autre, de métal et de couleur alternativement.

D'AMBOISE, PALË d'or et de gueules de six pièces.

« Le cardinal Georges d'Amboise, ministre de Louis XII, dit l’abbé Béraud , sans avoir au suprême degré toutes les vertus qui ont signalé les évêques des premiers siècles de l’Église, en eut toutefois qui dans tous les temps feront désirer des prélats qui lui soient comparables; il réunit d’ailleurs toutes les qualités sociales et politiques qui font les ministres et les citoyens précieux : magnifique et modeste, libéral et économe , habile et vrai, aussi grand homme de bien que grand homme d’État, le conseil et l’ami de son roi, tout dévoué au monarque et trèszélé pour la patrie; ayant encore à concilier les devoirs de légat du saint-siége avec les priviléges et les libertés de sa nation, les fonctions paternelles de l’épiscopat avec le nerf du gouvernement et le caractère même du réformateur des ordres religieux, avec le tumulte des affaires et la dissipation de la cour : partout il fit le bien , réforma les abus et captiva les cœurs avec l’estime publique. Son ambition était de devenir pape. Peut-être parfois cette considération influa-t-elle sur ses déterminations. Il avait été aumônier de Louis XI, et était tombé dans la disgrâce de Charles VIII, ayant suivi le parti de Louis XII, alors duc d'Orléans. Lorsque ce prince monta sur le trône, les honneurs devinrent naturellement le partage de celui qui avait suivi sa fortune. »

PaLissé , e. On le dit des pièces à pals ou fasces aiguisées, en rangs serrés, pour imiter les palissades des places de guerre.

DE GUEZILLE DU ROCHER, en Bretagne, FRE à la fasce PALISSÉE d'azur.

Pamé, és, se dit du dauphin ou d’un autre poisson qui a la bouche ouverte et béante, et semble expirer.

On le dit aussi de l'aigle sans langue, dont le bec paraît fort crochu et l'œil fermé, et qui paraît près de rendre le dernier soupir ; parce que l'on prétend que quand cet oiseau, dont la vie passe un siècle, est sur la fin de ses jours, son bec devient si crochu, qu'il ne peut plus prendre de nourriture, ce qui lui cause la mort.

DE SACQUEVILLE, en Normandie, d’hermine à l'aigle pAMË de gueules, au vol abaissé.

PAPELONNÉ, ÉE, se dit de l’écu et des pièces honorables remplies de traits circulaires qui imitent les écailles de poisson.

DE NEUILLY, en l'Ile-de-France, d'azur, à la croix d'argent PAPELONNÉE de gueules.

Paré, ée, se dit d’un dextrochère dont le bras est d’un autre émail que la main, et aussi d’une Foi dont les poignets sont d'émail différent.

DE BEAUXHOSTES D'ARGEL, à Narbonne, d'azur à la Foi d'argent PARÉE d'or.

ParrTi, division de l'écu en deux également, par une ligne perpendiculaire.

On dit aussi ce mot du lion ou d’un autre animal divisé par une ligne perpendiculaire en deux émaux différents.

DE GAULEJAC DE PECCALVEL, en Quercy, PARTI d'argent et de gueules.

Jean-Marc de Gaulejac obtint du roi Louis XIJI l’érection de ses terres de Peccalvel, Nogairols, Saint-Sauveur et Mailargues en vicomté, sous Je nom de vicomté de Peccalvel, par lettres du mois de mars 1617; elles furent enregistrées au parlement de Toulouse le 14 décembre 1618.

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