‹ Histoire du bouddhisme dans l'IndeChapitre 154 sur 196 · Comp. Bigandct, I, 153; Childers, Pâli D · texte numérisé non relu

Comp. Bigandct, I, 153; Childers, Pâli D

3. Cette description a été surtout empruntée aux Mil. P. 102; en partie à Bigandet, I, 153 ; Hardy, Easlern Monachism, 280.

localités de souffrance \ Il est arrivé à la compréhension (ou : à la vision) et reconnaît le commandement du Grand Maître. Son esprit (c'est-à-dire : lumière) s'élève facilement et s'avance facilement en trois points (inférieurs), mais s'élève difficilement et s'avance lentement dans les couches supérieures, son esprit étant purifié dans ces trois points, mais non encore lavé de souillures dans les régions plus élevées. Il marchera encore pendant 80,000 kalpas ' et doit * renaître encore sept fois comme homme ou comme être 384 céleste, avant d'être mûr pour le Nirvana.

Le Sakrdâgâmin a réduit l'attachement passionné, la haine et l'aveuglement à un minimum. Son esprit s'élève facilement et s'avance facilement en cinq points, mais s'élève difficilement cl s'avance difficilement dans les couches supérieures, pour la même raison que tout à l'heure. Il devra traverser encore 60,000 kalpas, et devra renaître encore une fois comme être céleste et une fois comme homme, avant d'atteindre le but final.

L'Anàgâmin a brisé les cinq liens inférieurs qui attachent un être à l'existence *. Son esprit s'élève facilement et s'avance facilement en dix points, mais difficilement etc. Il doit encore vivre pendant 40,000 kalpas et ne renaîtra plus qu une fois, dans un des cieux supérieurs.

L'Arhat est un être qui a détruit les souillures, effacé toutes les taches, abandonné tous les mauvais instincts, accompli sa tûche, déposé l'attachement à l'existence, reçu les quatre sortes de facultés surnaturelles. Son esprit s'élève facilement et s'avance facilement dans le domaine de tous

4. Apnya; au nombre de quatre : rKiircrcomplùtcmcntnoir; l'état d'animal sans rais(»n ; de fantôme ; de démon. /^/i/at\283il est question de trois Apàyas.

'i. Qui dt'sif^nrnt probablement 8 subdivisions d'un jour, 8 Prahdras. donc 8,8 — 1 jour; ou bien, seulement la moitié d'une journée, 16 désignant ausii une circonférenee complète.

1. Ce sont : l'irreur de l'individualité ; le doute; rimmoralité (selon d'autres, Ictalage de pieté, rhypocrisie); la sensualité ; la haine.

les croyants % mais difficilement dans les riions des Pratyckabuddhas. Après 20,000 kalpas, il est sûr du Nirvana.

Même si les quatre grades des voyants terrestres ne doivent pas exclusivement leur origine à la mythologie cosmique, il est pourtant évident qu'ils ont été conçus sur le modèle des quatre périodes dans la marche des étoiles fixes. Si Ton partage en quatre parties égales l'arc céleste qu'un Voyant des 385 cieux a à parcourir pendant la nuit ' *, le domaine du Srotaàpanna s'étendra de l'horizon jusqu'à moitié distance entre rhorizon oriental et le méridien. De ce point jusqu'au méridien se meut le Sakrdàgftmin, qui revient encore une fois. Le Voyant est qualifié ainsi parce que plus tard, 90 degrés plus loin, il reviendra à la môme hauteur. A partir du méridien, il devient Anàgàmin, c'est-à-dire ne revenant plus à la même hauteur, car à partir de ce moment, il baisse toujours. Dans le dernier quart de Torbite, le sage céleste est un Arhat; car c'est un trait dislinctif de l' Arhat, d'avoir un penchant pour le Nirvana *. .

Bien que les quatre degrés ou grades forment entre eux un ensemble, on les représente cependant comme situés entre le domaine inférieur de l'obscurité et du crépuscule, et les degrés supérieurs. Les Âryas, Arhats, Muktas (ces mots étant pris dans un sens plus large, comme titres communs de tous ceux qui marchent dans les quatre périodes) sont placés

2. C'est-à-dire ceux qui obéissent aux ordres du Dieu du Jour.

3. Sur cette terre, rhumanitiS lu^me en plein jour, vit dans une nuit profonde d'ignorance. Seuls, les philosophes sont autant d'étoiles lumineuses, et conlcniplent d'en haut, comme les Voyants placés sur la voûte céleste, cette founnili>''re humaine. « Monté, sur la haute tour de la Sagesse, lui-même ('xonipt de snufrrance, il (le philosophe), plaindra l'humanité et la contemplera dans sa haute sn^^csso, comme un hommr placé sur une haute montagne, ^oit ceux (|ui vivant dans la plaine », — lit-on dans Mahâbhârala, 12, 151, 11. C'os vfT3 ont été reproduits dans le Dliammapada, vers 28, où ils sont complètement déplacés dans une série de sentences sur pamâda, dans le sens do « né{^li«,'cnce. »

1. De là l'expression kaicalya-prô.fjhhâra appliquée à l'esprit (c'est-à-dire a la lumièroy à la lueur du maître du Yoga, voir plus haut, p. 379).

entre les créatures de l'obscurité et du crépuscule, d'un côté, et les Pratyekabuddhas dó l'autre ; ces derniers occupent, à leur tour, une sphère inférieure à celle qu'occupe le Buddha. Même si Ton avait su que les étoiles fixes sont plus loin de nous que les planètes et le soleil, il eût été explicable qu'on eût assigné une région inférieure aux Voyants, qui semblent plus petits. La confusion désespérante entre les difiTérentes significations du terme Mukta, confusion qui existe déjà dans les écrits les plus anciens de l'Inde, est une conséquence de l'oubli d'une des significations les plus anciennes du mot. En fait, mukti ou moksha correspond encore assez bien à yoga, de sorte que mukta et yogin, à une époque ancienne, étaient synonymes dans la langue' habituelle '• En se servant de l'étymologie et de la philosophie^ les sages de rinde ont réussi à embroullier tellement les choses, qu^on ne retrouve le vrai qu'à grand'peine.

Il n'est pas facile de déterminer jusqu'à quel point on distinguait les quatre grades chez un Sage terrestre. *En tout 386 cas, ils existaient en tant que conceptions idéales, et corres* pondent aux quatre degrés de sagesse supérieure dans le Yoga. Les Yogins mûris, développés, sont divisés en quatre classes : 1. Prathamakalpika, « placé dans la première période ' » ; 2. Madhubûmika, « posté au point de vue de Madhu * » ; 3. Prajnàjyotis, « possédant la lumière de la sagesse supérieure » ; 4. Atikràntabhàvantya, « celui qui a derrière lui tout ce qu'il faut réaliser ' ». Le premier ne fait que commencer, et doit encore s'exercer; le second est en

Page 1