‹ Histoire du bouddhisme dans l'IndeChapitre 153 sur 196 · Kâranda-vyûliay · texte numérisé non relu

Kâranda-vyûliay

4. Dans une charte en ka'^i, de Tan 860 aprôs J.-C, nous trouvons mentionné un docteur bouddhique, qui se plonge en samâdhi^ afin de prier pour le salut du roi.

LE DHARUA 407

8* — Le chemin de la sagesse sacrée.

* S'il veut atteindre au grand but de la vie : une mort heu* 382 reuse et le repos étemel, l'homme doit, dès sa jeunesse, marcher dans la vertu et la pureté. Mais les vertus ne suffisent pas : tant qu'on n'a pas renoncé à toutes les erreurs et à tous les préjugés, on ne peut espérer une fin hienheu^ reuse : celle-ci ne peut être assurée que par une sagesse éprouvée. C'est pourquoi il faut rechercher la sagesse et s^y exercer : celui qui est parvenu à la sagesse pure et sainte est arrivé à la dernière et la meilleure partie du chemin de la vie, a atteint l'idéal le plus élevé auquel l'homme puisse prétendre, peut être nommé à bon droit un homme vénérable, un maître, un vrai sage, un Ârya, un Togin.

Ce sont là les idées qu'on trouve exprimées, encore avec assez de clarté et sans redondance excessive, dans le code de Manu *, bien qu'on y reconnaisse une tendance regrettable à Texagération. L'image du sage pieux, déjà défiguré en certaines parties, dans Manu, est devenu, dans le Toga et dans le Bouddhisme, une parfaite caricature.

La dernière partie du chemin de la vie humaine, partie que nous appellerons le sentier de la vraie sagesse, ^sl divisée en quatre périodes, nommées les quatre sentiers, une dénomination qui prouve qu'originairement la voie entière de la vertu (y comprise la sagesse) ou plutôt le chemin de la vie (considérée comme une école pour celui qui la parcourt) était divisé en quatre tronçons. Afin d'éviter, la confusion, nous appellerons ces quatre stages des grades, au lieu de sentiers ou de chemins.

Selon le degré auquel un sage ou un saint est arrivé, oâ

1. Surtout le chapitre 6. On peut comparer aussi la repensa da Whipta aux questions du géant, voir plus haut, p. 165.

le qualifie de Srotaftpanna ', Sakrdâgàmin, Anàgâmin et Arhat ou Ârya. Au fond, tous les quatre ont droit au nom d'Ârya, mot qui a un grand nombre de significations nuan- 383 cées, telles que : * un seigneur, un maître, un personnage honorable, un gentleman. Dans le langage des philosophes, ârya^ opposé à p^thagjana (« un particulier, une personne privée, un homme ordinaire ») prend le sens de « philo* sophe », de « sage » et prthagjana devient un homme du profanum vulgus *.

Chaque grade est divisé en deux parties : le « sentier » lui-même, et la jouissance du sentier. Le premier terme semble désigner le moment où Ton obtient le grade ; le second, le temps pendant lequel on y demeure *. Dans la légende, comme nous avons vu, nombre de gens entrent immédiatement en jouissance de leur grade. Mais comme ce qui se passe pour des étoiles ne saurait s'appliquer entièrement aux humains, il est difiScile de tirer de ces récits des conséquences relatives à ce qui se pratiquait sur la terre. On peut, en outre, se demander si ce dédoublement de chaque grade a jamais eu une valeur pratique. Dans la description des états de sainteté que nous allons résumer, l'élément mythologique et astronomique prédomine tellement, que le lecteur doit s'attendre à contempler Fimage des saints bouddhiques tels qu'on les décrit dans les livres, et non pas tels qu'ils sont en réalité ^ Le Srotaàpanna est de telle nature qu'il a dépassé les

2. Ceci peut signifier n celui qui a atteint le courant », mais aussi : c celui qui atteint rouverturc, l'entrée ». En tout cas, on peut le traduire par « néophyte ».

1. Prthagjana correspond, à tous égards, au terme idiotes, par lequel lei philosophes grecs désignaient les gens qui n'étaient pas de leur corporation. En fait de vanité, les philosophes indiens valaient ceux de la Grèce.

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