‹ Histoire du bouddhisme dans l'IndeChapitre 183 sur 196 · l)(? Beal. «lans Sun ouvrage Buddhisl Tripitaka · texte numérisé non relu

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le Sud ; puis, il se tourna vers l'Ouest et le Nord, se courbant chaque fois jusqu'à quatre fois vers la terre ; puis il regarda vers le zénith, en saluant quatre fois de la tète, puis il regarda vers le nadir, en faisant toujours les mêmes salutations. Le Buddha, qui était justement en train de parcourir le pays pour mendier sa nourriture, vit h quelque distance le jeune Sigâla faire ses dévotions. Immédiatement, il dirigea ses pas vers sa maison, et lui demanda quelle était la religion qui prescrivait ces six cérémonies ; Sigàla répondit : « Mon père, pendant sa vie, m'a enseigné à faire ainsi, sans médire pourquoi je devais le faire; maintenant qu'il est mort, je n'ai pas le droit de négliger ou d'oublier ses préceptes ».

« Le Buddha dit : « Votre père vous a appris à faire vos dévotions, mais sans vous prosterner corporel lement ». Immédiatement, Sigâla tomba aux pieds du Buddha \ et le supplia de lui expliquer cette adoration spirituelle dont il parlait. Le Seigneur dit alors : « Écoute et prends à cœur ce que je vais te dire ». Le jeune homme garda un silence respectueux et le Maître commença : « Si quelqu'un observe fidèlement les quatre commandements moraux, il sera honoré en ce monde et après sa mort, il sera admis au Ciel. Le premier commandement est : ne rien tuer qui ait vie ; le second : ne pas voler; le troisième : ne pas commettre d'adultère ; le quatrième : ne pas mentir. Dès que le cœur cède aux mauvais désirs, à l'avarice, à la vanité, à la colère et à lu sottise, ces mauvais instincts, faute de l'attention nécessaire pour les dompter, augmenteront journellement, et le bon renom de l'homme qui se laisse dominer par eux di^croîtra comme la lune décroissante. Mais s'il a le pouvoir de se maîtriser à cet égard, son bon renom augmentera comme la lune croissante, * jusqu'au jour où elle est pleine. » 433

1. Trait caractvristiquc : devant le Buddha, Sigâla se courbe dans la poussière, juste au moment où Ton vient de lui dire que des « prostrations » corporelles sont inutiles ou m(^me blâmables.

Puis le Buddha dit : « Il y a six habitudes qui ont pour conséquence une diminution des biens de quelqu'un : 1. Fivrogncrie; 2. le jeu ; 3. dormir pendant le jour et veiller la nuit; 4. distribuer et accepter des invitations à des fêtes ; 5. la fréquentation de mauvaises compagnies ; 6. Torgueil et Fadmiration de soi-mÊme. Quelqu'un qui comtnet les quatre péchés nommés en premier lieu et qui est affecté des défauts nommés ensuite n'acquerra jamais un bon renom, ses biens seront journellement gaspillés et se perdront. » — Et quelles sont les six prosternations dont nous parlons? Le Buddha ' dit : « Il y a quatre sortes de mauvaise compagnie : i. rhomme qui vous hait intérieurement, mais qui vous montre extérieurement son amitié ; 2. Thomme qui dit du bien de vous quand vous êtes là et qui vous calomnie derrière votre dos ; 3. rhomme ^ui, dans un moment d'adversité, quand les gens sont présents, se montre affligé à votre sujet, mais qui s'en réjouit et jubile dès que vous avez le dos tourné; 4, l'homme qui se conduit extérieurement comme s'il était de votre famille, mais qui intérieurement est plein de haine et de ruse. »

et II y a aussi quatre sortes de véritable amitié : 1. quand quelqu'un vous gronde extérieurement, mais vous aime intérieurement et veut votre bien ; 2. quand quelqu'un, en votre présence, montre vos fautes, mais en votre absence parle seulement de vos vertus; 3. quand quelqu'un, durant la maladie de son ami, cesse toutes ses occupations, préoccupé de la convalescence du malade; 4. quand quelqu'un ne méprise ni n'évite son ami tombé dans la pauvreté, mais s'efforce sérieusement de le retirer de sa misère. Il y a en outre quatre sortes de mauvaise amitié : 4. quand, reculant devant la difficulté d'exhorter quelqu'un à mener une vie vertueuse, on lui fait visiter, sans le réprimander, de la mauvaise com-

1 . LV)r(1rc des idres semble ici troublts soit dans la traduction, soit dans le texte.

LE DHARMÀ 4<M»

pagnie ; 2. quand on exhorte quelqu'un à éviter la société d'un jeune viveur, mais qu'on le laisse boire tranquillement en compagnie d'un vieux débauché; 3. quand on apprend à quelqu'un à gaspiller de l'argent ; 4. quand on apprend à quelqu'un à regarder ses inférieurs avec mépris ».

* La rédaction méridionale de l'enseignement à Sigftla 434 nous est connue en entier * ; nous donnons ici le contenu principal :

Le maître séjournait dans le Bois de bambous, près de Râjagrha, et pendant sa tournée habituelle pour mendier sa nourriture, il vit le maître de maison, Sigftla, qui, les cheveux épars, les habits mouillés et les mains jointes faisait des révérences aux quatre points cardinauXi au zénith et au nadir. Le Maître lui ayant demandé pourquoi il faisait ainsi, Sigftla répondit que c'était parce qu'il honorait, vénérait et croyait saintes les paroles de son père. Le Maître, comprenant bien que Sigftla agissait ainsi afin de détourner le malheur qui pouvait lui survenir de chacune des six directions, lui montra que la meilleure manière de se garantir consbtait dans l'accomplissement de bonnes actions envers les hommes qui l'entouraient, envers ses père et mère comme étant l'Orient, envers ses maîtres comme étant le Midi, envers sa femme et ses enfants comme étant l'Occident, envers ses amis et parents comme étant le Nord, envers les ascètes et brahmanes comme étant le zénith, et envers ses valets et serviteurs comme étant le nadir. Après une descripticm de la véritable amitié, suit une énumération des devoirs que les hommes doivent observer les uns à l'égard des antres. L'énumération est distribuée dans les six rubriques mentionnées ci-dessus, dont chacune contient 2X8 commandements.

1. Le texte est dans Grimblot, S«p< Sutiat pdUtfùa trouYS une tradiuttoa de Childen dans la CanUmparary At^teio, féTrier 1876 ; «ostl dans Rhya Da»

vida, Buddhism^ 143.

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