‹ Histoire du bouddhisme dans l'IndeChapitre 182 sur 196 · Pâli : Ndtapulta · texte numérisé non relu

Pâli : Ndtapulta

LE DIIARMA 461

ville, aiiïi d'aller voir le Seigneur. Arrivé en sa présence, il lui répéta, après les marques habituelles de respect, ce qu'il venait d'apprendre, à bavoir que le Buddba prêchait le quiétisme ; puis il demanda quelques explications à ce sujet. Voici, en résumé, ce qui lui fut répondu :

<c A certains égards, Sidiha, on dit avec raison que je proche le quiétisme (la non-activité) et que j'élève mes disciples dans cette doctrine ; mais on dit aussi avec raison qu'à certains égards je prêche le salut par les œuvres et que j'élève mes disciples dans cette doctrine. A quels égards, Simha^ dit-on avec raison que je prêche le quiétisme et que j'élève mes disciples dans celte doctrine? A cet égard, Simha, que j'enseigne qu'il ne faut pas faire les mauvaises actions du corps, en paroles et pensées, aucune chose malfaisante et mauvaise. Et à quels égards, Simha, dit-on avec raison que j'enseigne le salut par les œuvres, et que j'élève mes disciples dans cette doctrine? A cet égard, Simha, que j'enseigne que les bonnes actions du corps, en paroles et pensées, foutes les bonnes choses, il faut les faire ^ >>

La valeur relative de la vertu nous est représentée d'une façon dramatique dans les legendes sur le Bodhisatva. Le Bodhisatva brille " par ses vertus et est un être sublime, mais 431 il n'a pas encore atteint le point de vue le plus élevé, celui de Buddba. On ne nie pas l'utilité de la vertu pour la société et rindividu ; et les dix Pàramitàs, pratiquées parle Bodhisatva, peuvent servir de modèles à l'homme qui recherche la justice, mais celui qui veut accomplir de grandes et de • belles actions ne doit pas se faire moine ; il trouvera rocca-

1. Par suite du colloque entre le Buddha et le duc, le dernier m eonverUt à la vraie foi, de mi^mc qu'un grand nombre dei plus notablei habitaata do la ville . Le récit de cette conversion se trouve, en dehors du Mahdwaggef past. cité, chez Schiefner, 268, où il est dit expretsément que lei portes font fermées aux Digambaras (c'est-à-dire les Jainas) et ouTertes aux partisans du Seigneur. Cette tradition doit être ancienne, étant commune aux dans fractions de rÉglise.

sien d'accomplir de tels actes dans le tourbillon de la vie mondaine. Gomme cependant le religieux, à un certain point de vue, est comparable à un Bodhisatva s'efforçant d*atteindre à la perfection suprème, on peut dire qu'en ce sens Texercice des Pàramitâs fait encore partie de ses devoirs. Si Ton coiapare les dix vertus parfaites — bienfaisance, moralité, renoncement au monde, sagesse, force intellectuelle ou énergie, douceur ou paiience, véracité, fermeté, amabilité et équanimité, — aux dix signes distinctifs de la justice dans Manu ' : résolution, patience, contmeace, honnêteté, pureté» domination de soi-même, sagesse, science» véracité et douceur, il saute aux ycu]^, que les deux systèmes sont étroitement apparentés. Au sujet de ces vertus, il est expressément remarqué qu'elles doivent être pratiquées par les brahmanes dans les quatre périodes de la vie, et que les brahmanes qui comprennent ces vertus et qui, après les avoir comprises, les pratiquent, arrivent au degré suprême {paramâgati). Gomme paramâ gati et pâramitâ sont des expressions grammatica* lement très étroitement apparentées, il est probable que la concordance des termes n'est pas due au hasard.

L'aperçu le plus complet des devoirs moraux — dans le sens le plus large — pour de simples laïques, se trouve dans un écrit intitulé l'Enseignement à Sigàla, dont il existe une rédaction double, Tune septentrionale, l'autre méridionale. De la première, nous ne connaissons qu'une partie par une traduction ^ ; en voici le contenu :

« Un jour, le Buddha séjournait sur le mont Kukkuta. A cette époque, il y avait un jeune homme de bonne maison, 432 nommé Sigâla *, qui s'était levé de grand matin pour arranger ses cheveux, se baigner et mettre ses plus beaux habits. Ainsi paré, il se dirigea vers l'Est et se courba quatre fois vers la terre ; puis, il fit la môme chose, le visage tourné vers

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