‹ Histoire du bouddhisme dans l'IndeChapitre 185 sur 196 · En résolvant ses doutes · texte numérisé non relu

En résolvant ses doutes

6. En lui montrant le chemin qui mène à la béatitude. Après cette liste, vient la conclusion du sermon : « En

agissant ainsi, on s'assurera la paix et la sécurité dans les six points de Tespace. Celui qui honore ces six points, sera apte à accomplir les devoirs d'un maître de maison, et aura de la considération. Libéralité, politesse, amabilité et désintéressement : ces vertus sont pour la société ce qu'est l'esse pour la roue d'un char. » — A la suite de ce sermon, Sigftla se convertit et fut admis comme laïque croyant.

Dans la liste donnée ci-dessus on reconnaît facilement une anthologie de préceptes, qui sont admis, non seulement dans rinde, mais dans toute société qui n'est pas tout à fait barbare. Ce qui fait la valeur de la liste, ce n'est pas tant son contenu, que le choix intelligent des préceptes essentiels, le soin avec lequel on a écarté tout ce qui est superflu, ce qui ne pourrait servir qu'à certaines sectes ou classes de la société. Le but principal du sermon est de prouver que les cérémonies extérieures * ne signifient rien, qu'il ne s'agit 438 que de se conduire dans la vie, dans toutes les relations de l'existence, d'une façon irréprochable.

Pour ce qui est des préceptes moraux en vers, qui s'adressent plutôt au cœur qu'à l'intelligence, on peut dire qu'on les trouve assez fréquemment dans les écritures sacrées des Bouddhistes. Ces sentences versifiées se distinguent de la masse immense de la poésie gnomique des Hindous, moins par le contenu que par un choix intelligent de ce qui peut être utile au public, de ce qui a la tendance la plus générale. Môme dans les cas où les sentences ont une teinte ecclésiastique prononcée, un non-croyant peut les lire avec édi^ fication. Que le lecteur juge lui-même si cette appréciation n'est pas applicable aux strophes qui suivent * :

1. Mangala-Sutta dant Rhuddaka-Pâtha, publié par CSiiiden dana/Mifiicl royal Asialic Society, IV, 2 (nouvelle série) aiec tradueUon. Comp. Rhja Davids, Buddhism, 127.

Ne pas servir les sots, Mais bien servir les sages, Honorer celui qui est honorable :

C'est la plus grande bénédiction ^.

Demeurer dans un pays agréable,

Avoir fait de bonnes œuvres dans une existence antérieure,

Vouloir intérieurement le droit :

C'est la plus grande bénédiction.

Posséder le savoir et Tart, Être bien instruit dans la discipline Et dans la parole éloquente :

C'est la plus grande bénédiction.

Honorer père et père, Entretenir femme et enfant, Exercer une profession paciflque :

C'est la plus grande bénédiction.

Être généreux et marcher dans la voie de la justice, Avoir soin de ses proches, Agir d'une façon irréprochable :

^39 C'est la plus grande bénédiction. *

Haïr le péché et l'éviter,

Et s'abstenir de liqueurs fortes.

Et être zélé pour remplir ses devoirs :

C'est la plus grande bénédiction.

Être patient et aimable, Rechercher la société des ascètes.

Parler à propos de la religion :

C'est la plus grande bénédiction.

Mener une vie austère et chaste, Pénétrer les (quatre) grandes vérités, Kt réaliser le Nirvana :

C'est la plus grande bénédiction.

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