‹ Histoire du bouddhisme dans l'IndeChapitre 22 sur 196 · Ou ; vertus parfaites, pârami · texte numérisé non relu

Ou ; vertus parfaites, pârami

LE BÜDDHA 75

lente que la terre se déchira et que les flots touchèrent jusqu'aux sommets des arbres sans réussir cependant à mouiller d'une seule goutte le vêtement du Grand Homme. Puis il fit tomber une pluie de pierres ^ ; d'immenses blocs de rocher, fumants et embrasés, traversaient lair, mais retombaient aux pieds du Bodhisatva sous forme de guirlandes de fleurs célestes ^ Il en fut de même d'une pluie d'épées, de couteaux, de lances et d'autres armes analogues, qui suivit. Il en fut encore de même d'une pluie de charbons ardents. Une pluie de cendres chaudes tomba devant les pieds] ' du Bodhisatva sous forme de poudre de santal. Une pluie de sable brûlant et une autre de boue n'eurent d'autre résultat que la transformation des grains de sable en fleurs et de la boue en huile parfumée. Enfin, Mâra suscita une obscurité profonde; mais à peine celle-ci avait-elle atteint le trône du Bodhisatva sous la forme d'une masse compacte détachée d'une grande armée, qu'elle disparut comme chassée par les rayons du soleil *.

* Le Prince des Ténèbres, voyant l'échec de tous ses 69 efforts, cria à sa suite : a En avant! pourquoi tarder? saisissez le prince ! tuez-le, détruisez-le ! » Après avoir donné cet ordre, assis sur son éléphant Girimekhala, et tenant son disque à la main, il s'avança vers le Bodhisatva, s'écriant : « Siddhârtha ! quitte ce siège ! il n'est pas à toi, mais à moi ! » Le Grand Homme répondit : « Mâra ! tu n'as pas acquis les dix Perfections, ni les inférieures, ni les supérieures ; tu n'as pas accompli non plus les cinq sortes de grand renoncement ; tu n'as pas recherché la science, l'intérêt général

1. Les mots qui signifient « pierre » étaient aussi employés jadis pour désigner les dents de la foudre, les « pierres du tonnerre. »

2. Par « guirlandes célestes >», on entend les foudres qui serpentent dans le ciel.

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