Lalitav
rive du Gange, la rivière était très haute. II se rendit donc au bac pour se faire passer, mais le maître du bateau dit : « Paye d*abord ton passage, Gautama !» — « Je n'ai pas de quoi payer, cher monsieur », répondit le Tathàgata, et immédiatement il vola à travers les airs vers Tautre rive. Le passeur se repentit de n'avoir pas transporté un personnage aussi vénérable et tomba par terre se lamentant et perdant connaissance. * Un camarade du batelier fit rapport au roi 83 Bimbisâra de ce qui s^était passé, disant : « Un moine. Sire! un Gautama à qui Ton demanda de payer son passage déclara qu'il n'avait pas de quoi payer, puis a volé à travers Tair vers Tautre rive. » Le roi, en apprenant ceci, affranchit, à partir de ce moment, tous les moines du droit de passage sur la rivière.
Vers le soir, le Tathàgata arriva à Rshipatana. Lorsque les Cinq le virent arriver de loin, ils s'écrièrent : « Voilà qu'arrive le vénérable ascète Gautama qui a certainement renoncé à son régime par trop sévère, car il a l'air bien portant, florissant et brillant comme de l'or ^ Ils convinrent sur cela qu'ils n'échangeraient pas avec lui les politesses ordinaires, comme salutations, etc.; on lui demanderait seulement de prendre place; on ne pouvait faire moins, car, après tout, il était toujours le fils d'honnêtes gens et avait, par conséquent, droit à ce peu d'égards. Le Seigneur qui, par son omniscience, avait pénétré leurs plus secrètes pensées, fit en sorte que, malgré eux, un sentiment d'affection s'empara d'eux, de sorte qu'ils ne tinrent pas compte de ce qui était convenu. Ils le saluèrent, se levèrent de leurs sièges afin d'aller à sa rencontre, en un mot ne négligèrent aucune des politesses habituelles ; mais ne sachant pas encore qu'il était un Buddha parfait, ils ne l'appelèrent que par son nom et par le titre de « cher monsieur », comme on fait quand on parle à ses égaux ou à ses inférieurs. Alors le