‹ Histoire du bouddhisme dans l'IndeChapitre 28 sur 196 · Premièbe prédication · texte numérisé non relu

Premièbe prédication

Après avoir séjourné encore quelques journées près du siège de la Science sous le figuier et y avoir vécu d'aumônes,

1. L'expression dharmacakram pravarlayali est comprise par les Tib<^tains c<miiiie si elle signifiait » tourner la roue de la Foi (de la Loi) ». Cette explication n'est pas tout à fait inexacte, mais seulement à nioitió vraie; cakram signifie ici : « cercle, domaine, empire » ; pravarlayali : « faire marcher en avant, commencer ». Les Bouddhistes plus anciens savaient très bien que Texprcssion ^'tait empruntée à la langue de la politique ou du droit ; c'est ainsi, par exemple, qu'il est dit ÏMlilav.^ 4i4 : « Je serai un roi, un souverain qui maintient le gouvernement de Tordre, muni de toutes les capacités. H

il prit la résolution d'être à Bénarès le jour de pleine lune du mois Âshâdha (juin-juillet). Le 14, il se leva aux premières lueurs du jour et parcourut un chemin de 18 lieues, de sorte qu'il arriva encore le même jour, vers la soirée, à Rshipatana près de Bénarès.

82 * Avant d'arriver à destination, il eut, chemin faisant, une rencontre avec un certain Upaka, moine de Tordre des Âjîvikas. La rencontre eut lieu à moitié chemin entre Gayâ et Tarbre de la Science. Upaka, frappé par l'aspect du Seigneur, dit : « Que vos sens sont joyeux, Gautama! que votre teint est pur, clair et jaune de reflet! De même que le mois d'automne est clair, sans nuages, brillant, de même votre rond visage! Chez quel maitre le Seigneur Gautama a-t-il fait ses études? »

Le Seigneur répondit : « Je n'ai pas de maitre ; mon pareil n'existe pas : seul, je suis parfaitement sage, calme, immaculé. » — « Vous déclarez donc que vous êtes grand-maître? reprit Upaka. — « Oui, moi seul je suis maître (et : souverain, indicateur) dans ce monde; je suis l'Être Suprême; parmi les dieux, les démons et les esprits, nul n'est mon semblable. » — Comme Upaka demanda encore : « Vous déclarez donc être un Jina? » la réponse fut : « Oui, je suis le Jina éternel et ceux qui, comme moi, anéantissent l'impureté sont aussi des Jinas. Je veux aller à Bénarès, afin de battre le tambour qui doit réveiller le monde à la vie éternelle; afin d'y faire continuer la marche de l'Ordre (et : de mettre en mouvement l'empire de la Loi) ». Sur quoi, Upaka prit congé et le Seigneur continua sa route *.

Quelques-uns * veulent qu'au moment où il arriva à la

1. Cette rencontre, mentionnée en quelques mots dans le Jdtaka^ est surtout décrite dans le Lalilavislara^ dont l'écriture sainte des Bouddhistes méridionaux, Mahâvagga^ I, 6, ne s'écarte que dans de petits détails. Des ouvrages de Hardy et de Bigandet, il ressort également que, sur ce point, la tradition méridionale ne s'écarte que très peu de celle du Nord.

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