Pdli : Veluvana, c'est-à-dire bois de bambous
1 . En pâli : Sàriputta et Moggallâno . Le premier s'appelait réellement Upatishya, et fut appelé Çâriputra d'après sa mère ; il est aussi connu sous le
LE BUDDHA ' iÔl
s'étaient tous les deux attachés au professeur Sanjaya, * afin d'arriver à Timmortalité.
II arriva une fois que Çâriputra vit passer le vénérable Père Açvajit *, et qu'il lui entendit réciter la formule « ye 93 dhammâ hetuppabhavâ », etc. *. En entendant ces paroles, Çâriputra fut tellement frappé, qu'il atteignit au premier degré de sanctification. Immédiatement, il chercha son compagnon Maudgalyâyana, qui en le voyant venir de loin, s'écria : « Comme tes sens sont réjouis ! comme tu as l'air brillant ! as-tu trouvé l'immortalité (ou : le breuvage d'immortalité?) ». — « Oui », répondit Çâriputra joyeux, et il raconta ce qui était arrivé. C'est ainsi que les yeux de Maudgalyâyana, lui aussi, s'ouvrirent à la vérité.
Les deux moines résolurent d'aller voir le Buddha, accompagnés de leurs nombreux disciples, et ils invitèrent également Sanjaya à servir le Seigneur. Mais celui-ci refusa, et essaya même de détourner les deux compagnons de leur projet, en leur proposant de s'associer avec lui pour diriger en commun la communauté. Ses efforts échouèrent contre leur constance ; le sang chaud lui sortit de la bouche ; mais eux et les leurs se hâtèrent d'aller trouver le Buddha. Celuici, dès qu'il les vit arriver de loin, dit à ses disciples : « Moines ! ces deux formeront le couple béni qui sera placé à la tète de tous mes disciples. » Bref, Maudgalyâyana reçut la dignité de Maître au bout d'une semaine et Çâriputra au bout de quinze jours.
nom de Çaradvatiputra, et plus tard sous le surnom de DharmasenÂpati, c'est-àdire « Chef (ou Généralissime) de TOrdre (Loi) ». Le second, plus tard célèbre sous le nom de Maudgalyâyana le Grand, s'appelle aussi Kolita. On trouve plus de détails sur leur histoire antérieure chez Scbiefner, 25ô.
2. Chez les Septentrionaux, Sanjayin. A son lit de mort, Upatishyftlui demanda le breuvage de l'immortalité, mais Sanjayin déclara ne pas le posséder et le renvoya au Buddha; c'est du moins ce que raconte la biographie tibétaine chez Scbiefner, 256; comp. Hardy, 495.
1. Nous traiterons plus loin (t. I, p. 285) de cette formule bouddhique bien connue.
ie2 HISTOIRE DD BOUDDHISME DANS L'INDE
Le nombre croissant des conversions finit par causer du mécontentement parmi les habitants du pays de Magadha, car ils craignaient que tous les jeunes gens de bonne famille n'entrassent en religion, tout homme qui devient moine 94 étant perdu pour sa famille, * Les disciples s'inquiétèrent de ces bavardages, mais le Maître les tranquillisa en disant que toutes ces rumeurs ne dureraient pas plus longtemps qu'une semaine. C'est ce qui arriva *.
Pendant le séjour du Seigneur dans le Bois des Bambous, il eut une rencontre avec un certain Kâçyapa (connu plus tard sous le nom du « Grand Kâçyapa »), rencontre dont parle une des traditions '. Un certain brahmane, Nyagrodhaketu (c'est-à-dire « comète ou flambeau du banian »), demeurant au Village des Banians, eut un fils, Kâçyapa, qu'il maria, contre son gré, avec une jeune fille brahmanique de Yaiçâli. Les époux habitèrent pendant vingt ans la même maison, sans avoir jamais commerce ensemble. Après la mort de leurs parents, ils vendirent leurs biens et entrèrent en religion. La femme se fit admettre dans la secte des religieux « qui vivent nus », sous la direction du Pûrana-Kâçyapa ^; son mari devint un disciple de Tathâgata, et changea d'habit avec celui-ci. Au bout do neuf jours, il obtint la dignité deMaitre< Le Seigneur l'appela le plus parfait de ceux qui joignent à l'indifférence pour le monde un contentement purifié.
1 . Le biographe birman (chez Bigandet, I, 162) raconte que Tavancement rapide des deux nouveaux convertis, ainsi placés au premier rang, excita la jalousie des autres disciples, de sorte que quelques-uns s'oublièrent jusqu'à parler de partialité. Le Buddha les réprimanda et révéla le fait que les deux nouveaux-venus avaient déjà dans le passé rendu les plus grands honneurs au Buddba de ce temps-là.