Dans la biographie tibétaine, chez Schiefner
gadhâ, la fille d'Anâthapindika : elle avait été donnée en mariage à un boui^eois de la ville de Pundravardhana, située à une distance de 90 lieues (à TEst) de Çrâvastî. Elle sut obtenir de sa belle-mère, qui vénérait les Moines Nus, la permission d'inviter le Buddha à venir chez elle. Pleine de joie, Sumâgadhâ monta à Tétage supérieur de la maison, puis, le visage tourné du côté du Jetavana, elle fit un sacrifice de fleurs, en versant de Teau d'une aiguière d'or et en prononçant les paroles: « Seigneur! souvenez- vous de moi qui suis privée des trois Joyaux dans ce pays de barbares ! Veuillez paraître ici accompagné de la Congrégation. » Le sacrifice s'éleva dans l'air et retomba devant les pieds du Maître. Immédiatement, il ordonna à Ânanda de distribuer leurs marques ' aux disciples versés dans la magie, et le lendemain matin ceux-ci volèrent à travers les airs vers l'endroit où Sumâgadhâ était assise avec son mari et ses beaux-parents. « Est-ce là ton maître, Sumâgadhâ? ». — Elle répondit : « Celui qui est assis dans un char, lançant des éclairs et de la pluie, est Kaundinya ; celui qui trône sur la montagne couronnée de fleurs est Kâçyapa le Grand ; celui sur le chariot attelé de lions, est Çàriputra; celui qui chevauche un éléphant est Maudgalyâyana ; celui qui est assis sur le lotus d'or est Âniruddha ; celui sur un char tiré par le Garuda ' est Pûrna, le fils de Maitrâyanî ; celui qui chevauche le nuage est Açvajit ; celui qui s'appuie contre un bosquet de palmiers est Upâli ; celui qui se repose sur un palais de lapis lazuli est Kâtyâyana ; celui qui est assis dans le char attelé de taureaux est Koshthila; celui dans le char traîné par un cygne est Pilindavatsa ; ce promeneur dans la forêt est Çronakoti- 177 vimça; celui qui paraît sous la forme d'un Cakravartin%
2. Ces marques servent à des usages divers : tantôt ce sont des cartes ou signets, tantôt elles servent, à prédire Tavenir ou à effectuer des opérations magiques.
3. L'oiseau de Vishnu, originairement Téclair qui vole à travers les airs.
(tourneur de roue et lanceur de disque) est Râhula^ » A la fin, le Seigneur lui-même parut, répandant autour de lui un rayonnement et accompagné des anges de la lumière. La maison se transforma en cristal ', et le Seigneur, après avoir conduit mainte personne dans le chemin du Dharma, retourna à Çrâvasti.
Vers cette époque, on faisait dans le pays grand bruit au sujet d*un certain brahmane, dont le nombril répandait de la lumière en forme d'une lune. Les hérétiques, dont il suivait la secte, le faisaient voir dans toutes les villes et villages comme une preuve vivante de leur propre pouvoir miraculeux. A la fin ses amis ramenèrent au couvent de Jetavana. A peine avait-il paru dans la présence du Seigneur que la lumière de son nombril s'éteignit. Il partit assez vexé; et voilà, à peine avait-il franchi le seuil, que la lumière fut de nouveau visible. Le même phénomène se répéta jusqu'à trois fois, de sorte que le brahmane ne pouvait plus douter de la puissance supérieure du Buddha. Il crut attribuer cette supériorité à quelque formule magique, et pria par conséquent le Seigneur de lui communiquer cette formule. Mais le Seigneur déclara qu'il n'employait aucune formule. « Je ne possède qu'une seule force », dit-il ensuite, « celle que j'ai obtenue au pied de l'arbre de la Science (du Réveil), pendant les sept semaines que j'y ai passées. Sachez que votre lumière, qui a attiré l'attention de la foule, vous a été départie comme récompense du sacrifice d'un diadème en forme lunaire que vous avez jadis offert au Buddha. Cette récompense de votre bonne œuvre est cependant périssable ; écoutez donc ma doctrine, celle-là vous assurera une récompense éternelle. » Le Brahmane fut saisi et suivit le Seigneur.
1. Le dénombrement des héros est un épisode fréquent des antiques épopées^ par exemple de l'Iliade et du Bhârata.