‹ Histoire du bouddhisme dans l'IndeChapitre 59 sur 196 · C est-à-dlre passage à un état différent, métamorphose · texte numérisé non relu

C est-à-dlre passage à un état différent, métamorphose

3. Nous avons suivi la biographie birmane chez Bigandet, I, 254. Le récit chez Hardy f 249, s*en écarte beaucoup ; bien qu'il ait conservé quelques traits mythiques qui manquent dans Tautre rédaction, la tendance morale y est beaucoup plus visible, nous voulons dire la tendance à prouver qu'un homme qui devient moine commence une nouvelle vie morale. Le moine est mort au monde, n'a plus ni père, ni mère, ni parents, s'est délivré des liens de famille, est devenu membre d'une nouvelle société spirilutlle.

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broussaille près du couvent de Jetavana. Les hérésiarques furent les premiers à manifester leur indignation au sujet du crime commis et mirent tout sens dessus dessous pour parvenir à la découverte du cadavre de la femme assassinée. Lorsqu'il fut trouvé près du couvent, les hérétiques exigèrent qu'une sévère instruction judiciaire fût dirigée contre le Buddha. Heureusement, leur plan fut déjoué par l'imprudence des assassins, qui, réunis dans un cabaret et échauffés par les liqueurs fortes, se querellèrent entre eux et se reprochèrent mutuellement l'assassinat. Immédiatement, ils furent arrêtés par la police et conduits devant le tribunal royal. A la demande du roi s'ils étaient les meurtriers de Sundari, les gredins avouèrent pleinement. Ils déclarèrent également qui étaient ceux qui les avaient payés pour commettre le crime. Le roi donna l'ordre de mettre à mort les assassins aussi bien que les instigateurs du crime. On les enterra vivants jusqu'à la hauteur du diaphragme, puis on les recouvrit de paille à laquelle on mit le feu, de sorte qu'ils périrent misérablement. — Le Maître raconta à cette occasion que l'accusation calomnieuse à laquelle il avait été exposé, avait été le châtiment d'une faute qu'il avait commise dans une existence antérieure : il s'était une fois grisé de liqueurs fortes et avait, dans cet état, insulté et calomnié un saint personnage '.

Pendant un de ses voyages, le Seigneur convertit un brahmane, qui lui demanda : « Sage Maître ! qu'a fait le grand Brahma pour se rendre digne de la grande gloire qui rayonne autour de lui et de la béatitude insurpassable dont il jouit »? — Le Seigneur répondit : « le grand Brahma a, durant plusieurs existences, distribué libéralement des aumônes aux 175 nécessiteux*, a sauvé maint homme de la misère et donné de

i. Avadâna Kalpalatd, 50; üddna^ p. 43.

rinstruction aux ignorants. Ce sont ces actions vertueuses qui lui ont valu le rang prééminent qu'il occupe. »

Vers cette époque, Anâthapindika maria sa fille au fils d'un vieil ami dans le pays d'Aiiga. Comme le digne maître de corporation craignait que sa fille, dans cette terre étrangère, au milieu des hérétiques, ne devint chancelante dans la foi du Seigneur, il eut soin de la faire accompagner d'un grand nombre de suivantes. Lorsque la fiancée fut arrivée à destination, après un long voyage, elle fut invitée par son beau-père à rendre visite^ accompagnée de lui et de sa femme, aux docteurs de sa secte et à leur présenter ses hommages. Or, ces docteurs appartenaient à la secte des Moines Nus, dont Tapparence indécente et malpropre inspira un tel dégoût à la jeune femme, qu'elle refusa de les regarder, et plus encore de les saluer. Son beau-père en fut d'abord très irrité, mais elle resta inébranlable, et en présence de sa belle-mère et d'autres dames de la ville, elle sut si bien dépeindre les perfections du Seigneur et de ses disciples, que toutes sentirent naître le désir de voir Buddha.

Le Seigneur qui, dans l'heure matinale, de son œil qui voit tout, contemplait ce qui se passait dans Jambudvîpa, découvrit immédiatement ce qui se passait dans ce pays lointain. Immédiatement, il convoqua cinq cents de ses disciples et vola avec eux, à travers les airs, au parvis devant la demeure du beau-père de la jeune femme. Tous ceux qui étaient là présents contemplèrent avec ravissement le Buddha, tel qu'il se manifestait à leurs yeux. Il leur prêcha ensuite la Loi *, et toute la famille se convertit, en même 176 temps que beaucoup d'autres personnes de la ville. Après y avoir laissé Anuruddha pour achever l'œuvre, le Maître retourna rapidement à Çrâvastî.

Une autre tradition * raconte ce qui suit au sujet de SumA-

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