‹ Histoire du bouddhisme dans l'IndeChapitre 96 sur 196 · Burnouf, Introd,^ 458; Roeppen, Religion des Buddha · texte numérisé non relu

Burnouf, Introd,^ 458; Roeppen, Religion des Buddha

i. Dans VAvaddna Çataka, chez Burnouf, passage cité.

LE fiUDDUA 2^9

il en existe cependant une compréhension quadruple, selon la différence d'intelligence chez les auditeurs '. De là la division officielle de la philosophie du Bouddhisme septentrional en quatre écoles principales. La vérité générale du principe ne sera déniée par personne, mais il ne s'ensuit pas qu'il soit recommandable de donner à la pensée une forme telle que chacun soit obligé d'en deviner le sens.

La recherche de Téquivoque, plus ou moins propre à toute sagesse indienne, n'est pas toujours la conséquence du désir de rester inattaquable quoiqu'il advienne, comme c'est le cas, par exemple, pour le langage de l'oracle de Delphes. Bien souvent, suiiout dans le langage imagé de la mythologie, on parle en énigmes, parce que la vérité, présentée sous forme énigmatiquo, était censée ne posséder de la valeur que pour celui qui était lui-même capable de deviner l'énigme. * De môme le langage équivoque des écrits bouddhiques doit 278 probablement s'expliquer en partie par le principe qu'il est inutile d'exposer des vérités à ceux qui n'ont pas la pénétration nécessaire pour découvrir la véritable intention.

Los considérations qui précèdent nous donnent, à ce que nous croyons, le droit de prétendre qu'il est très difficile de résumer en une seule formule la conception de Buddha, telle qu'on la trouve chez des écoles et des sectes diverses, séparées dans l'espace et dans le temps. Les Bouddhistes du Sud, et les moins avancés parmi les Bouddhistes du Nord, on peut railirmer, d'après les données aujourd'hui connues,

2. SarvadarianaSangvaha, 9. Comparez Vassilief, Buddhismus 130 : « Auniiip école n'osa rejeter, comme n'étant pas attribuables au Buddha, les 5ùtras qui ne s'accordaient pas avec ses idées à elle; on se contenta de dire (|uils n'étaient pas développés sous forme d'une vérité absolue, et cette (lortriiie des « deux signiûcations m fut développée par chaque école conforni* inent à son propre système. » — Le Vedànta connaît aussi une double vérité, l'une supérieure, l'autre inférieure; mais cette division repose sur un autre principe.

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parlent du fondateur de leur doctrine comme s'il était un homme. Mais en même temps les attributs et les noms qu'ils lui donnent contredisent absolument cette idée. Par conséquent, il n'est pas vrai qu'il est un homme et il n'est pas vrai non plus qu'il n'est pas un homme ; on ne peut pas dire non plus qu'il est et en même temps qu'il n'est pas un homme. Ce qui revient à dire : à certains égai*ds, il est un homme; à certains égards il n'est pas un homme ; à certains égards il n'est ni Tun ni l'autre.

Si nous considérons la conception du Buddha au point de vue du développement historique, nous arrivons à ce résultat: le Tathâgata est un Dieu, mais un Dieu mort. L'Eglise, qui avait pour base l'athéisme, ne pouvait plus reconnaître le Dieu du Jour et du Temps comme tel. Elle le fît donc mourir avant le commencement de l'ère du salut, de la lumière spirituelle. En un certain sens, le grand Luminaire du monde continua à exister, comme soleil matériel, et l'on avait donc le droit de dire que le Tathâgata continuait à exister comme Dharmakâya, comme Corps de l'Ordre ^ Comme l'Eglise s'appropriait les préceptes que le temps avait distribués aux générations antérieures pendant une série de siècles, elle pouvait admettre comme patron idéal ce Temps antique, qui avait atteint le Nirvûna avant le commencement de l'âge moderne. De môme, les matérialistes indiens, les Cârvâkas 279 ou Lokâyatikas, * reconnaissaient comme patron et source idéale de leur doctrine le dieu de la Raison, Brhaspati, sans qu'ils crussent pour cela à sa divinité, ou à la possibilité que l'ouvrage où leur doctrine est exposée fût réellement l'œuvre de Rrhaspali. Sans doute, les fils de Ruddha ont de plus en plus compris comme une plate réalité ce qui avait d'abord un sens purement allégorique. Au lieu de croire à un Être suprême infiniment bon, ils croient à un Homme suprême infiniment bon, auquel ils sont attachés, auquel leur pensée

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