Schmidt, Ueber das Mahâyâna
'3. Comparez les phrases suivantes de la I^rojnd-Pdramita, daoa Bumouf,
' Il est difficile de réfuter la théorie générale des Mftdhyamikas dès qu'on admet les principes généraux du Bouddhisme. D'un autre côté, il faut remarquer que la dialectique bouddhique possède un excellent moyen pour énerver toute conséquence logique. Ce moyen revient & peu près à la défense de prononcer un jugement quel qu'il soit. Il n'est pas permis — c'est ce qu'enseigne à peu près le Tathftgata, — de dire « tout cela me platt », ni a tout cela me déplaît » ; ni « cela me platt et ceci me déplaît ». Autre exemple : c'est une hérésie de dire : « le monde est fini », mais c'en est une autre de dire : « le monde n'est pas fini » ; et il est tout aussi peu permis de déclarer : « le monde n'est ni fini ni pas fini ^». Nous n*avons pas besoin de deviner les motifs qui ont amené 277 la philosophie bouddhique à formuler ces règles; *on nous les explique clairement *, et elles reviennent à ceci : un véritable disciple du Seigneur doit se garder d'admettre Tune de ces trois opinions, car s'il en admet une, il sera en désaccord avec les deux autres. De ce desaccord naîtra la discorde, et de la discorde, l'inimitié. Dans la conviction bien nette que l'adoption d'une des trois opinions entraînera le désaccord, la discorde et l'inimitié, le véritable disciple renonce donc aux trois opinions et n'en adopte aucune autre. De cette manière on peut abandonner et quitter une opinion sans en admettre et en adopter une autre.
Il existe encore une autre règle qui a pour but de préserver la concorde parmi les frères, à savoir celle-ci : que les mêmes paroles peuvent produire une impression différente sur des auditeurs différents. Pour les Bouddhistes, il est certain que, bien que la doctrine du Seigneur Buddha soit une,
Jnlrod.f 481 : « Je ne reconnais ni ne vois une Perfection de la sagesse. Je ne reconnais ni ne vois d'omniscience » ; et : • le nom de Buddha, ô Seigneur, n'est qu'un mot ; le nom de Bodhisatva, ô Seigneur, n'est qu*un mot; le nom Perfection de la sagesse n'est qu'un mot. o