‹ Histoire du Brésil français au siezième siècleChapitre 34 sur 40 · A LA REINE MERE · texte numérisé non relu

A LA REINE MERE

Madame, vous entendres por ce pourteur, lequel vous connesés, l'arrivée de nions, de Guise, qui a esté à ce soyr en ceste ville de Sans, et des troupes qu'il a avecque luy ; il faict estât de bientost aie trouvé le Roy et vostre maiesté. Et pour se, Madame, que vous m'avès commandé vous tenyr avertie de ce qui conserne le servysse du roy et vostre, atandant que ia se bien et onneur nous soye par plus emplement vous faire antandre se discours, ie vous dire avoir laisé mons. le cardinar et d'autres bien faschés du comraandeman que vous leur faicttes d'aller trouver mons. le maréchar à Vès, et quant au sieur cardinar, il m'a asuré qui n'iera poynt, comme ie panse qui vous l'a escript ; quant à l'autre il dit qu'il iera, mes qui ne veut estre commandé

(1) Bibl. nat. collection Harlay, n° 318 fol. 3G 22.

du dit sieur maréchar, pour estre trop plus vieus cappittaine que luy, mes qui fera le voyage. Or, madame, pour se qui me sanble, sauf vostre bon avis, que en toutte sesdisputtes il n'y a rien de l'avansement du service du Roy et vostre, et que le tans n'est propre à débatre cela, il me sanble, si vostre maiesté l'a agréable, sans toutte foys que ie soys si vous plaict alégué, que vous ferès bien leur en faire une bonne despêche et mêmes audit sieur Gardinar. Car, pour vous parler librement, ié bien connu que, sy vous ne le repattriés, que sa bourse et crédit n'aura plus de vigueur, et ne se voudra mêlé de rien, qui ne vyendret pour le présan à propos, car iusque icy il n'a rien espargné ; mes maintenant il let faurt fret(l). Comme ie vous discoure quand il vous plaira me commandé vous aie trouvé, ce que i'use faict sans des aucasions que me commandastesau party de demuré ici, etatandre le passage dudit sieur de Guyse, se que ié fais, dont ie espère vous rendre bon conte de tout. Et en attandant ie prie Dieu, vous donner en santé bonne et longue vie.

De Sans, ce XXIIIe au soyr de novanbre 1567.

Quant à l'Alemaigne, pour le prèsan ie ne vous em puy randre bien serttene, pour n' estre mon homme de rettour; bien es-ie entandu que le comte de Mansfaict (2) a déia troys myle bons restre pour le Roy son maistre, qui sont déia à la duché de Lussambourg.

Quant à seuls des ennemys, à présant ie ne vous en dire rien, si ce n'est qui n'y a rien de pressé qui puisse estre dans vostre reaume de tout se moys ny du disyème de l'autre, à ce que m'a asuré le segrétaire du duc X estans à Troys.

ViLLEGAIGNON.

(1) Sic Peut-être faut-il lire il est fort froid.

(2) Mansfeld.

Lettre XVI (1)

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