‹ Histoire du Brésil français au siezième siècleChapitre 36 sur 40 · A LA DUCHESSE DE FERRARE · texte numérisé non relu

A LA DUCHESSE DE FERRARE

Madame, après que Monseigneur vostre (3) nepveu eut entendu la prinse du chasteau de Dieu, se résolut de faire effort de le reprendre, et craignant que ce fust une entreprinse qui regardast de plus loing, luy a pieu m'envoyer en ce lieu de Montereau, pour y prendre garde et aux villes oirconvoisines de ceste riuière, puis entendre à l'expugnacion dudit lieu, dont i'espère faire bonne issue; s'il ne leur vient aultre force que celle du chasteau, dont ilz ont espérance, par le moïen de leurs confrères qui sont tant en vostre ville (4) que aultres lieux qui sont en vostre obéissance, chose que n'entendez, ne vouklriez contre le Roy favoriser telles entreprises, ainsi que i'ay assuré mon dict seigneur et son conseil, ayant de si long temps congnoissance de vostre vertu et zèle inestimable au lieu de la couronne. le ne vous useray d'aultre langaige persuasif de destourner si sinistres desseings, qui sont ceulx de ces pauvres incensez, saichant que ce seroient parolles perdues et que de vous mesmes les aborrez et blasmez aultant que le Roy pourroit souhaiter.

(1) Bibl. nat. ancien fonds français, n° 8735, fol. 30.

(2) Renée de Ferrare, deuxième fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne, de retour en France depuis 15G0, s'était déclarée protestante, et avait accueilli ses coreligionnaires dans son château de Montargis. Elle mourut en 1575.

(3) Henri d'Anjou, plus tard Henri III.

(4) Il s'agit du château de Montargis.

C'est l'endroict, Madame, où ie supplieray le créateur vous donner très longue et heureuse vie.

Vostre très humble et obéissant serviteur,

VlLLEGAIGNON,

De Montereau, fault Yonne, 4 mars 1869.

PIÈGES JUSTIFICATIVES. ÏSl

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