‹ Histoire du Brésil français au siezième siècleChapitre 40 sur 40 · COPIE D'UNE LETTRE · texte numérisé non relu

COPIE D'UNE LETTRE

MISSIUE ENUOYEE AUX GOUUERNEURS DE LA ROCHELLE, PAR LES CAPITAINES DES GALLERES DE FRANCE, SUR LA VICTOIRE QU'ILS ONT ORTENUE CONTRE LES MORES ET SAUUAGES , FAISANT LE VOYAGE DE L'iSLE DE FLORIDE ET DU RRESIL.

ENSEMRLE LES MANIERES DE VIURES TANT DES MORES QUE DES SAUUAGES, PLUS LA TRAISON QU'A VOULU FAIRE UN SOLDAT DES NATURES FRANÇOISES, SE DISANT TRUCHEMENT TANT DES FRANÇOIS QUE DES SAUUAGES.

Suyuant la coppie imprimée à la Rochelle, par Iean Portau.

Copie d'une lettre envoyée au gouverneur de la Rochelle par les capitaines des galleres, faisant mention des assaulx et combatz qu'ils ont soutenuz, faisant le voyage de l'isle de Floride et de plusieurs autres isles des Saunages.

Monseigneur , ayant prins congé de vostre excellente et notable personne, nous nous meismes en deuoir d'accomplir nostre voyage avec toutes noz gardes et ensemble tous nos forsaires, qui estoient en nombre plus de cinq cens, pour en bref temps approcher de l'isle de Floride, dont ayant bien

(1) Archives curieuses de l'Histoire de France, (lre série, t. ix, pages 327-339.

continué de voguer l'espace de trois sepmaines ou plus passées, vers une contrée que les habitans d'icelle nommoient Garsique, où nous primes complot tous ensemble de prendre repos pour le soulagement de noz forsaires, l'espace de trois iours, dont es environ de ceste contrée estoient en embusquade quelque quantité de gensclarmes, tant sur mer que sur terre; lesquels, ayant veu nostre train si ample et puissant nous enuoyèrent espionner pour sçauoir à fait quelles gens nous estions, iusques vers nos gallères, dont celui qui fut enuoyé fist pour response à son capitaine que nons estions si bien muniz d'armes que nul de nous ne se donnoit peine de combattre, et que nostre entreprinse estoit de prendre chemin vers l'isle Floride, pour y entrer defaictetde force si besoing en estoit, pour en prendre iouissance toute nostre vie et la vie noz suyuans, et la rendre en l'obéissance du roi de France, lequel est notre souverain Seigneur. Adonc le gouverneur île ceste contrée, estant bien adverti de ce faict, soudainement s'esuertua de s'embarquer avec multitude de Mores et Sauuages pour nous suyure de près et pour faire rompre nostre voyage et entreprise, cognoissant que ladicte isle dès longtemps estoit inhabitable, et que s'il aduenoit qu'elle fust habitée et peuplée d'autre nation que la leur, cela ne leur tournast un iour en grande ruine et perdition, et pour éuiter le danger que pourroit aduenir de leur pays, et que dès lors ladicte isle a esté surprise et descouuerte par les François, ne passoient vers icelle qu'en grande crainte et doubte, dont le plus souvent n'accomplissoient leurs voyages; ce que doresnavant ilz n'oseroient encores moins d'entreprendre d'aller de pays en autre pour l'empeschement des voyes, lesquelles leurs sont fermées et closes, ce qu'ilz ne trouvent faciles, se voyant séparez de leurs voisins. Lors se voyans ainsi frustrez, se sont auancez de plus fort en plus lort de nous suyure et attaindre pour nous faire changer de voye, dont pour nous penser estonner, firent tirer quelques fuzées en assez grande quantité, brusler noz gallères; mais Dieu par sa saincte grâce et miséricorde nous en a gardez ut défenduz. Lors voyant en

nous mesmes que sans cesse nouspoursuyuoient de combattre, nous mismes en deuoir de tirer sur eux, et commençasmes à entrer l'un sur l'autre iusques à nous toucher de fort près, dont demeurasmes en tel destroict bien l'espace de cinq iours, sans auoir aucun relasche de combatre, dont y a eu fort grand meurtre de nos forsaires, bien iusques au nombre de soixante ou quatre vingtz, et du costé des Mores et sauuages y eut aussi grande destruction et meurtres au dedans de leurs nauires, lesquels, pour la quantité des coups de canons que nous leur tyrions sans cesse, ne pouuoient nullement résister, tellement qu'il y en eut deux péries et enfondrées en la mer, sans que iamais ilz sceussent rien sauuer de tout ce qui estoit dedans, dont le courage nous esmeut de plus en plus de les poursuyure, tant que de rechef prismes une de leurs gallères, là où nous trouuasmes le gouuerneur de toute la gendarmerie des Sauuages, homme vaillant et hardy, lequel auoit esté tué d'un coup de canon; qui fut la cause qu'ilz nous abandonnèrent et prindrent autre chemin, voyant tous les principaux chefs et soldatz morts; et de ceux qui sont restez en vie dedans ladicte galère, les auons prins prisonniers et menez par nous en ladite isle, ce qui iascha fort le demourant de leurs compagnies, ce qui leur causa de se retirer de nostre voye, et se sauuer de quelque costé qu'ils peurent. Adone nous, voyant que Dieu par sa grâce nous auoit deliurez de leurs mains, nous eusmes tous bon courage de nous haster d'attaindre ladicte isle, auquel arriuasmes le vingt etuniesmr iour d'aoust mil cinq cens quatre vingts-ung, pour nous y retirer, où en bref temps auons délibéré d'y faire bastir quelques forteresses sur les riuages de la marine et sans aucun séiour y auoir garde tant de iour que de nuict, de peur de quelque surprinse de noz ennemis. Lors estans arrivez en cedict lieu, auons mis noz forsaires en pleine liberté, à celle fin qu'iceux pussent besongner et ouurer de leurs mestiers pour gaigner leur vie les uns auec les autres et trafficquer par ledict pays de quelque marchandise que ce soit, et nous, sortans de l'isle de Floride, prismes nostre chemin pour tirer vers l'isle de Brésil.

49(i HISTOIRE DU BRÉSIL FRANÇAIS.

Nous rencontrasmes si grand nombre de poissons, et de diuerses sortes, que nous pensions eslre tous perdus, voyant la grande troupe et abondance de poissons, et leurs noms sont marsouyns, daulphins, baleines, stadins, dorades, albacorins, pelamides et plusieurs autres sortes de poissons, desquels ie n'ay la cognoissance. Après que nous eusmes passé le danger desdicts poissons, noz eaues nous faillirent, et avions espérance aux ruisseaux d'eau douce ; mais elle estoit tant puante et infecte que nulle inffection tant puante qu'elle soit n'est à y comparer. Quand nous beuuions d'icelle il nous falloit boucher les yeux et estoupper le nez. Quand l'eau douce nous faillit, nous estions encore à mille ou neuf cens lieues du Brésil, estants en ces grandes nécessitez et presque hors de désespoir de arriver au Brésil pour le long chemin que nous auions encore affaire ; le seigneur Dieu nous enuoya si bon vent que nous paruinsmes iusques-là où nous prétendions. Le dimanche matin, le vingtiesme d'octobre, eusmes cognoissance d'une belle isle appellée l'Ascension; nous fumes tous résiouis ds la voir, car icelle nous monstroit où nous estions et quelle distance y pouuoit y auoir iusques à la terre de l'Amérique. Nous poursuyuismes nostre chemin auec ce bon vent ; il ne faut demander si nous eusmes grande ioye et si chacun rendoit grâces au Seigneur, veu la pauvreté et le long temps qu'il y auoit que nous estions partis. Ce lieu que nous descouvrimes est appelle par les Sauuages Parabe; il est habité par les Portugoys et d'une nation qui ont guerre auec ceux ausquels nous avons alliance. Là nous mismes le pied en terre, chantans louenges et actions de grâces au Seigneur ; auquel lieue de cinq à six cens sauuages, tous nudz avec leurs arcs et flesches, nous signifiant en leur langage que nous estions les bien venus, nous offrants de biens et faisants les feu de ioye, dont nous estions venuz pour les défendre contre les Portugoys et autres, leurs ennemis mortels et capitaux.

Le lieu est fort beau et commode pour habiter. La terre ne produit que du blé à trois quarrés, que l'on appelle blé de

sarrazin, duquel ils font du vin auec une racine qu'ilz appellent maniel, qui a la feuille de pœonia mas, et pensois véritablement que s'en fut. Elle vient en arbre de la hauteur du sambucus; d'icelle ils font de la farine molle qui est autant bonne que du pain. I'ay veu une herbe qu'ils appellent Petun, de la grandeur du consolida maior, dont ils succent le ius, et tirent la fumée, et avec celle herbe peuuent soustenir la faim pendant huit ou neuf iours. Oultre, il y a deux sortes de fruictz merveilleusement bons, l'un qu'ilz appellent nana, et vient dans une plante semblable à l'aloës ; elle est toutefois spumeuse. Le fruit est de la grosseur d*un artichaut, remply de ius sucré ; néantmoins il est de mauuaise décoction. L'autre est une espèce de figue qu'ilz appellent pacona. La d'iceluy a les fueilles de lapaticum aquaticum ; il est de bonne décoction. La terre produit aussi de bonnes et memi©sfebues; lesquelles sont de bon nourrissement, de la canne de sucre, mais non pas en grande quantité ; semblablement des orenges, citrons et limons, mais tant peu que ce n'est rien, car les habitants sont négligents de la cultiver. Quant aux herbes communes de nostre pays, nous ne auons recognu tant seulement que du pourpié, du myrthe et du basilic; tout le reste est tout sauuage et eslongné de nostre cognoissance. Nous pensions trouuer quelques métaulx, car les Portugoys ont trouué or, argent et cuivre enuiron cinquante lieues plus auant et autres cinquante plus amont. La terre est arronsée de fort belles riuières d'eau douce les plus saines que ie beu iamais. Voilà quant à la fertilité de la terre, salubrité et disposition de l'air. Il reste parler des habitants, de leurs conditions, statuts et mœurs, et manière de vivre.

Geste nation est la plus barbare et estrange de toute honnesteté qui soit soubs le ciel, comme ie croy, car ilz viuent sans cognoissance d'aucun Dieu, sans soucy, sans loy et saas aucune religion, non plus que les bestes brutes qui sont conduites par leur sentiment. Hz vont nuds, n'ayans aucune

honte ou vergongne de leurs parties honteuses, et ce tant les hommes que les femmes. Leur langage est fort à entendre en dictions, mais sans nombre, tellement que quand ilz veulent signifier cinq ils montrent les cinq doigts de la main. Ils font guerre à cinq ou six nations, desquelles, quand ilz prennent des prisonniers de ceux qui leur font la guerre , ilz leur donnent en mariage les plus belles filles qu'ilz ayent, leur mettant autant de licols qu'ilz le veulent garder de lunes. Puis, quand le temps est expiré, ils font du vin de mil et de quelque sorte de racine, duquel ils s'enyurent, appellants tous leurs amis , puis celui qui l'a pris prisonnier l'assomme auec une masse de bois et le diuise par pièces, et en font des carbonnades qu'ilz mangent auec si grand plaisir qu'ilz disent en leur langage que c'est ambroisie et nectar. Premièrement, leur manger d'ordinaire est de toute sorte de venin, comme serpens, cocodriles, crapaux et gros lisars, lesquels estiment autant que nous estimons les chappons , les lapreaux, les connilz.

Leur aliance a en estendue cent lieues. Ils font guerre aux Onitachas, Onyamas, Margaïas, Taliarbas et Portugoys. Les conditions d'iceux sont telles que ceux avec lesquels nous habitons. Hz prennent autant de femmes qu'ilz veulent, et ont liberté les femmes de délaisser leurs maris pour petite occasion. Hz estiment noz habillements, noz armes, et tout ce qui vient de nostre pais, mesprisant l'or, l'argent et toutes pierreries que nous estimons beaucoup. Leurs armes sont des arcs et flaiches armées de petits oz. Hz naviguent dans des auges ou almadas qui ont trente ou quarante pieds de long; ilz nagent naturellement bien, qui est cause qu'ilz ne se soucient s'ils enfonderont en l'eau ou non. Leurs richesses sont colliers blancs, qu'ilz font de petis os de limassons de mer, et aussi plumasseries dont ilz se reuestent quand ilz arriuent. Le bois de Brésil croist merueilleusement haut et à la fueille de buxus; i'ay veu des arbres haultz de cent pieds, le crois (si Dieu n'a pitié d'eux) qu'ilz seront fort fascheux à réduire à la religion Ghrestienne, et à grande difficulté on

leur pourra oster ceste misérable coustume de se manger les uns les autres. Hz viuent en congrégation, s'assemblent cinq ou six cents, et édifient de longues loges que les anciens appelloyent mapalia; tous ceux d'une lignée se tiennent volontiers ensemble. Hz ont force cotton dont ilz font des lictz qui pendent, et faict autant bon coucher qu'en licts de plumes ; nous ne dormions point en d'autres durant le temps que nous y auons esté. En chacun village, entre eux, ils ont une coustume que celuy qui aura esté le plus vaillant, c'est à sçauoir qui aura le plus prins de prisonniers et tué, ils le créent pour leur Roy. Tout est commun entre eux, mais quand ilz nous apportent quelque chose, il nous faut donner autre chose pour récompense pour ce qu'ils vous auront baillé ! Voilà ce que ie vous récry pour le présent, tout le voiage que nous auons veu de pardesà. Quand est des bestes sauvages, ie ne vous en sauroy tant d'escrire qu'il y en a, et de diuerses sortes, etànousincogneues, parquoy ne pouuons bonnement les despeindre, tant sont farouches et sauvages. Nous espérons avec l'aide de Dieu aller plus outre si possible nous est : nonobstant, nous espérons deuant nostre retour faire quelque petit recueil des choses que nous auons veues de par deçà, qui sont fort rares et quasi sont incroiables.

le vous aduertis que après le partement des nauires du Brésil, qui fut le quatrième iour de nouembre mil cinq cens octente et un, nous descouurismes une conspiration faicte par un de nostre compagnie qui se disoit fort bien entendre le langage des sauuages, lequel par ses menées il fist tant qu'il s'amourescha d'une sauvage fort belle fille, et en luymesme conclut de ne plus reuenir vers nous, donna à entendre à ceux du pays que nous que nous estions allés là pour tascher à les faire mourir, et pour autant d'une grande maladie qui se mit entr'eux et qu'il en mourut beaucoup. Que fist-il dauantage avec sa sauuage ? la menant quant et luy de peur des autres sauuage, il va cercher les autres truchemens pour leur donner à entendre la marchandise qui pouuoit estre en

nos nauires, et que s'il vouloienl luy assister, il sçauoit bien le moyen de nous surprendre, et que ils partageroient le butin entre eux, se que les uns furent d'accord et les autres non ; et fumes aduertis le second iours de feburier par l'un de ceux qu'il auoit voulu suborner et nous auoit promis de le remettre entre noz mains. Quand nous veimes qu'il ne reuenoit comme il auoit promis, nous eûmes soupçon de quelque surprise, qui fut la cause de quoy nous mismes les voiles au vent. Il n'est icy question de nommer le personnage ny la nation, car on dicL communément que de ce païs-Là sont subiectz à cela, nonobstant que ie veux blasmer toute une nation pour l'amour de quelques-uns qui se pourroient trouver entre plusieurs gens de bien. Or, pour reuenir à nostre nauigation et poursuiure nostre voyage, quand nous eûmes marché environ trois iournées, nous trouuasmes une petite isle non habitée sinon de bestes sauvages, laquelle est la plus belle qu'il est possible de veoir, tant en arbres qu'en toutes sortes de fruictz. Après nostre rafreschissement, nous reprimes la route pour reuenir vers le Brésil, tousiours nous tenans sur noz gardes de peur d'estre surprins ; au retour de nostre voyage, nous retirâmes tousiours le mitant de l'eau de peur des ambuscades, tant des sauuages que du sophi, grand terrien, lequel tient la plus grande partie des isles orientales et des sauuages. Lorsque nous fumes à trois degrez du tropique de Gaprionne, qui valent octante lieues, nous arriuasmes le dixiesme de novembre en la riuiere de Ganabare, qui est désia en la subiection du Turc, à l'occasion d'un fleuue qui sort- de la riuière de Ganabara, qui fait la séparation du prestre Iean, lequel tient presque toutes les isles orientales et la plus grande partie des sauuages, et plusieurs isles qui n'ont point esté descouvertes; et l'autre costé de la riuière de Ganabara est le Brésil. Gomme par cy deuant i'ay déclaré leurs manières de vivre et coustumes de faire, lesquelz ne sont siihiectz que aux plus forts, lors nous primes le chemin vers la Floride, là où nous eûmes de grands empeschemens et destourbiers de volleurs et escumeurs de mer au commen-

cernent de la Turquie. Vous n'eussiez osé vous mettre en pleine mer si ce n'eust esté en bataille ; car nous auions les sauuages d'une part, les sauuages de l'autre, le Turc de l'autre, par quoy fumes grand espace de temps soubz le promontoire de l'^Ethiopie, qui est quatorze degrez de la zone torride, et est terre habitée des Mores, fort noirs, et n'y a aucune religion en eux, ny aucune cognoissances de Dieu, et ne ont autre Dieu que le soleil et la lune; d'autre cognoissances ils n'en ont aucune, L'air qu'ils tiennent est tempéré, tendant plus à chaleur qu'à froideur; leur esté est au mois de apuril, et ne ont aucun yver ; car plus vous approchez de l'Orient, tant y a plus grandes chaleurs, car le soleil de midy approche sur une partie des Sauuages et Mores, qui est la cause qu'ilz sont ainsi bruslés et noirs. Il y a plusieurs sortes de Mores, lesquels sont sans Roy, vagans et errans ainsi que les Sauuages. Nous finies tant par nos iournées que nous arriuasmes à l'isle de Floride à grande ioye, et sans aucune perte tant de noz gens que de nostre marchandise, qui est un grand miracle de Dieu, voyant les grandes rencontres que nous avons passé. Or, pour le partement de l'isle de Floride, nous retirâmes tousiours vers les terres et isles subiectes au Roy de Portugal et d'Espaigne, au plus près que possible nous estoit, pour estre plus à sauueté des auant-courreurs de tant des Mores blancs que de la Turquie. Or, vous pouuiez penser les peines et tourmens que nous auons endurée et endurons tous les iours et spécialement de peur de la grande gendarme du Turc contre le Roy de Perse, et ne craignons que la rencontre des deux armées.

Fin de la présente missive, en nous recommandans à vos bonnes grâces. Le vingtième mars mil cinq cens octant et deux.

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