‹ Histoire du bréviaire romain (volume 2)Chapitre 104 sur 190 · Amolar,, De ord. aatijiA · texte numérisé non relu

Amolar,, De ord. aatijiA

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l'office modebnb et les bréviaires 161

C'est peu dire, caron avait essayé de réformes plus considérables. Au XI* siècle, nous l'avons vu déjà, on avait voulu ramener l'office nocturne du temps et des saints à ne compter plus que trois psaumes et trois leçons, comme c'était de règle pour la semaine de Pâques et pour la semaine de la Pentecôte. Cette pratique était trop manifestement contraire à toute tradition pour prévaloir ; nous avons vu en quels termes Grégoire VII la condamne. Mais si l'on ne touchait point au psautier, on pouvait toucher au lectionnaire. L'office nocturne, commençant au chant du coq pour finir au soleil levant, avait une durée qui variait suivant la saison ; or, le nombre des psaumes restant fixe, ce devaient être les leçons dont la longueur devait varier. La liturgie accordait là une latitude, dont on usa : l'abréviation de l'office porta principalement sur le lectionnaire. Que l'on compare les homiliaires du ix' siècle, par exemple l'homiliaire de Paul Diacre, aux homiliaires du xi° et du xii' siècle, et l'on verra la différence de longueur des leçons indiquées h deux siècles de distance pour une même fête. Dom S. Baeumer, dont on apprécie ici particulièrement les contributions à l'histoire du Bréviaire pour l'ampleur des recherches qu'elles représentent, dom Baeumer a fait sur ce point particulier d'intéressantes observations', il a étudié une riche série de manuscrits des ix*, x°, xi*, xii° siècles, manuscrits provenant d'Allemagne , de Suisse , de Belgique , de France, lectionnaires, homiliaires, passionnaires ; et il a relevé partout les renvois, œuvre de mains tardives et pour la plupart du xii" siècle, qui ont pour but de déplacer l'explicit de la leçon et la rendre plus courte.

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162 HISTOIRE DU BnéVIAtBH ROMAIN

Ce fut un des points de la réforme de Cluny, au xi" siècle, d'essayer de rétablir les longues leçons tombées désormais en désuétude : de faire, par exemple, de l'épître aux Romains la matière de six leçons, ou de lire toute la Genèse au choeur en une semaine. Il fallait que la leçon fût assez longue pour permettre au frère, qui, une lanterne à la main, allait s'assurer si personne ne dormait dans l'église, lui permettre de faire tout le tour du chceur et des bas eûtes. Mais cette coutume de Cluny était tenue pour singulière et exagérée ; a Âudio lecliones vesiras in kieme el in privatis nocUbus multunt esse prolixas^ ... ii J^a coutume contraire était générale, et Jean Belelh lui donne l'autorité d'une règle quand il dît qu'il faut abréger même les passions des martyrs*. L'office moderne s'était restreint dans son leclionnaire. Il s'était au contraire développé dans son calendrier.

Il était naturel que l'ancien office romain, introduit en France avec son propre du temps et son propre des saints, s'ouvrît à des fêtes locales nouvelles. Amalaire l'avait entendu ainsi, et tous les liturgistes, soit séculiers, soit réguliers, avec lui^. On eut donc des fêtes de saints locauï, comme saint Maurice, saint Rémi, saint Boniface, saint Médard... Mais oneutaussi des fêtes de saints d'un intérêt plus général. Ainsi la fête de l'immaculée conception de Marie, une fêle d'origine anglaise, dont la plus ancienne attestilion est du second quart du XI* siècle, et se rattache ii l'abbaye bénédictine de Canforbéry^. Ainsi la fête de la Trinité, établie pour la première fois à Liège, sous l'évÊque Etienne [903-

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