Id.. l. II, n" 1159, 1467, 1608, t
D,y.l..<,UtGOOgle
U RnEVIAinE ROMAIN
testes, soit dans les manuscrits, les bréviaires d'origine romaine dès leur première appurition portent le titre qui doit leur demeurer du xiii" au xvi" siècle, et qui est l'indice de leur origine; ils s'appellent Breviaria de caméra ou Breviaria secundum usum romanae ctiriae, bréviaires selon l'usage, non point des basiliques romaines, mais bien des papes et de la Curie.
Ici encore, nous nous heurtons à la même difficulté que plus haut : les nombreux bréviaires de la cour romaine qui existent manuscrits dans nos bibliothèques, manuscrits du xiii° siècle (il n'y en a pas de plus anciens] , du xiV et du xv=, n'ont pas été étudiés, comparés, classés. Tant que ce travail n'aura pas été Tait, il faudra par méthode renoncer à tirer parti des renseignements que l'étude de ces manuscrits ne peut donner avec quelque sûreté que si elle est comparative et complète. Bornons-nous donc, au moins provisoirement, aux renseignements que les auteurs du temps nous fournissent, et essayons de retrouver dans ces quelques textes les points capitaux de l'histoire de ce bréviaire de la cour
II apparaît, dis-je, pour la première fois au xiii* siècle, et il est associé au nom du pape Innocent III. La plus ancienne attestation qu'on en ait relevée dans les registres pontificaux est, en effet, du temps d'Innocent III, plus précisément du 25 mai 1205. Baudoin, fait empereur de Constantinople le 9 mai 1204, a écrit au pape pour lui demander d'envoyer « des missels, des bréviaires et les autres livres qui renferment l'office ecclésiastique selon l'institution de la sainte Église ' romaine : posiulavit missalia , breviaria caeterosque libros, in quitus officiwm ecclesiaaiicum secundum institutfi sanctae romanae ecclesiae continelur s . Et le pape se
D,y.,..^.,COO^IC
L OFFICE MODBHNE ET LES BREVIJLIRES 199
met en quête auprès des évÊques de France, car il parait lui-mêine en grande pénurie, pour que l'on veuille bien envoyer à l'empereur les livres qu'il demande, e ut orientalis Ecclesia in divinis laudibus ab occidentali non dissonet* a. L'indication fournie parle registre d'Innocent III est peu explicite. Raoul de Tongres^ va nous éclairer davantage. Il écrit : a Autrefois, quand les pontifes romains résidaient au Latran, on observait dans leur chapelle l'office romain ; mais on l'observait moins complètement que dans les églises collégiales de la ville de Rome. Les clercs de la chapelle du pape, soit d'eux-mêmes, soit sur l'ordre du pontife, abrégeaient toujours l'office romain, et souvent le modifiaient suivant les convenances du seigneur pape et des cardinaux. Et j'ai vu à Rome un ordinaire de cet office compilé au temps d'Innocent llf. » Raoul a beaucoup consulté k Rome; il a compulsé les livres d'office des clercs et des églises [Romae plura ex diversia ecclcsiis et UbrU scriplilavi) ; il a noté l'existence d'un ordinaire de l'office abrégé pour les clercs de la Curie, et que ce bréviaire a été compilé sous Innocent III : a Clerici capcllares . . . o/jficium ronianum semper breviabant et saepe alterabant, proul domino papac et cardinalibus congraebal observandum, et hitius officii ordinarium vîdi Romae a tempoi-e Innocenta III recoUectam ^.» A deux autres reprises, Raoul de Tongres fait allusion à ce même ordinaire de l'office constitué