ET LES BRÉVIAIRES
Du Mont-Cassin, les premiers bréviaires semblent s'être propagés d'abord dans la religion bénédictine Ici nous nous engageons sur un terrain à peine exploré. Nous aurions besoin d'un inventaire de tous les bré' viaires manuscrits que possèdent les diverses bibli thëques d'Europe, ou tout au moins des bréviaires antérieurs au xm' siècle : cet inventaire n'esiste pas. A s'en rapporter aux seules observations de dom Baeumer, particulièrement versé dans cette littérature manuscrite', il semble bien qu'il n'y ait point de bréviaires du XII' siècle qui ne soient d'origine bénédictine. Ainsi les deux bréviaires de Douai, de la fin du xii" siècle, viennent de l'abbaye bénédictine de Marchiennes^. Ceux de la bibliothèque de Troye s proviennent de Clairvaux*.
11 restait à cet usage bénédictin de réduire l'office en une somme, il lui restait de devenir un usage des chanoines et des clercs séculiers. Mais ici plus encore l'obscurité est grande. Abailard, en 1140, dans celle lettre à saint Bernard que nous avons citée en commençant, Abailard semble ignorer cette transformation bibliographique si grave. Jean lïeleth, trente ans plus tard, en pleine université de Paris, l'ignore plus certainement encore. Autant Sicard, évoque de Crémone de 1185 à 1215. A Rome même, en dehors des chapitres basilicaux, lesquels n'ont rien dans leur livres de chœur qui ressemble aux bréviairess cassinésiens, il n'y a pas trace d'introduction de bréviaires avant le pontiUcat d'Innocent III [1198-121C). Mais aussi, soit dans les