Waddiug., Annales Miaorum, t. II, p
l'office moderne et les bréviaires 201
basiliques de la ville de Rome, ils ne se soucièrent point de les recevoir et de les observer ; ...Et illud officium breoiaium secuti sunt fratres minores, inde est quod breviaria eorum et libros ojficii intitulant secundam consuetudinem romanae curlae * ». Mais ce bréviaire de la cour romaine ne fut pas adopté tel qu'il étaitdu temps d'Innocent 111 : les Mineurs le corrigèrent à leur usage. La cour romaine usait de la psautier dite romaine : les Mineurs prirent 1. dite gallicane. Première modification. D'autres modifications furent introduites, dont le détail nous échappe, puisque nous n'avons pas le texte de la première édition du bréviaire de la Curie ; mais ensemble ces modifications constituèrent une véritable seconde édition du bréviaire de fa Curie, édition approuvée par le pape Grégoire IX, en 1241, et qui était l'ceuvre du général des Mineurs, Aymon :
Breviarium a fralre Aymone saoclae recordationia, prEdoccssore meo,pio correctum studio, cl per scdem aposlolicam coDlirmaCum, et approbulum poslea per capilulum générale *. ,.
Ainsi s'exprime Jean de Parme, en 1249, dans une lettre circulaire où il enjoint à tous les Mineurs de se servir du bréviaire d'Aymon et de Grégoire IX, et de n'y rien changer, soit dans la note, soit dans la lettre, soit dans les hymnes, soit dans les antiennes, soit dans les répons, soit dans les leçons :
HiBOrfim, t. III, p. 209.
D,y.lz..ûUtGOOgle
...praetcr id sotum,.., Dihil omnino in contu vel littcrn, in hymois seu responsorlîs vcl aotiphonis aut Icctionibua, vct aliÎB quibusiibet beatac Virgiais QDtiphonis... quDC post completorîuiu diverais caotantur tcmporibus, îd choro cnDlart vel legi, atsi forte alicubi compcllaot librorum aostrorum defcctus '.
Voilà donc une seconde édition du bréviaire de la cour romaine, une édition à l'usage des Mineurs, une édition dont les Mineurs vont faire en quelques années l'universelle popularité, et que bientôt la cour romaine adoptera pour son usage. A un moment donné, en effet, les clercs de la Curie n'eurent plus d'autre bréviaire que celui des Mineurs. Ce changement prit place entre le pontificat de Grégoire IX (1227-1241) et celui de Nicolas 111 (1277-1280], Mais on n'en relève pas trace dans les registres pontificaux. Raoul de Tongres nous apprend seulement que Nicolas 111 a fit supprimer dans les églises de Rome tous les antiphonaires et autres livres de l'ancien otHce, et ordonna que désormais les églises de Rome se servissent des livres et bréviaires des Frères Mineurs, dont il confirma lui aussi la règle. » Et c'est pourquoi, ajoute Raoul, a aujourd'hui i'i Rome tous les livres sont nouveaux et franciscains, s Ainsi par Nicolas 111 l'ancien office romain, celui du temps de Charlemagne et d'Hadrien, était supprimé dans les basiliques romaines qui lui étaient restées fidèles jusque-là, et Nicolas III substituait à cet ancien office, non point l'office moderne noa romain, mais le bréviaire, ou la somme de cet office moderne, tel que les Mineurs l'observaient depuis Grégoire IX.