L OFFICE UODEBKE ET LES
NicolaUB papa III, nalione romanus de génère UrsiDOrum. qui cocpit aono 1277 el palatium apad i. Pctrum cODBiruxiC, focit in ecclcsijs urbîs amovcri ...libroe ofncii antiquos..., et mandavit ut de caelero eccleeiae urbie utercnlur ...breviariis Fralrum Mînorum. quorum regulam etiam confirmavit. Unde hodie iu Borna omnes libri sunt uovi et frauciscuni < .
II parait indubitable que la Curie avait dû précéder les basiliques dans cette réforme liturgique, et que le bréviaire des Mineurs, dès avant le pontifical de Nicolas III, avait dû devenir le bréviaire de la chambre apostolique. Mais, encore une fois, de cette transition il n'y a pas trace.
Le bréviaire de la Curie, ou bréviaire d'Innocent III, était devenu le bréviaire des Mineurs ou bréviaire de Grégoire IX. Le bréviaire de Grégoire IX avait été popularisé dans toute la chrétienté par les Mineurs. Avec Nicolas III le bréviaire des Mineurs devenait, non plus seulement le bréviaire de la Curie, mais bien le bréviaire de l'Eglise romaine, et il n'y aurait désormais plus d'autre office romain que selon cette forme nouvelle, franciscaine et curialiste. En 1337, le Saint-Siège étant fixé à Avignon, Engène III, par une décision qui rappelle la décision que Raoul de Tongres attribue à Nicolas III, supprimait les vieux livres tant des clercs que des églises d'Avignon, pour leur imposer le bréviaire de la Curie ^.
Ordinamus et slatuimus quod amodo uoiversi et ginguli clerici uc personac ecclesiasticac pracdictae
204 HISTOinE DU BRÉVIAinB ROMAIN
civilatis et dioeceais aconsuetis ofBclis liberi etimmanes existant, et pristmis veterum codicum rudimeatis omisaiE, ...officium diviaum diumumpariter et noctur- □um dicere valeaat juita ordinem morem seu statutum quo ecclesia utitur et curia romaaa supradicla...
Statuimus ut in uoiversis cl singulis ecclesiis eîusdem civitatis et dioeccsis, quarum libri ei antiquitatis iDcommodo renoTalionis vel reparationis remedio indigent, illi ad quos pcrtinet cmant seu ficri faciant libroB convenieotes et uptos, qui dictas ecclcsiac et curiae romanae usui congruant opportuno.
Veut-on savoir quels étaient ces livres conformes à Tuaage de l'Église et de la cour romaine ? On n'a qu'à feuilleter le catiilogue de la librairie des papes d'Avignon pour en rencontrer toute utte collection : Brevia~ rium pro caméra..., Brevîariuni de caméra..., Breniarium noiatum..., et bien d'autres pareils, alors que l'on ne voit plus mentionner de psautiers, de légendaires, d'antiphonaires et autres vieux livres ' . La révolution liturgique, qui avait subtitué le bréviaire de la cour romaine aux a prisùitis veterum codicum rudimentis b , était un fait accompli.
Mais qu'avait gagné la liturgie romaine à cette révo-
On pourrait croire que la nécessité de réduire en un volume, en un « brev'iarium portatile n, les divers textes
1. M. Faacon, La librairie de» papet d'Ayigaoa (Parifl, 1886), n" 1211. 1592, 1593, 1G4H, 1737, 1743, 1800, 1830, 1832. 1858, 2014, de la bibliothèque d'Urbain V (1363-1370). Cf. l'inventaire de Grégoire XI (1375), n" 1 ^37-1443, ap. Ehrle, Uiatoria biilioihecae 'vmaaorura poitlificum (Rome, 1800). t. t, p. 547.
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qui servent A l'office, a donné naissance à une codification serrée, logique, pratique, et que la récitation de l'office a été rendue plus aisée aux clercs. Mais il suffit de jeter les yeux sur un bréviaire manuscrit ' , ou encore sur les bréviaires incunables, pour constater que cette codification s'est faite très défectueusement. En tête apparaît le calendrier, puis le temporal, puis le psautier, puis l'hymnaire, puis le sanctoral. Les rubriques sont multipliées, et les renvois plus encore. 11 faudra attendre 1550 pour voir paraître un Bréviaire romain qui se propose d'être « lia ordinaium ut omnia suis in locis sinl posita » !
S'agit-it du commun du temps ? On constate l'apparition de rubriques inconnues, tant de l'ofGce ancien pur romain que de l'office moderne non romain. En commençant et en finissant chaque heure de l'office, le clerc récite maintenant à voix basse le Pater et \'Ave ; à la fin de chaque heure , le verset Bcnedicamus Somino-Deo gratias. Au nocturne, après le verset qui termine la psalmodie, un Paiera voix basse. A prime, le dimanche, entre le second octonaire du psaume 1 18 et le Quicunque vult, on récite les cinq psaumes 21, 22, 23, 24, 25. Toutes ces rubriques sont données comme communes par Durand de Mende, dans son célèbre Rationale publié en 1284^. — Tout office de neuf leçons a droit maintenant à des secondes vêpres. Je ne saurais dire à quelle date a commencé l'usage de donner des secondes vêpres à
1. Voy. le ParUiaua 756 ; Ordo brevinrii BecQndum consuetudiacm romane curie, écrit en 1406 par Nicolas, fils de feu maître EtieDoe de Péroose, prieur de l'ég-lise Saint-Pierre de Monticelli de Florence.
a. GoU. Durand., Halionale, V, 2, 4 et 10.
iOb HISTOIRE DU
une fête ' : il paraît propre à l'ofûce moden et il a passé ainsi chez les Mineurs. Raoul de Tongres le formule ainsi : a In fesiiviiaiibus ad secundas vesperas Frairam Minorum usas ponit psalmos dominicales, ullitno sccundain fesUvitatem mutato *, a — Chaque jour, a l'issue des complies, on doit chanter une antienne, variable selon le temps, ù la sainte Vierge. Jean de Parme, dans sa lettre déjà citée de 1249, énumère les quatre antiennes adoptées par les Mineurs : le Regina coeli, l'Aima rcdemptoris, VAve regina et le Salve regina '.
S'agit-il du propre du temps ? On constate que la fête de la Trinité, adoptée par Gluny et par la généralité des Églises séculières, mais jusqu'à la fin du xi[i° siècle non reconnue par les souverains pontifes , est admise par Jean XXII (131G-1335) dans l'office de la Curie et de l'Église romaine. La fête du Corpus Christi, instituée dans le diocèse de Liège en 1246, reconnue et étendue à toute l'Eglise par le pape Urbain IV en 1264 environ, négligée sur la fin du xiii" siècle, mais remise en honneur par Clément V au concile de Vienne (1311) et par Jean XXII, figure