Rnakovàn;, l. V, p
2. Deaoro breeiario toUtndo coniulliitio...D. I. Joaaata dt Arsa preabyter patlaatmui proftnione Ihtologut, e.p. RoakoTànv t T p. 63S<7aO.
historien comme Platma n sciolus interdum et amator novitatis ». Il avait raison lorsque, en exprimant chaleureusement le vœu de voir l'office férial plus fréquemment célébré pour l'amour du psautier et de l'Ecriture sainte, et l'oHice dominical de rigueur chaque dimanche pour rester fidèle à la raison d'être du vieux bréviaire [et ita constabit ratio veteris breviarit), il demandait que le calendrier des fêtes de saints fût intangible, et que les fêtes de saints eussent leur office, et que ces offices pussent être transférés comme par le passé. Il avait raison de prendre la défense des répons, des versets, des capitules, et de dire que, si ces détails sont propres a l'office chanté au choeur et ne s'expliquent que par là, on ne saurait cependant admettre deux offices, l'un pour le chceur, l'autre pour la récitation privée, sans introduire dans l'office canonique quel qu'il soit une inévitable et tumultueuse confusion. II avait raison de dire que l'office était fait pour être chanté, étant une prière et non une matière d'étude, et que c'était mêler deux exercices distincts et confondre deux buts que de vouloir transformer la récitation de l'office en une lecture de la Bible ; sans compter que, à chercher la simple instruction des clercs, il était plus expédient de leur faire goûter quelques textes faciles des saintes Lettres, des textes visant à l'édification des mceurs, que d'exposer l'Ecriture nue à l'incompréhension ou à la légèreté de gens mal préparés ou mal intentionnés. 11 avait raison plus encore quand il réclamait pour les droits de Vordo psallendi traditionnel de l'Eglise et en 'particulier de l'Eglise romaine, pour la distribution traditionnelle des psaumes entre les diverses heures de l'office, pour la répartition traditionnelle des legons de la sainte Ecriture entre les divers temps de l'année, pour le nombre
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traditionnel des nocturnes, pour tout cet ordre liturgique qui avait ses raisons mystiques, et qui était un reste évident {liaud obscura vestigia) de la plus vénérable antiquité.
C'étaient là, que je sache, de judicieuses critiques; et s'il en est d'autres moins fondées ou qui ne prouvent rien pour vouloir trop prouver, si même quelques considérations de Jean d'Arz, concédons-le au P. Arevalo, sont poussées à l'outrance déclamatoire, il y a telles pages de son mémoire qui sont animées d'une sincère et vivante éloquence. Eh quoi donc! écrit-il, sera-ce quand nos peuples voient le clergé et les grands dignitaires de l'Eglise si appliqués k augmenter les revenus de leurs bénéfices, qu'il conviendra d'abréger l'office divin dont ces revenus sont la rétribution ? Mais, plus encore, sera-ce dans un siècle de fer, dans un siècle porté vers les nouveautés les plus suspectes, quand le chant ecclésiastique est tourné en dérision, les heures canoniques proscrites, les cérémonies ecclésiastiques méprisées, les lois canoniques traitées d'inventions humaines, et cela partout, en Allemagne, en Suisse, en Angleterre; sera-ce quand parmi nous-mêmes, qui sommes orthodoxes, on voit régner le dégoût des choses ecclésiastiques, grandir le mépris des choses saintes, se propager la hardiesse à juger chacun pour soi des dogmes et des canons, sera-ce le moment de lâcher nos traditions liturgiques, de paraître tacitement donner raison à nos adversaires, alors que notre premier devoir serait de tenir ferme, et plus il y a chez eux de ruines qui se déclarent plus nous encourager k soutenir l'édilice : « Et quo plura apud eos cadunt plura a nobis sunl subslituenda ? n
Notez bien qu'il y avait quelque hardiesse à Jean d'Arz
à s'exprimer si directement. Il se défend, dans les premières lignes de son mémoire, de vouloir rien condamner de ce qui est émané du Siège apostolique ou qui a été approuvé une fois de son autorité, et de faire le procès d'un si grand trône : « Id profiteri Hbet nos... nec quidpiam damnare quod a Sede Apostolica sit profectum ant eius auctoritaie atii/uando comprobalam,... nec ia/itam Sedem, quod absit, in Jus vocamus. n Et pourtant avec quelle vigueur il critique le bréviaire a émané du Siège apostolique et approuvé une fois de son autorité ? Ce théologien espagnol, radical comme ils l'étaient tous en son pays, enveloppe son réquisitoire de formules qui, pour être adoucies et fuyantes, n'amortissent ni ne détournent les coups. Il conjure les Pères du concile de prendre garde à cet esprit de nouveauté qui discrédite l'antiquité, qui suggère des innovations partie fausses, partie suspectes,... cet esprit si applaudi en ce siècle, et qui non content de produire en Allemagne de nouveaux rites, de nouveaux chants, de nouvelles hymnes, de nouveaux sacrements, de nouveaux canons, de nouveaux bréviaires, entreprend de s'accréditer insidieusement chez les orthodoxes et de consommer parmi eux le mystère d'iniquité : Caveant pastoreil C'était une manière de dénoncer les affinités non voulues mais trop réelles qui existaient entre l'œuvre du cardinal Quignonez et l'esprit de la Réforme'.
1 . On a relevé trèa jualement l'inlluence qu'avait eue le bréviaire de Quignonei sur Cranmer et sur la constitution du Booi o/ commoa^rayErderE^liae anglicane. Voy. F. A. Gasquet et E. Biahop, Eàiiard VI and the book ofcommon praycr (Londres, 1830), pp. 29 et iuiv.
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Le bréviaire du cardinal Quignonez avait été publié à Rome en 1536 : vingt-deux ans plus tard, il y était proscrit. Par un rescril du 8 août 1558, le pape Paul IV, sans en condamner l'usage provisoire, décidait qu'il n'y avait plus lieu d'en autoriser de réimpression'. Restait à pourvoir à la réforme du vieux bréviaire : après les essais de Clément Vil et de Paul III, l'oeuvre était encore à faire : Paul IV allait-il être plus heureux ?
Il entreprit cette réforme avec la fermeté de vues d'un homme qui y avait dès longtemps pensé. Son historien, Garacciolo, nous rapporte qu'il n'avait jamais voulu se résoudre à réciter le bréviaire de Quignonez, l'estimant « inconvenant et contraire à la forme antique*, a 11 n'était pas moine sévère au vieux bréviaire romain. A une époque, en effet, où il ne s'appelait encore que Pierre Carafa, et où, simple évèque de Chiéti (Teate), il s'associait à saint Gaétan de Thiène pour la formation d'une congrégation de clercs réguliers (la première en date de toutes et le prototype de celle de saint Ignace], la congrégation des Téatins, c'avait été un des points les plus neufs de la règle qu'il avait inspirée que d'entreprendre à l'usage des Téatins une réforme du vieux bréviaire romain. Dès 1533, dans une lettre adressée au dataire Giberto, Carafa exprimait le dégoût que lui causait la récitation de ce vieux bréviaire; il se plaignait de l'inélégance du style, d'y lire tant de textes d'auteurs suspects, comme Origène, et
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tant de légendes indignes de foi '. En 1529 (21 janvier), le pape Clément Vil écrivait pur bref à Carafa, pour féliciter les Téatins d'avoir, « pour l'honneur du culte divin et de la religion, conçu le dessein de ramener l'office divin en usage dans la sainte Eglise romaine à une forme, leur semble-t-il, plus décente et mieux appropriée au progrès et à la dévotion des auditeurs et des célébrants'. » A celte époque même, la pensée de Carafa n'allait à rien moins qu"à faire adopter par la cour romaine la réforme téatine du Bréviaire. Non seulement, en eSet, les Téatins demandaient au pape Clément Vil la fecullé de réciter le Bréviaire tel qu'ils l'auraient corrigé, mais l'essai pratique de ce bréviaire une fois fait par eux, de « le présenter au Saïnt-Sïège pour qu'il l'examinât et qu'il décidât s'il ne conviendrait point de le mettre dans l'usage public des Eglises », Et Clément VII, dans ce même bref du 21 janvier 1529, leur donnait l'espérance que leur vceu pourrait être réalisé.
A ce même moment (1529), le cardinal Quignonez s'était de son côté misa l'oeuvre, il n'y a pas lieu de douter qu'il eût entrepris la réforme du Bréviaire sans l'approbation de Clément VII. Ce qui donne lieu, et non sans quelque apparence de raison, à Carraciolo d'accuser Clément VII d'inconstance et de versatilité : « Ce pontife, écrit-il avec amertume, n'avait personne pour lui faire choisir les choses qui étaient bonnes et les réformes utiles à l'Église de Dieu, et tout ce qu'il avait de desseins, ou il ne les mettait point à exécution, ou il les abandonnait au premier essai, ainsi que dit
1. Celle lettre est citéepor Silos, Biilaria clcricoram regularium (Rome, 1650), p. 95.
2 Le texte do bref dans Silos, ibid.
Florebello qui fut son secrétaire...^, n II n'en était assurément pas de même de Paul IV, qui, montant sur le trône pontifical en 1555, y apporta les vues qu'il avait, depuis 1524, de la réforme catholique, et reprit à son compte ce qui n'avait été pour Clément VII qu'une velléité fugitive, l'approbation pour toute l'Église de ce bréviaire téatin, qui attendait depuis vingt-cinq ans son privilège.
Au préalable, Paul IV voulut le reviser une dernière fois... On sait peu de chose en somme du projet de Paul IV. Le père Silos lui-même n'en a pas connu d'autres détails que ceux donnés par le téatin Isachino, camérier de Paul IV, dans une lettre datée de 15C1 et trouvée par Silos dans les archives du couvent romain de Saint-Silveslre *. Paul IV supprimai t les homélies d'Origène et des auteurs quin'étaient point d'une intègre religion ; il voulait des textes des saintsPères qui fussent irréprochables quant à la doctrine et quant au style ; aux nocturnes, des bénédictions qui fussent pleines de gravité, au lieu des bénédictions « ineptes et absurdes » qui servaient encore ; il éliminait les narrations de martyres qui manquaient d'autorité, pour n'en recevoir que de sûres et d'indiscutables; il supprimait les hymnes malsonnanles [absonos) que l'on avait données à la fête de la Transfiguration et à celle delà Trinité; il raccourcissait l'oflice dominical de prime qu'il estimait démesurément long... S'il est permis d'en juger sur ces seuls renseignements, on peut dire que Paul IV avait compris mieux que Clément VII et que Paul III les conditions de la réforme, dont il sentait comme eux qu'elle s'imposait
à savoir que celte réforme devait être un retour, non à l'antiquité idéale comme l'entendait Quignonez, maïs à la tradition représentée par la liturgie existante ; qu'il n'y avait rien à changer à la disposition traditionnelle de l'oflice divin telle qu'on la trouvait dans le vieux bréviaire de la cour romaine i qu'il n'y avait qu'à expurger ce vieux bréviaire des erreurs historiques, des taches littéraires et des longueurs fastidieuses qui en rendaient l'usage décourageant. Pie V exprimera bien l'essentiel de la pensée de Paul IV, quand il dira : n Totam rationem dtcendi ac psallendi lieras canonicas ad prisiinum moreni et institutum redigenduin suscepit ' . » La tradition liturgique (prisfi/iusmos), retrouvait enfin la plus haute des autorités pour la comprendre et pour la protéger. Une réaction heureuse se produisait en faveur du vieux bréviaire romain. Et le concile de Trente allait trouver la question posée dans excellents par Paul IV.
Il était inévitable au concile de Trente d'être saisi de la question du Bréviaire : c'était un des points où trop de synodes de ces vingt-cinq dernières années avaient appelé de leurs vœux une réforme. Tel, en 1522, le synode de Sens enjoignant aux ordinaires de visiter les bréviaires, et nommément les légendes de saints, pour y supprimer tout ce qu'ils y surprendront de a superflu » ou de peu séant à la dignité de l'Église. Tel le synode de Cologne de 1536". A Augsbourg, en 1548, le « formulaire de la réforme ecclésiastique s, adopté par