‹ Histoire du bréviaire romain (volume 2)Chapitre 155 sur 190 · DE TRENTE · texte numérisé non relu

DE TRENTE

membres qui les défigurent plus que les mutilations séculaires de leur marbre! Que les Jésuites aient dépassé la mesure et que, sous prétexte de restaurer les hymnes selon les règles de la métrique et du beau langage, ils aient a déformé l'oeuvre de l'antiquité chrétienne, c'est chose aujourd'hui avérée i , écrit M. l'abbé Chevalier, et il cite en exemple deux hymnes restaurées ainsi par les Jésuites. (Nous imprimons en italique les quelques mots conservés par eus dans le texte révisé') :

TEITH BÉCORHt

Conditor aime siderum, aeterna lui credenlium.

Cfariste, redemptor omnium Biaudi precBB Bupplicum.

Qui condolena interitu mortis perire sscutum,

Vergenle mnndi veapere, utt Bponsus de Ihalamo, egresBui hanestisBima TÎrginis metria clausola.

gêna curvaatur omnia, coelestia, terrestria nulu fatentur lubdîtu.

•-épra de CAfeal.

Creator atme tiderum, aeterna lux credeatium, Jeau, redemptor omnium, intende votia lapplicam.

Qui daeinonis ne Traudibus periret orbis, impelu

mundi medela factus es.

Comiaune qui mundi netae

Cuiut poleata» gloHae, nomenqiie cum primum aonat, etcoelitea et Jiireri . tremente curvantur genu.

Te depre. magnam

armis aupernao gratû défende nos ab bostibi

eiiudic,

ira dans Daniel, Thttaarut hymnologicui ( Halle, e I1i;mnaire romain d'Urbain VIII, et en regard le

Bymae pascal aux laudea.

Aurora luei» roUlat, Aarora coel n m purpura! ,

coelum laudibua intonat, aether résultat landibui,

mundus exultans jubilât, mandai Irlumpbans /udïiif,

tremena infernus ulalat. harrens uyernus infreiiiit ;

Ille, qui clausua lapide Cuius sepulchrum plurimo

custoditnr sub milite, cuatode signabat lapis,

trinmphanB pompa nobili victar tHumphat et suo

Victor surgit de [unere. mortem aepulchro fuoerat.

respleadens clamât aiigelus. clamât coruacans angelai,

« Je ne veux point dire, poursuit M. Chevalier appréciant le travail commandé par Urbain Vlll, que toutes les pièces de l'hymnaire aient subi d'aussi cruels outrages, mais à toutes on peut appliquer ce vers saturnien : Hogo le, mi oiator, noli mi nocere ! On était parti d'un principe erroné, par ignorance des règles de la poésie rythmique..., poésie absolument inconnue du temps d'Urbain VIII, où l'on osait affirmer que les hymnes de saint Thomas d'Aquin étaient composées elrusco rythmo\... M. l'abbé Pimont a montré d'autre part, avec une grande force d'argumentation et une respectueuse modération de langage, tout ce que le sens chrétien et la véritable piété ont perdu à ces changements ^ En somme, on avait corrigé 952 syllabes : c'est

Page 1