Ibid.. p. Ï
Ilittoireda Brwiahe rom.
Chaire de saint Pierre, par celui-ci : Capui corporis Ecclesiae Dominum venite adoremus.
Le bréviaire de M de Vintimille provoqua des protestations véhémentes ; on en trouvera le détail dans dom Guéranger. Ce que l'on sait moins, c'est que le Saint-Siège joignit d'abord ses protestations à celles des Jésuites. Clément XII « exigea que M. l'Archevêque fît un mandement pour rétracter ce bréviaire, qu'on corrigeât quelques antiennes et quelques répons, et qu'on retranchSt les hymnes du sieur Coffin appelant' B. L'archevêque ne consentit à rien. Quand la première édition fut épuisée et qu'on parla d'en faire une nouvelle, le nonce s'ouvrit au cardinal de Fleury pour que « cette édition fût corrigée conformément aux remarques qui avaient été envoyées » de Rome. Cependant Benoît XIV fit savoir au nonce « de ne point insister sur le mandement de rétractation, ne voulant point que cette demande fît tort au reste , ni rebuter M, l'Archevêque ». Mais il fil tenir au P. Vigier « tanl l'écrit qui contenoît les corrections que Clément XII avoit demandées, que celui dans lequel on avoit marqué les choses de moindre importance (à corriger)... », sans lui dire que c'était le Saint-Siège qui parlait, « donnant seulement l'écrit en question pour l'ouvrage d'une personne zélée, et qui pouvoit fournir des lumières pour une bonne nouvelle édition de ce bréviaire^. » C'était au commencement de 1743. Mais la longanimité
XIV k Tencin, 18 jaiiTier 1743 {Corr. deBonm, l. 791, eu à ma dispoeition la correspondance inédite de OTec le cardinal de Tencîn, conservée aux Archives e des «iTuires éirangères, ù Paris : cotée Corr. de
LES PROJETS DE BENOtT XIV 275
du Souverain Pontife ne servit de rien, et la seconde édition du bréviaire de M. de Vintimille parut sang changement.
La raison qui fit que le Saint-Siège n'insista point pour obtenir la rétractation de M. de Vintimille est que Benoit XIV, s'inspirant d'une tout autre vue que Clément XII son prédécesseur, pensait à entreprendre à son tour une réforme du Bréviaire romain. Le cardinal de Fleury, dès le 14 février 1741, avait applaudi i cette pensée qui résolvait sans coup férir « l'aBaire du bréviaire de l'archevêque de Paris ». Le cardinal de Tencin, chargé d'affaires à Rome, y encourageait et Fleury et Benoit XIV de tout son crédit. Le 21 juillet 1741, il écrivait à Fleury : a Le pape a nommé une congrégation de prélats et de religieux pour travailler à la réformation du Bréviaire romain o. Et le 25 août : <i Le pape est actuellement dans de très bons principes pour la réformation du Bréviaire romain, par exemple de n'admettre aucune légende douteuse... » Il est vrai qu'il ajoutait aussitôt ; a Son projet sera-t-il exécuté ? Je n'en répondrois pas. 11 ne sçait pas résister ni être en garde contre ceux qui l'environnent*, a
Ainsi la réforme tentée en France, tant en 1680 qu'en 1736 (je ne veux parler que de ces deux-là), provoquait à Rome l'étude d'une nouvelle et plus profonde révision du Bréviaire romain. Nous avons à voir comment cette révision romaine fut conduite, et pourquoi elle n'aboutit point.
1. Benoit XrV à Fleury, 4 mars 1741 {Corr. de Rome, t. 787- f. 8). Tencin à Fleury. 21 juillet 174] {Corr. de Rome, t. 785, f. S39). La mime au même, 25 août 1741 {Ibid., f. 331).
r BRÉVIAIRE ROM&IK
Les papiers de cette congrégation instituée par Benoit XIV pour la réforme du Bréviaire romain sont restés longtemps inconnus et inédits. Le premier à avoir exploité ces papiers est Mgr de Roskovâny : il les avait retrouvés en 1356 à la bibliothèque Corsini, à Rome, où ils sont conservés depuis l'époque de Benoît XIV. C'est un volumineux dossier ayant pour titre ; Acta et scripta autographe in sacra congregatione particulari a Benedicto XIV deputaia pro reformaliorte Breviarii romani a. 11 kl. inires lonios distributa etappendicem*. 11 y aurait un vif intérêt à publier intégralement ce dossier, qui formerait dans son ensemble un excellent traité du Bréviaire, Mgr de Roskovâny n'a publié que l'historique des travaux de ladite congrégation, historique rédigé et mis en tête de tout le dossier par le secrétaire de la congrégation, Louis Valenli ; du reste du recueil, il n'a donné que quelques pièces choisies*. Depuis, un prélat français, Mgr Chaillot, a publié d'autres pièces importantes de ce même dossier^.
Nous allons analyser, en n'y ajoutant que des notes, les actes de la congrégation de Benoît XIV.
Le mémoire de Valenti^ est dédié au cardinal Nérée Corsini. L'auteur a pensé que la postérité lui saurait gré d'avoir rédigé l'histoire des propositions, des