Theodor., apud Kieet., Thesaui-., V
témoignage de Théodore de Mopsueste, quand il écrit que de son temps (375) les Églises de la vallée de lEuphrate exécutaient la psalmodie à deux chœurs comme les Églises grecques de Palestine et de Syrie'. A Antîoche, plus tard, on voulut donner à l'antiphone une origine plus indigène et plus glorieuse : on raconta qu'elle remontait à saint Ignace, à qui une vision avait montré les anges chantant ainsi à deux chœurs les louanges de la sainte Trinité; il avait réalisé cette vision du ciel dans son Eglise d'Antioche. La légende en a été recueillie par l'historien Socrate, au début du ■V* siècle '.
Reçu à Antioche en même temps que la quotidienneté de l'office, le chant antiphoné des psaumes avait conquis bientôt sa place dans toutes les grandes Eglises de l'Orient. Saint Basile, dans cette même lettre qui a été citée à plusieurs reprises déjà, se défend contre les critiques de quelques clercs d'avoir introduit une sin^larité de son fait dans l'Eglise de Césarée en y introduisant le chant antiphoné des psaumes. <t Cette psalmodie nouvelle n'est point une singularité, écrit-il, puisqu'elle est h cette heure (375) pratiquée dans toutes les Eglises de Dieu : les clercs, qui [sont tentés de rompre jivec moi pour ce motif, devront rompre au même litre avec les Eglises d'Egypte, de Palestine, de Syrie et de l'Euphrate. » L'antiphone était reçueàConstantinople du temps de saint Jean Chrysostome, à Jérusalem du temps de sainte Silvia, à Milan du temps de saint Arobroise «t par ses soins.
Il y a plus. Le chant antiphoné, qui, dans sa simpli-
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cité ori^nelie, n'était qu'une mélopée assez monotone, devint tout de suite une mélodie aussi variée qu'expressive. Le chant des psaumes, après avoir commencé par être un simple ré::itat!f, tournait ainsi au graduel. En 387, lorsque Flavien, évéque d'Antioche, se rend à Constantinople pour demander la grâce des habitants d'Antioche menacés de la colère de Théodose, pour mieux toucher le cœur du grand empereur, il demande a au\ jeunes gens qui ont coutume de chanter à la table du prince d'exécuter les psalmodies suppliantes d'Antioche ' n. Théodose est saisi par le caractère de cette musique religieuse si expressive et si nouvelle ; des larmes d'émotion tombent dans la coupe qu'il tenait à la main'. Lorsque saint Jean Chrysostome sera Tait évèque de Constantinople, il installera la musique antiochienne dans son Église et donnera la direction des chœurs k un eunuque de l'impératrice^, le maître-chanteur de la cour.
Le chant antiphoné recevait à Milan un développement semblable a celui que nous constatons à Antioche. Saint Ambroise, pour augmenter l'éclat des vigiles quotidiennes de son Eglise, j faisait exécuter les psaumes a secundum moremorientalium pardum, ne populus moernris taedio conlaèescerel n. Et cette innovation s'étendait rapidement à « presque toutes les Eglises de l'Occident n. <t Combien ai-je pleuré, écrivait plus tard saint Augustin, combien ai-je pleuré au son de cette psalmodie, remué que j'étais par les voix de ton harmonieuse église : Quantum (levi... suave sonanlis ecclesiae tuae vocibus commotua acriter ! « Et cependant le même