CHAPITRE II
LES ORIGINES DE LOBDO PSALLENDl ROMAIN
Nous venoQS de voir comment s'est formée et développée, dans l'Eglise catholique, In liturgie des heures. Nous avons étudié cette formation et ce développement en dehors de l'Église romaine, pour être mieux à même de distinguer ce qui, dans l'usage intérieur de l'Lglise romaine, appartient à la tradition locale de ce qui appartient à la tradition catholique. Nous voici désormais à Rome : à l'aide des tesles antérieurs au viii' siècle que la littérature romaine nous fournil, nous avons à décrire le développement de la liturgie des heures à Rome, les états successifs par lesquels elle a passé avant d'arriver à se fixer dans cet ordo psallendi tout ensemble emprunté et original, qui sera l'office canonique romain du temps de Charlemagne ' .
1. Quelques indications préalables sont ici nécessaires. Rome comptait quatre sortes d'éji-IUca : les églises patriarcnles (le Lotron. Saitit-Pierre, Saint-Paul, Saint-Laurent, Sainte-Mane- Majcure, Sainte-Croii de Jérusalem....), les églises presbyte rôles ou tiluli, les églises dlaconalcs ou dincom'ae, les églises cimitériales ou martyria. — Le nombre des ég-lîses presbjté raies était, nu commencement du vi* siècle, de vingt-cinq et, nu ii* siècle, de Tingt-huil. Voyez Ducheane, L. P. , t. I, p. 1G5. Ces vingt-cinq églises presbjtërales étaient en réalité des paroisses. Le Liber pontificaUs en donne une définition eicellenle, quand il rapporte du pape Marcel (f 309) que ce XXV tiluloa in urbe Roma constituU
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Le document le plus ancien en date à jeter quelque lumière sur les usages liturgiques de l'Église romaine est cette collection grecque de trente-huit canons, venue à nous sous le nom de saint Hippoly te, mais qui est bien plutôt une œuvre synodale romaine, contemporaine du pape Victor {190-200). Les Canones Hippolyii témoîgnentainsi de la discipline romaine des dernières années du II* siècle'.
qaasi dioeccMS. propter baptiimnin et poeniteatiam maltaram...
et propter sepulturas n {L. P., t. I, p. ]6<i). — Les diaconies étaient bu nombre de sept, et toute la ville de Rame partagée en Eept régions ecelésiaaliquea. ayant checane un diacre. Le Liber dît du pape Fabien (236-250) : « Hic regionca dividit diaconibas ■ {L, P., t. I, p. 148). Sozoïnène noua donne le DOmbre des diacres : (I Diacani non piures Bunt quam seplem » {H. £., I, 15). Ministres immédiats de l'éTèque, écrit M. Duohesne. les sept diacres n'étaient sttaeliés à aucnne église en particulier. Les diaconlei étaient des établi ssenenls anslognea à nos boréaux de bienfaisance, ayant dans leur compétence l'administration des hOpitaui, des asiles de vieillards, des hospicea pour les pèlerins et voyageurs pauvres, mais surtout les distributions d'aumanes aux indigents de la ville. Plus tard, c'est-à-dire passé le v siècle et avant la fin du vif, chaque diaconie eut une église à elle et même un moaaiteriam diacoaiae [L. P., t. 1, p. 364). — Les prêtres avaient sous leurs ordres une biérarcbie de clercs (sous -diacres, acolylbes, lecteurs, etc.). Les diacres commandaient une hiérarchie de soua-diacres et d'acoljthes régi onn a ires. L'orchiprêtre était le chef des prêtres et du clergé titulaire; l'archidiacre l'était des diacres et du clergé régionnairc. — La desservance des églises cimitériales ressortissait au clergé des titres. — Voyez, sur cette distribution du clergé romain : M, Duchcsne, toc. cit., Mabillon, Miaaeum Ualicum. t. II, p. xi el suiv., et le premier paragraphe des Ordinea romani les plus onciens ; s Primo omnium observandum est scptem esse regiones eccleslastici ordinis urbis