‹ Histoire du bréviaire romain (volume 2)Chapitre 38 sur 190 · Ub. diumat., III · texte numérisé non relu

Ub. diumat., III

vigilial proprement dit. Le Liber diurnus ne mentionne pas, il est vrai, cet office de laudes; mais saint Benoit, qui, d'accord avec l'usage monastique et clérical de la grëcité et de la latinité, prescrit les laudes matinales au lever du soleil, à l'issue de l'oflice vigiliitl nocturne, saint Benoît nous a donné à entendre que tel était aussi l'usage de l'Eglise romaine.

3' Par contre, le Liber diurnus ne dit pas un mot de l'office de vêpres. La décrétale citée par Gratien n'en parle pas davantage. Or on se rappelle si les conciles espagnols et les conciles franks du vi° siècle, d'accord avec le droit byzantin contemporain, distinguaient nettement les vespertina des matuCina officia, les missae veaperùnae des mtssae maïuiinae. A Rome, à pareille époque, rien de cette distinction : à Rome, rien qu'une vigile nocturne.

4° L'office vigilial, de Pâques au 24 septembre où les nuits sont le plus courtes, compte trois leçons, trois répons, trois antiennes ; du 24 septembre à Pâques où les nuits sont le plus longues, il compte quatre leçons; tous les dimanches, uniformément, il compte neuf leçons. 11 semble que le nombre des antiennes doive être dans les trois hypothèses égal au nombre des leçons, de même que le nombre des répons; mais dans quel rapport est le nombre des antiennes avec le nombre des psaumes? En d'autres termes, combien chante-t-on de psaumes à un office de trois leçons, à un office de quatre leçons, à un office de neuf leçons? Je ne le saurais dire.

5° Les leçons, au nombre soit de trois, soit de quatre, soit de neuf, doivent être empruntées à l'Ecriture sainte. 11 est certain cependant que, du temps de saint Grégoire , elles étaient empruntées aussi à des

LES ORIGINES DE l'ORDO PSALLEXDI ROMAIN 49

textes extra canonique s. « On nous a rapporté, écrit-il, que notre révérend! s sime frère et coévêque Marinianus fait lire auK vigiles notre commentaire sur Job; cela nous a déplu, car cette œuvre n'est point faite pour le peuple... Dites-lui de faire lire aux vigiles notre commentaire sur les psaumes, qui est plus capable de former aux bonnes mœurs les esprits des séculiers'. » On le voit, du reste, cet ordo, le plus ancien que nous possédions de l'office romain, est peu explicite. Il fournil cependant de précieux éléments de corap^iraison, qui nous suffiront k montrer plus loin comment ce qui doit être l'office canonique romain définitif s'est constitué, et sur un autre plun, passé le début du vir siècle.

Nous avons dit que les vigiles slationales étaient l'office des clercs régionnaires, tandis que les vigiles fériales étaient l'office du prêtre et des clercs attachés à chaque titre ou église paroissiale. Il faut faire parmi ces clercs inférieurs une place exceptionnelle aux lecteurs. Us appartenaient aux titres, non aux régions. Des inscriptions du iv" siècle mentionnent un lectoh TiTOLi p*LLACi»AE (Saint-Marc), un lector tittili FASCiOLAE (Saints-Nérée-et-Achillée), un lector de PUDENTIANA. Dans une inscription du vii« siècle, on relève la mention d'un lector titoli sanctae caeci- LiAE^. Il y a à remarquer ce détail important que, au iv° siècle, les lecteurs sont à Rome des hommes faits et

1. Gre^or., SpUlul., XII, 24 : „ Commenta psaimoruin Ugi ad vigUiaa fscicit. »

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