‹ Histoire du bréviaire romain (volume 2)Chapitre 7 sur 190 · Conitiiut. apottot., II · texte numérisé non relu

Conitiiut. apottot., II

LA VliNËSB DES HEURHS 7

ricordiam etjudicium cantabo tibi, domine*. Cette [isal- TDodie elle-même, si sévère, avait été empruntée par les chrétiens à l'usage des synagogues juives * : le génie grec n'avait fait que broder Vacrostichion sur l'auslère récitatifsémitique.

Dans les communautés monastiques égyptiennes de la fin du iV siècle, au témoignage de Jean Cassien, on était resté fidèle à la plus sévère, à la plus ancienne forme de la psalmodie. L'office, tant vespéral que nocturne, d'un mot les deux séances de l'office nocturne, comme l'appelle Cassien, se passaient chacune à exécuter douze psaumes. Et ce nombre douze parait bien anciennement fixé, puisque les Egyptiens aimaient à dire que la fixation en remontait à saint Marc, leur premier évêque. Ces douze psaumes étaient exécutés en solo par un lecteur, ou plutflt par quatre lecteurs qui se relayaient, chacun d'eux ne devant pas avoir plus de trois psaumes à exécuter à la suite. Quand le psaume était long, chaque dix ou douze versets on faisait une courte pause. Aucune doxologie à la fin du psaume, mais simplement une oraison. A la fin du douzième psaume un alléluia. Puis on passait à la lecture qui comprenait deux leçons, l'une de l'Ancien Testament, l'autre du Nouveau, tous les jours, sauf le samedi et le dimanche oii elles étalent l'une et l'autre du Nouveau Testament. Les moines restaient tout le temps de la psalmodie et des leçons dans un silence absolu : défense de cracher ou de tousser ou même de soupirer haut ; on n'entendait qu'une voix, on eût pu croire qu'il n'y avait qu'une flme, si tendue était l'attention de l'assemblée.

H lllSTOinE DIT BRKVI&IRE! ROMAIN

Quand les deux leçons étaient achevées, l'assemblée, assise jusque-l;i, s'agenouillait pour remercier Dieu silencieusement. Puis, tout le monde debout, le présie l'oHice prononçait à haute voix une oraison '. s les Eglises syriennes de la première moitié du de, l'office des vigiles avait une physionomie où innaissent aisément les mêmes traits qu'en Egypte, S quelques différences importantes. La vigile se sait, non plus comme en Egypte de deux offices . le vespéral et le nocturne, mais de trois offices IX, le vespéral, le nocturne et le matinal. Le soir, le réunissait ses fidèles à l'église; les psaumes ires ou epUuchnicon une fois dits, le diacre prot la prière pour les catéchumènes, pour les énerles, pour les pénitents. Puis, les ayant congédiés, lit : Nous qui sommes les fidèles, prions. Et ablée, debout, silencieuse, demandait à Dieu une anquille et sans péché. L'évêque se levait à son prononçait une oraison et bénissait les fidèles. quoi le diacre donnait congé à l'assistance, finale à l'olfice nocturne*. L'office nocturne était il était en Egypte ; lever au milieu de la nuit, )die d'un nombre donné de psaumes, chaque trois es séparés par un alléluia, après chaque psaume rière, enfin les le<;ons. Mais, sitôt que le soleil sait, on exécutait un office composé, comme nais l'office vespéral, de psaumes invariables, les es de l'aurore (op6ptvo(). le Deus deus meus ad te ; vigilii, le Benediciie , le Gloria in excelsis^... Au ne s'ajoutait ainsi une psalmodie matinale coor-

i»i»n.. Imlilul.Jl. k-\2.

rulitul. apoitoL. II, 59.

cudo-Alhanas., Dt virginUate. 20.

D,y.,..<,utGoogle

donnée à la psalmodie vespérale ; c'est l'origine de ce que nous appelons les laudes. Mais, au total, la trilogie de vêpres, du nocturne et de laudes n'était point un déyeloppement étranger à l'idée de la vigile primitive, elle en était au contraire l'expression harmonieuse.

Nous venons de voir qu'en Syrie, dans la première moitié du iv' siècle, le Gloria in excelsis était compté comme un des psaumes de l'office matinal ou de laudes. De même, on comptait parmi les psaumes de vêpres le petit hymne que voici ' :

s Nous te louODS. dous te chantons, nous te béaissoDs pour U graade gloire, Seigneur roi. O père du Christ l'agneau immolé qui efface le péché du monde, à toi la louauge, à toi l'hymue. à toi la gloire, à toi qui es Dieu et Père, par le Fils dans le Saint-Esprit, dans les siècles des siècles. Amen.

Ces deux chants, le Gloria in excelsis et le Laudamus te, sont deux raretés eucologiques. C'est ce qu'on appelait des psaumes privés {psalmi idiodci). Ces sortes de psaumes avaient été au ii^ et au m' siècle en grande faveur tant chez les catholiques que chez les hérétiques. Dans un fragment d'un traité anonyme romain Contre l'hérésie d'Artémon cité par Eusèbe, le cootroversiste oppose aux nouveautés unitaires de cet hérésiarque de la un du second siècle l'autorité des papes Victor et Zéphyrin qui l'ont condamné, celle de saint Justin, de saint Clément, de saint irénée, de Méliton, qui ont si nettement affirmé la divinité du Christ, «... et tant de

t. Cotuliiul. apoHol., VU. 47.

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10 HlSTOtHK DU BRRVdl

psaumes et de chants chrétiens, composés depuis l'origine [de l'Eglise] par des fidèles, et qui célèbrent le Christ Verbe de Dieu en le proclamant Dieu luimême '. B Paul de Samosate, qui fut évêque d'Antioche de 260 à 270, avait supprimé dans l'Église d'Antioche cr les psaumes qui s'y chantaient en l'honneur de Notre Seigneur Jésus-Christ ». Ainsi s'expriment les évêques dans la sentence de déposition de Paul de Samosate. Et quel prétexte celui-ci avait-il mis en avant pour autoriser cette suppression ? C'est que ces psaumes n'étaient point les vieux psaumes davidiques : « Ils étaient nouveaux et l'œuvre d'hommes nouveaux*. »

On connaît les noms de quelques auteurs de psaumes nouveaux de celte sorte. Saint Basile cite le martyr Atbénogène, un martyr du temps de Septime Sévère, auteur d'un psaume célèbre encore au iV siècle pour l'expression remarquable, assure-t-on, qu'y trouvait le dogme de la Trinité^. Au témoignage du fragment de Muratori, Marcion avait, dès la seconde moitié du i[° siècle, mis en circulation un Liber psalmorum de sa façon. Saint Denys d'Alexandrie (-J- 265) parle avec éloge des « nombreux psaumes si chers à tant de fidèles n, qu'avait composés un évéque égyptien de la première moitié du m' siècle, Népos*. Valentin, le grand gnostique romain du temps de l'empereur Antontn (138-161), avait aussi composé des psaumes que Tertullien a connus'. Un de ses disciples, Bardesane

5. Tertull., Dt carne ChrUli. XVII. 20. Cf. Phiioiopham., VI, 37

(■)• 223), élait l'auteur d'un recueil de cent cinquante pauumes, très répandus dans les Eglises de langue syriaque : c'était tout un psautier, et un psautier gnostique'. Il nous est parvenu, particulièrement dans les actes apocryphes des Apiltres, qui sont pour la plupart des œuvres gnosljques de la seconde moitié du second siècle ou de la première moitié du troisième, plus d'un spécimen de ces psaumes gnostiques, œuvres anonymes d'une poésie parfois très.relevée. Voici un texte de ce genre, mais d'origine catholique, contemporain de- Clément d'Alexiindrie ' :

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