‹ Histoire du bréviaire romain (volume 2)Chapitre 90 sur 190 · OFFICE ROMAIN DU TEMPS DE CHABLEMAGNE · texte numérisé non relu

OFFICE ROMAIN DU TEMPS DE CHABLEMAGNE

Martiaus Abrnhae siau laetus excipilur. MartinuB hic pBuper et modicns coelum dives ingreditur, hymnis coelestibus hoaoratur, etc.

Plus heureuse, la vierge Marie avail trouvé à Sainte- Marie-Majeure une presque aussi sévère école que les apôtres à Saint-Pierre. Les mauvais textes n'eussent pas manqué à des fêtes comme celles de la Vierge : les cantilénistes romains voulurent ne demander qu'à la sainte Ecriture le thème des louanges de Marie. Nous leur {levons les plus gracieux textes du responsoral :

Vidi speciosam sicut columbam asceDdentcm super rivos aquarum, cuius ÎDacslimabiiis odor cral magnus ia vcstimenlis cius. et sicut dies vemî circumdabant eam flores rosarum et lilia coDrallium. Quac est ista qnae asceadit per descrtum sicut virgula fumi ex. aromatibuB myrrhae et thuris 7 Et sicut dies verni...

Ou d'antres, inspirés de plus loin par l'Ecriture, et pénétrés d'une piété tout ensemble théologique et tendre :

Pulchra facie, scd pulchrior fide, beata es vïrgo Maria : respuens mundum laetabcris cum aagelis. intercède pro omnibus nobis. Sancta et immaculata virgioitas, quibua te laudibus refcram uescio. Intercède...

Vîrgo Maria acmper laetare, qaac meruisti Chrïatum portare coeli el terrae condtlorem , quia de tuo utero protulisti mundi salvatorcm.

O quam gloriose migrasli ad Christum, beala et Teoerabilis virgo Maria, cui Abrahae sinus non sulEcit, sed coeli palatia patent !

On ne s'étendra pas davantage sur le sanctoral romain de la fin du viii* siècle. Maïs ce qui vient d'en

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être dit suffit ii montrer comment, non seulement l'office sanctoral, accession Urdive à l'office canonique des basiliques, n'avait pu s'y faire sa place qu'en restreignant et en mutilant ce vieil office, mais encore avait consacré l'introduction dans le style liturgique d'éléments littéraires sensiblement moins purs. Le sanctoral accusait des symptômes de décadence liturgique, en même temps que son succès préparaît l'abandon de l'office temporal.

L'office romain, dans cet ensemble que nous venons de décrire, était arrivé à un état de perfection qui ne devait être ni dépassé ni maintenu, ' mais qui méritait incontestablement l'exceptionnelle fortune que lui fit l'admiration des Eglises anglo-saxonne, franque et germanique. Œuvre anonyme lentement et inconsciemment faite, mais oeuvre singulière où vivait l'âme de Rome! Rome, en effet, y avait mis le meilleur de sa littérature et de son histoire : son psautier, sa bible, ses pères, ses martyrs. Elle y avait mis la marque de sa piété directe et simple, plus historique que subtile; de son esthétique restée sensible aux compositions sobres, larges et harmonieuses; de sa langue brève, claire, concrète, biblique de lexique, hiéronymienne de tour, rythmique de nombre*. Elle y avait mis enfin et surtout sa cantilcne, — ce plein chant grégorien que le bas moyen ;lge a défiguré, que la renaissance a dédaigné, que le xvii' siècle (dans la tradition duquel nous

1. Sur la prompte décadence de l'office romain en France, Toj^ei Helisachar, Epitlal. ad Kidibriaia cp. Narbontn., publiée par M. Bishop, Neaei Archiç, t. XI (1885), p, 666-&6e.

2. VojGE L. Couture, le cariai ou rythmt prosaïque, dans le Coinptf~renda du congrès scientifique international des Calho' liques, 1881,1. V, p. 108-109.

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