‹ Histoire du bréviaire romain (volume 2)Chapitre 91 sur 190 · L'OFFICE MODERNE ET LES BREVIAIRES DE LA COUR ROMAINE · texte numérisé non relu

L'OFFICE MODERNE ET LES BREVIAIRES DE LA COUR ROMAINE

On Ut dans une bulle du 7 juin 1241, adressée par le pape Grégoire IX aux Franciscains ; n Nous vous autorisons à voua contenter d'observer l'of/ice moderne ; vous l'avez dans vos bréviaires, corrigé soigneusement par nous, et conforme à l'usage de l'Eglise romaine '. n Ces quelques mots pourraient servir d'épigraphe au présent chapitre, car tout entier il va consister k rechercher : 1° quel était l'usage de l'Eglise romaine jusqu'au xui' siècle; 2° ce qu'était cet office non romain que te pape appelait du nom d'office moderne ; 3° ce qu'il faut entendre par bréviaire de cet office moderne.

L'office romain, tel qu'il était constitué à Rome du temps de Charlemagne, se maintint à Rome même dans l'usage des basiliques sans modification sensible à travers le x* et le xi' siècle et jusqu'à la fin du xii'.

1. PoUbast, n" 11028 : a .Veelrae Uaqae precibus devotionis inducti, ut obserTsntia modérai officiî. quod in breviaria vestris eiaclB diligeotia correctum a nabîi ex Btatuto régulas TCstraa juita ecolesiaa romanaa raorem eicepto pialterio celebrara deb«' ti>, aitis coDtenti perpetuo. u

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C'est là une proposition dont je dois fournir toute la preuve.

Nous possédons un livre d'offices de la basilique de Saint-Pierre, j'entends l'antiphonaire publié par le cardinal Tommagi. Ce monument si important de la liturgie basilicale romaine est du xii° siècle. Et l'on a suffisamment indiqué au chapitre précédent la conformité de son texte et de ses rubriques avec les renseignements fournis par Amalaire, pour pouvoir dire qu'il est une première preuve que l'office romain du xii° siècle était, dans son texte et dans ses rubriques, substantiellement conforme à l'office romain du viii° siècle. — Une lettre célèbre d'Abnilard, lettre remontant à 1140 environ, atteste que la basilique de Saint-Pierre n'était pas seule à pratiquer l'ancien office, puisque, au dire d'AbaiUrd, tel était également le cas de la basilique du Latran : « Ecclesia... lateranensls, quae mater est omnium, antiquum officium tenet. « Sans doute, et nous nous empressons de l'ajouter, Abailard, dans ce texte même, assure que la basilique du Latran est seule à observer l'ancien office : a Sola ecclesia laieranensis. .., » dit le texte intégral. Mais cette restriction ne tient pas, étant donnéela teneur de l'antiphonaire de Saint-Pierre; et elle s'explique, étant donné qu'Abailard entend prouver l'universalité de l'office moderne; il reste donc que, de son propre aveu, au Latran c'était bien encore Vantiquum officium qu'on observait'. C'est notre première preuve.

Une autre est fournie par les ordines romani du XII' siècle, lesquels, en décrivant le cérémonial pontifical, décrivent en diverses occasions l'office tant des

t. Abaelard., E>i(tu/., X.

vêpres que des nocturnes et des laudes solennelles, au même titre que la messe elle-même. Or, leur description s'applique à un ordo de l'office qui est substantiellement Vordo du vin' siècle. Nous en avons pour témoins deux ordines romani, bien connus, du xii° siècle *. L'un, celui du chanoine Eenott, chanoine de la basilique de Saint- Pierre : il a pour titre Liber polypUcus, et il a été écrit un peu avant 1143 : c'est Vordo romanus XI de Mabiilon. L'autre, Vordo romanas XU de Mabiilon, a pour auteur Cencius, celui-là même qui, chancelier de l'Église romaine, rédigea en 1192 le Liber cenauum. Au total, nous avons là le coutumier des cérémonies pontificales du temps de Célestîn 11 |f 1144) et d'Innocent 111 (1198- 1216). Or ce cérémonial s'adapte à l'ancien office, tel que nous l'avons décrit, et non à l'office moderne tel que noua aurons i le décrire.

luBistoQS sur cette matière. La digression, si c'est une digression, ne laisse pas d'appartenir à noire sujet. Et voyons quel était, au xii* siècle, le cérémonial des offices auxquels le pape et la curie prenaient part.

Le pape et la curie — ■ la curie représentant mainte* nant le clergé régionnaire d'autrefois — n'assistaient en corps à l'of&ce public quotidien d'aucune basilique.

Us ne prenaient part qu'à l'office solennel de certaines fêtes, en certaines basiliques. A ces fêtes, on conservait le vieux nom de stations. Et l'on distinguait deux sortes de stations, les stations diurnes qui ne comportaient que la messe stationale, et les stations

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