Ccniius, 37. Bencdict
l'office moderne et les BnéviAiRES 151
des élémenls que nous verrons être caractéristiques de l'office moderne ullramontain ? On dirait ce cérémonini contemporain de Gharlemagne. Et nous sommes en droit de conclure à l'identité de l'office basilical du temps d'Amalaire et de l'office basilical du temps du chanoine Benott et de Cencius.
Mais à cette identité on fait une grave objection.
Les liturgisles, et leur opinion a été embrassée par le pape Pie V, les liturgistes sont d'accord pour attribuer au pape Grégoire V(( une réforme de l'office romain. Dora Guéranger rend ainsi compte de cette réforme pontificale : « Les grandes alFiiires qui assiégeaient un pape, au xi' siècle, les détails infinis d'administration dans lesquels il lui fallait entrer ne permettaient plus de concilier avec les devoirs d'une si vaste sollicitude l'assistance exacte aux longs offices en usage dans les siècles précédents. » Voilà pourquoi Grégoire VU « abrégea l'ordre des prières et simplifia la liturgie pour l'usage de la cour romaine' ».
Ces considérations ne nous arrêteront pas. Est-ce donc seulement à dater du xi° siècle que les papes ont été assiégés de grandes affaires, et qu'ils ont eu à entrer dans les détails infinis de l'administration ? Dom Guéranger ne voudrait pas nous le laisser penser. 11 est très certain par ailleurs que, du temps des immédiats prédécesseurs de Grégoire Vil, le pape et la curie, dévots à l'obligation de réciter l'office divin sans négliger les devoirs de leur sollicitude, s'acquittaient privément de leur office. Saint Léon IX (1048-1054) est loué, dans sa Vie, de ce que tous les jours il satisfaisait à l'obligation de la récitation intégrale du psautier,