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l'office moderne et les bréviaires 147
personnages de la cour sont logés « in do/no aguliae* ». Le patron de l'auberge dominas hospitii) est tenu de leur fournir des « lits avec de bons draps », et de garder leurs chevaux dans ses écuries2.
Au milieu de la nuit, au son de la cloche, tout le monde se relève, et le pape se rend avec la curie au seerctarium, qui, à Saint-Pierre, est une vaste chapelle à l'angle sud-ouest de l'atrium. Là, chacun se revêt de ses ornements, et la procession se met en ordre. On présente au pape un encensoir. Quatre porte-flambeaux - mettenl «levant lui. Le cortège s'ébranle, en silence, à la lueur des cierges. On traverse le portique de la basilique processionnellement. On entre. On passe devant l'autel de saint Grégoire que le pape encense, prrini<r reposoir, dans le bas-côté de gauche. Puis, devant l'autel des saints Simon et Jude, au bas de la grande nef : là est conservé le Saint-Sacrement, que le pape encense, deuxième reposoir. Puis devant l'autel de sainte Véronique, dans le bas- té de droite : là sont le suaire et la lance de la passion, que le pape encense, troisième reposoir. Puis, remontant la grande nef, la procession arrive à l'arc triomphal, et s'arrête devant l'autel de saint Pasteur, que le pape encense, quatrième reposoir. D'autel en autel, le pape et son cortège sont arrivés à la confession de saint Pierre. On descend les marches qui y conduisent : le pape encense l'autel dress sur le tombeau du prince des apôtres; puis il > ss >it. quatre cierges posés devant lui.
Alors, devant la confession de saint Pierre, commence
1. la domo aguliae », dans la maison do l'obélisque ou iJe laiguille. Voy. Ducange, Glossarium, au mot Agulia.
'1. Benedict., 7.
la première vigile, — cette première vigile que nous avons notée au vme siècle comme un reste de la distinction originelle de l'office des saints et de l'office férial, et dont le souvenir seul a passé dans la liturgie franque avec le nom d'offices doubles. — Aucun invitatoire à cette première vigile. Le grand chantre ou paraphoniste commence avec la Scola cantorum immédiatement par 1 antienne du premier psaume du premier nocturne. Il y a trois nocturnes, chacun de trois psaumes et de trois leçons. Les chanoines basilicaux disent les leçons. L'archidiacre prononce la clausule : Tu autem Domine... La Scola cantorum chante les répons. Après la troisième leçon du troisième nocturne, le Te Deum '. A peine le Te Deum est-il fini, un sous-diacre régionnaire apporte un ^acramentaire, un des deux évêques assistants le tient ouvert devant le pape, et le pape prononce l'oraison du jour. L'archidiacre dit Bencdicamus Domino, et le seigneur apostolique bénit l'assistance. La première vigile est terminée2.
La procession reprend sa marche. Le pontife quitte la confession et monte au grand autel de la basilique et l'encense. Puis il vient s'asseoir devant l'autel, ad pectorale* : les cardinaux diacres sont à ses côtés, les cardinaux-évèques et prêtres s'asseoient avec les chanoines aux sièges du chœur ou presbyterium. Quatre cierges sont posés devant le pontife. C'est lui qui entonne le Domine labia mea aperies. La Scola cantorum
1. Le Te Deum réservé du temps d Amalairc aux seules fêtes de papes martyrs, figurait déjà aux xr siècle à Rome à toutes les fêtes sanctorales, ainsi qu'à tous les offices du temps, à l'exception de L'Avait, et de la Septuag-ésime à Pâques. Microlog., 46.