Walafr. Strab., De reb. ecclesiast
l'office moderne et les bréviaires 181
La modification du calendrier, l'abréviation du lectionnaire, l'adoption de l'hymnaire monastique sont les trois caractéristiques saillantes de l'office moderne non romain. Il reste à signaler quelques détails propres aussi à cet office moderne , et dont il fera la fortune : j'entends le symbole Qulcunque vult, les suffrages que nous appelons Commcmorationcs , l'office quotidien de la sainte Vierge, l'office quotidien des défunts.
La question de l'origine du Quicunque vult est une de celles qui ont été le plus débattues depuis deux siècles, sans qu'on soit arrivé à la tirer au clair. D une part, il est indiscutable que ce symbole n'est point de saint Athanase ; et il est certain qu'il est d'origine latine, et, plus explicitement, d'origine gallicane. Mais, d'autre part, on est fort en peine de s'accorder sur l'époque où il a été rédigé. Quelques critiques contemporains y ont vu une œuvre du temps de Charlemagne ou de Charles le Chauve; d'autres, une œuvre du vie siècle ; quelquesuns remontent jusqu'au vc. M. Harnack distingue deux parties dans le Quicunque vult : la première consacrée à la doctrine de la Trinité, la seconde exclusivement à l'Incarnation. Il pense que la première partie, laquelle est, selon lui, tributaire de la théologie de saint Augustin et de saint Vincent de Lérins, a dû être une profession de foi en usage chez les clercs et les moines de la Gaule méridionale en contact avec les Wisigoths ariens d'Espagne : ce qui nous reporte au ve siècle et à la première moitié du vie siècle. Les clercs l'apprenaient par cœur, comme ils apprenaient par cœur le psautier. Un concile d'Autun, de G70 environ, est la plus ancienne
attestation que nous ayons du Quicunque vult. Il y est dit : « .SV quis presbytcr, diaco/ius, subdiaconus ce/ clericus symbolum, quod inspirante sancto Spiritu apostoli tradiderunt, et fidem sancti Âthanasii praesulis irreprehensibilitcr non recensuerit, ab episcopo condemnetur l . » Quant à la partie purement christologique du Quicunque vult, M. Harnack en tient l'origine pour complètement obscure. Mais elle ne saurait être qu' « antérieure au ixe siècle2 », j'ajoute et probablement au vne.
Ce vieux symbole gallican, que les clercs d'Autun au vne siècle savaient par cœur comme l'oraison dominicale, et que l'on trouve dans les psautiers gallicans les plus anciens transcrit à la suite des psaumes et des cantiques, le Quicunque vult n'était pas reçu à Rome dans la liturgie. Ni Amalaire, ni le Micrologus ne le mentionnent. A prime, l'office romain fait réciter un symbole, mais c'est le symbole des apôtres, « credulitas nostra quam sancti apostoli constituerunt, » dit Amalaire3.
Les Eglises franques, au contraire, après avoir abandonné leur symbole sous l'influence des rubriques romaines, ne tardent pas à le reprendre. Hincmar, en 852, prescrit à ses clercs de Reims de le savoir par cœur et d'être en mesure de l'expliquer comme un catéchisme 4 : il ne donne point à entendre cependant que ce a sermo Athanasii de fide cuius initium est Quicunque vult », comme il l'appelle, ait quelque place dans l'office. Hayton, évèque de Bàle (-J- 836), impose au contraire à ses clercs l'obligation, non seulement de