Jo. Abrin., op. cit., p
au temps pascal il n'est question que de la croix : Jean d'Avranches à Rouen, y ajoute la mémoire de la Vierge et de tous les saints. — A Rome, cette mémoire de la Vierge et de tous les saints, mémoire à laquelle s'ajoutait celle des apôtres Pierre et Paul, était faite à l'issue de vêpres et de laudes tous les jours de l'année, sauf du dimanche de la Passion à la Pentecôte, d'une part, et le temps de Noël, d'autre part; ainsi l'entend l'antiphonaire de Saint-Pierre '. Ces mémoires communes de la Vierge et des saints à l'issue de laudes et de vêpres étaient un usage général des Eglises ultramontaines, tant monastiques que séculières. Ulrich de Cluny les prescrit sous le nom de suffragia sanctorum 2. Jean d'Avranches en compte jusqu'à douze : la vierge Marie et tous les saints, les anges, saint Jean-Baptiste, saint Pierre, saint Jean l'évangéliste, les apôtres, saint Etienne, les martyrs, saint Martin, les confesseurs, les vierges. Mais il spécifie qu'aucun de ces suffrages ne doit être fait le carême durant. — Exception faite pour la mémoire de la croix, qui paraît tirer son origine des rubriques des vêpres pascales, il semble bien que l'usage des mémoires communes soit un usage ullramontain et monastique importé à Rome au cours du xie siècle seulement, et dont la première attestation romaine est le Micrologies.
Troisièmement, l'office quotidien de la sainte Vierge.
Ici encore l'influence monastique triomphe de l'usage séculier. La plus ancienne attestation que l'on ait de l'office quotidien de la sainte Vierge est du xie siècle et revient à l'abbaye italienne de Fonte Avellano, en