P. L., t. CLI, p
l'office moderne et les bréviaires 187
qu'on en ait ne remonte pas plus haut que le pontificat d'Innocent III '.
Nous arrivons, quatrièmement enfin, à l'office des morts.
L'usage d'accompagner au chant des psaumes le convoi d'un mort est un usage liturgique attesté dès le 111e siècle. De même l'usage d'offrir le saint sacrifice de la messe pour le soulagement de l'âme du mort, « sacrificium pro dormitionc », suivant la belle expression de saint Cyprien. Cette messe des morts o -tait point célébrée seulement le jour de la déposition ou enterrement, mais à l'anniversaire, à chaque anniversaire de la déposition : et Tertullien, qui nous parle le premier de ces messes funèbres commémoratives. les appelle « oblationcs annuasn. Le sacramentaire gélasien, au vne siècle, nous parle de messes pour le troisième jour après la déposition, de messes de huitaine, de messes de trentaine, sans compter la messe de la déposition et les messes anniversaires 2. Mais ni les obsèques proprement dites, ni ces messes n'avaient rien de commun avec ce qui sera l'office des morts. — 11 i 'tait cependant bien naturel qu'entre le moment où le fidèle avait rendu le dernier soupir et le momenl <>ù il était enterré, il y eut une prière dite; et bien naturel aussi que cette prière fût une psalmodie. Kvodius écrit à saint Augustin en termes qui supposent cet usage reçu en Afrique : « Trois jours durant, dit-il, nous avons loué Dieu par nos hymnes sur le sépulcre du mort, — il s'agissait d'un jeune lecteur; — et le troisième jour venu, nous avons otfert les saints mystère- de la