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l'office moderne et les bréviaires 209
mais ces leçons scripturaires sont chacune à peine de quelques lignes et ne présentent guère plus de suite que d'étendue. Les sermons et les homélies patristiques du second et du troisième nocturne des fêtes de neuf leçons ne sont pas plus longues : et si l'on est dans l'ensemble resté lidèle à la tradition littéraire des homiliaires du temps de Charlemagne, on ne s'est pas interdit d'y introduire des auteurs nouveaux, ainsi particulièrement Origène et le vénérable Bède. Les légendes sanctorales ne sont plus que des résuim '■». -ur le modèle des notices du martyrologe d'Adon. La concision y gagne plus que la vérité.
Raoul de Tongres, bien justement, ne voit pas un progrès dans cette transformation du lectionnaire : il regrette les « sermones et homilias intégras, passionesque sanctorum... », dont se servaient autrefois les églises de Rome. Il regrette la liberté de choisir le texte d- leçons, « ...et huiusmodi in copiosa maltitudine, » que l'ancien usage laissait à chaque chœur. Raoul de Tongres voudrait que l'Ecriture sainte constituât la 1 ture principale aux nocturnes de l'office canonique : que pour Les livres des Pères on en revînt au canon du pape Gélase, et que le vénérable Bède lui-même fût, en vertu de ce canon, exclu du lectionnaire. Il consent à v voir les légendes de saint André, de saint Laurent, de saint Clément, de saint Sébastien, des saints .ban et Paul, sainte Cécile, de sainte Agathe, de sainte Agnès..., parce qu'elles appartiennent, comme leurs répons, à l'anci usage romain; mais les évangiles et actes apocryph des apôtres, condamnes par le pape Gélase, mais les de saint Georges, de sainte Marguerite, de sainte Bar! de sainte Catherine, « œuvres apocryphe-, méprisables et remplies de récits incroyables, » et tant de passions Histoire du Bréviaire romain. \\
d'autres saints que des prêtres recueillent çà et là avec une dévotion sans discernement, ne sauraient être lues à l'office sans danger '.
A l'office canonique proprement dit s'ajoutent les offices surérogatoires : l'office des morts et l'office de la sainte Vierge. L'office de la Vierge vêpres, un nocturne, laudes, petites heures se dit quotidiennement, à l'exception des trois derniers jours de la semaine sainte, de la semaine de Pâques, de « quelques solennités majeure- •>, et enfin des jours où l'office canonique est de ta vierge Marie. Mais, sur ce point de l'obligation quotidienne à l'office de la Vierge, « les Mineurs se sont excessivement relâchés. » dit Raoul de Tongres -. L"ffice des morts vêpres, un nocturne, laudes si obligatoire tous les jours où l'office canonique est de trois leçon-. L'office férial est toujours accompagné de la recitation des psaumes pénitentiels et des psaumes graduels3. Mais ici les Mineurs ont introduit une modification importante. Non seulement, en effet, comme on vient de nous le dire, ils se sont relâchés de la recitation quotidienne de l'office de la Vierge, mais encore ils ont donné à tous leurs saints, et aux octaves, des offices de neuf leçons. 11 s'en suit nombre de translations de fêtes et une grande confusion. Il s'en suit surtout que très ment ils ont a dire le nocturne férial, et partant
les psaumes pénitentiels et graduels4 ; qu'ils négligent perpétuellement la lecture de l'Ecriture sainte, et qu'enfin « il^ font aux morts un continuel préjudice », en omettant leur office quotidien5.