‹ Histoire du Bréviaire romain (volume 3)Chapitre 154 sur 223 · Radolph., prop · texte numérisé non relu

Radolph., prop

:,. Id., 21.

l'office moderne et les bréviaires 211

En résumé, combien nous voilà loin de l'harmonieuse et large simplicité de 1 office romain du vine siècle ! L antiphonaire et le responsoral, ïordo psallendi et Yorclo legendi d autrefois sont conservés, et 1 hymnaire s'y ajoute : mais le lectionnaire s'est étriqué el s est corrompu. Et si nous devons une juste reconnaissance à qui nous a donné les antiennes de la Vierge, que dire au contraire des offices surérogatoires ?

Il serait bien difficile de ne pas voir dans ces additions de prières adventices si nombreuses, si onéreuses, un tort grave fait à l'office canonique en soi. Les grandes et simples lignes de 1 édifice sont conservées, mais un nombre excessif de petites chapelles parasites encombrent maintenant les avenues et les bas côtés. Les fêtes sanctorales se sont multipliées jusqu'à faire de l'office temporal un office condamné à la désuétude.

Les conciles du xve siècle déplorent à l'envi la tiédeur avec laquelle le clergé s'acquitte de l'office canonique, même au chœur '. Ils ne se rendent pas, semblet-il, suffisamment compte que cette tiédeur, ces négligences scandaleuses tiennent en partie à la décadence de l'office lui-même, à ces « rcligiosae prolationcs » qui l'ont dénaturé, à ces « preces perlongae per omnes horas » auxquelles la piété d'un saint ne suffirait pas. L'office divin, écrit Martin de Senging au concile de Bâle 1435), est « récité avec confusion, en hâte, sans piété, a\ une intention perverse » qui est la préoccupation d'en voir la fin »; les clercs en viennent à préférera l'office canonique « les superfluités et les subrogations » qui l'accompagnent2. La réforme consisterait à réformer le

Page 1