‹ Histoire du Bréviaire romain (volume 3)Chapitre 17 sur 223 · Sozom., //. £"., III · texte numérisé non relu

Sozom., //. £"., III

2. Christ et Paranikas, Anthologia eraeea carminum christianorum (Leipzig. 1871 . p. 'e>. Cf. Clem. Alex.. Paedagog., III. 12. (Christ et Par., op. cit.. p. 37.)

les Donatistes et les Ariens se servaient de pareils psaumes pour propager leurs doctrines : Arias avait composé sur des airs nouveaux des « cantiques de marins », des « cantiques de voyageurs »..., qui « insinuaient son impiété dans les cœurs simples par le charme de leur musique 1 ». C'en fut assez pour décourager l'Eglise catholique. Jamais les hymnes métriques de saint Grégoire de Xazianze. ni de Synésius n'ont eu les honneurs de la liturgie. A leur époque, la seconde moitié du quatrième siècle, les psalmi idiotici étaient éliminés de l'usage liturgique catholique. Mais ils n'ont point entièrement péri. Le beau psaume du soir, « Lumière joveuse... », fait encore partie de l'office canonique de l'Eglise grecque. Le psaume du matin, Gloria in excelsis, éliminé de l'office de laudes, a trouvé dès avant le vie siècle une place dans Yordo romain de lt messe. Et le Te Deum, que nous chantons encore à la lin de nos nocturnes, n'est qu'un psalmus idioticus.

L'office vigilial, qui avait été à l'origine propre à la solennité du dimanche, fut introduit de bonne heure dans la solennité des fêtes de martyrs : chaque anniversaire [natale de martyr fut solennisé comme le jour • lu Seigneur par une synaxe liturgique précédée dune vigile, d'un coetus antelucanus2 . L'antiquité de ces anniversaires est attestée par un document de l'an Lfî j'entends la Lettre encyclique des fidèles de Smyrne annonçant le martyre de saint Polycarpe : non- y trônas exprimée déjà comme un usage la pensée de célé-

I. Philostorg., //. S., II, 2. Socrat.. //. F... VI, 8. De Rossi, Borna sotte rranea, t. III, p. 488.

brer le natale du martyr par une réunion des fidèles au lieu même où repose son corps '. C'est ce même usage auquel fait allusion la passion de saint Gyprien, quand elle nous montre une disposition providentielle dans ce fait que le peuple de Carthage célébrait une vigile la nuit même qui précéda le martyre de son évêque : « Concessit ei tune divina honitas ...ut Dei populus etiam in sacerdotis passione vigilaret, » comme si Dieu avait voulu faire célébrer le natale du saint évêque dès avant sa mort2. Et l'auteur de la passion de saint Saturnin de Toulouse a formulé cet usage en termes excellents quand il écrit : «. L'anniversaire des jours où les martyrs ont été couronnés dans le ciel, nous les solennisons par des vigiles et par la messe : Illos clies, quibus in dominici nominis omfessione luctantes, beatoque obitu regnis coelestibus renascentes ...eoronantur , vigiliis hymnis ac saeramentis etiam solemnibus honoramus 3... » Ces vigiles des martyrs ne se célébraient pas dans les églises urbaines, mais hors les murs, dans le cimetière où le martyr était enterré. Réunissez-vous, diront au ive siècle les Constitutions apostoliques, réunissezvous dans les cimetières pour lire les saintes Ecritures, pour psalmodier sur les corps des martyrs qui y dorment, pour y offrir le sacrifice de l'eucharistie 4.

Enfin les dimanches et les anniversaires des martyrs n'étaient pas les seules solennités qui, dans l'ancienne Eglise, eussent leurs vigiles, nocturnae convocationes , comme les appelle Tertullien 5 : il s'y était ajouté de

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