‹ Histoire du Bréviaire romain (volume 3)Chapitre 175 sur 223 · Schober. p · texte numérisé non relu

Schober. p

2. Yoy. Ungarelli, Histoire de la correction de la Vulgate. liantes Analecta juris pontificii, 1852, t I., pp. 1322-1:

épreuve ! La critique des textes, la science historique, le goût lui-même étaient plus développés, plus exigeants à l'heure actuelle. La congrégation de 1568, travaillant après le cardinal Quignonez. avait travaillé à une heure de réaction et de circonspection nécessaires : une congrégation nouvelle pourrait être plus osée sans être téméraire. Ce que n'avait pu faire le cardinal Sirleto, sous Pie V, le cardinal Bellarmin pourrait l'entreprendre, sous Clément VIII !.

Ce ne fut pas au cardinal Bellarmin, que l'on fit surtout appel. La part capitale, dans la révision clémentine du Bréviaire romain, revient au cardinal Baronius.

L'initiative de la révision du Bréviaire était venue du Saint-Siè^e. De Rome, on avait sollicité l'avis, non point des ordinaires, mais des principaux savants ou corps savants d Europe. Les Adnotationes criticae adressées ainsi par les théologiens de Pologne, de Savoie, d'Espagne, d'Allemagne, de Naples, de Venise, par la Sorbonne. par le doyen de la faculté de théologie de Salamanque, par d'autres encore, sans omettre Ciacconio et Bellarmin, — ces Adnotationes nous ont été conservées à la bibliothèque Vallicellane, à Rome, parmi les papiers de Baronius2.

De fait, elles avaient été remises toutes au cardinal Baronius, pour qu'il en exprimât au pape son propre jugement, pour qu'il les rapportât. Et nous possédons le texte du rapport de Baronius.

« J'ai examiné, dit-il, toutes les critiques qui, de

1. A. Bergel, Die Emendalion des rômischen Brevicrs tinter Papst Clemens VIII. fiant la Zcitschrift fur katholische Théologie d'Innsbruck, 1884.

■'. Bergel, pp. 293-294, en donne l'inventaire.

diverses provinces, ont été adressées, ou que de doctes personnes de Rome nous ont communiquée-. Conformément à ces critiques, j'ai mis à part, dans tout Bréviaire, ce qui ne paraissait pas pouvoir être défendu, en quoi je me suis appliqué, pour la plus grande rapidité de la correction, à supprimer plutôt qu'à ajouter. Comme il est juste que mon travail soit soumis à la censure d autrui, il serait excellent que Sa Sainteté nommât un des cardinaux de la congrégation des Mites, auquel elle adjoindrait deux ou trois consulteurs doctes et érudils, qui prendraient la peine de revoir sérieusement mon travail. Ainsi, en quelques jours, une décision pourrait être prise sur toute cette affaire. J'ai, en effet, partout indiqué les raisons qui me faisaient corriger ou ne pas corriger le texte du Bréviaire : je serais d'ailleurs présent pour fournir les explications nécessaires, si quelque point paraissait obscur ou ambigu. Une fois la correction approuvée par ces trois censeurs, on la soumettrait, au moins quant aux modifications les plus importantes, à la congrégation des Rites, et ensuite Sa Sainteté pourrait en prendre connaissance et décider, en dernier, de tout le travail, selon qu'il lui semblerait juste. — Pour ce qui esl de l'exécution, on avait pensé à publier un petit livre qui contiendrait les offices nouveaux approuvés par Sixte- Quint..., et le correctoriurn de tout le Bréviaire. Pour les offices nouveaux, dont quelques-uns n'ont pas encore été imprimés la Conception, la Visitation, la Présentation...), ce projet aurait du bon : pour le correctoriurn, il ne me plaît pas du tout. En effet, à publier un corr toriiu/i, on découvre à toute la terre et aux ennemis de 1 Eglise les nombreuses et graves erreurs que nous avons tolérées jusqu'ici dans le Bréviaire : ce serait un

scandale, et de plus le désaveu des auteurs du Bréviaire, sans compter qu'il serait désagréable à beaucoup de faire tant de corrections à leurs Bréviaires. Il paraît plus sûr d'imprimer un Bréviaire corrigé et expurgé, qu'on n'obligerait personne à acheter incontinent, mais seulement quand besoin serait. Ainsi les religieux et les prêtres pauvres ne seraient point gênés; ainsi peu de gens remarqueraient les corrections nouvelles de tant d'erreurs qui, en réalité, se sont introduites dans le Bréviaire; et cependant, en quelques années, on finirait par n'avoir plus en circulation que des Bréviaires corrigés. Si l'on se décide à imprimer un Bréviaire corrigé, ce que tous les hommes instruits désirent vivement et attendent impatiemment avide), Sa Sainteté pourrait expliquer dans une bulle préface les raisons de cette nouvelle édition..., notamment qu'elle a pour but de couper court à la témérité de quelques-uns qui, de leur autorité privée, ont inséré dans les Bréviaires des choses fausses ou incertaines, ainsi que cela est évident en ce qui concerne les leçons de saint Alexis et autres, et qu'à cette occasion on a corrigé quelques autres fautes dues à la négligence des typographes ou autres [vel aliorum) ' . »

Les sentiments exprimés là par le cardinal Baronius, appelleraient plus d'une réserve. N'en retenons qu'un fait : c'est lui qui a préparé la correction du Bréviaire.

La congrégation particulière, dont il demandait L'avis, fut nommée aussitôt par Clément VIII. Nous avons les noms de ses membres : .1.-13. Bandino, chanoine de Saint-Pierre; Michel Ghisleri, téatin; Bar th.

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