Schober, p
seurs. Benoît XIV excepté ' . S'il m'est permis de prendre position dans une discussion si délicate, je crois le sentiment de Pie V et de Benoît XIV théoriquement préférable.
Léon X. Clément VII, Paul IV, Pie V. Clément VIII : voilà depuis le commencement du xvie siècle cinq réformes du vieux Bréviaire de la cour romaine. Ajoutons-en une sixit-me, celle d'Urbain \ III.
Celle-ci aussi, comme les autres, a été provoquée par les doléances de plusieurs hommes pieux et doctes qui se plaignent que le Bréviaire romain renferme des éléments reprochables : « Piorum doctorumque virorum judicia et i-ota conquerentium in eo contineri non pau< quac sive a nitore institutionis excidissent, sive inchoata potius quam pcrfccia forent ab aliis, certe a nobis supremam manum imponi desiderarcnt- . » On reproche au Bréviaire romain que le texte des sermons et homélies des -aints Pères n'est pas un bon texte : on le collati-mnera avec les i éditions imprimées et les vit ux manuscrits ». On reproche au psautier la ponctuation défectueuse de son texte : on y restituera la ponctuation de la Vulgate, et, pour la commodité du chant, on marquera d'un astérisque la médiante des versets. Enfin. c'est la critique la plus vive, on reproche aux hymnes d- pécher contre les lois de la prosodie et de la métrique : on rétablira la leçon des manuscrits si elle
1. Breciarium Romanum ex decreto Sacrosancti Concilii Tridentini restitutum. PU V Pont. Max. jussu cditum, et Clemcntis VIII auctoritate recognitum. Rome, L602.
- Bulle Duinnm psalmodiam.
est plus correcte, ou l'on remettra le vers sur ses pieds et le latin dans sa correction grammaticale si c'est possible, et quand ce sera impossible on refera entièrement le vers 1 .
Urbain VIII institue une congrégation pour l'exécution de ce plan. Elle est présidée par le cardinal Ludovic Gaëtani, et se compose de neuf consulteurs, dont plusieurs célèbres : le Père Térence Alciat, jésuite, qui prépare l'histoire du concile de Trente publiée après sa mort par le cardinal Pallavicini ; le Père Hilarion Rancato, l'ordonnateur de la bibliothèque Sessorienne ; le Père Luc YVadding, l'historiographe des Frères Mineurs, dont il était; le Père Barthélémy Gavanto, barnabite, le meilleur liturgiste du tem)>-. Les cinq autres sont : le secrétaire de la congrégation des Rites, Tegrimi; le sacriste pontifical, Sacchi ; le maître du sacré palais, Riccardi; un oratorien, Vulponi ; un prélat de la Signature, Lanni. Le travail de la congrégation semble avoir été surtout de veiller à la correction typographique du Bréviaire... Parlant des légendes des saints, Gavanto rapporte que, arrêté sous Clément VIII par les cardinaux Bellarmin et Baronius avec une sévérité qui n'avait rien épargné de ce qui était douteux, leur texte était difficile à rendre historiquement plus exact : aussi se résolut-on à y faire le moins possible de changements. On maintient même les faits controversés, pour peu qu'appuyés <lu témoignage de quelque auteur grave, ils aient quelque probabilité d'être vrais : « Quae controvcrsa erant, alicuius tamen gravis auctoris tcstimonio suffulta aliquam haberent proba hilitatcm, retenta sunt co modo quo crant, cum falsitatis